L’ORDINAL DE PAUL VI EST INVALIDE – RAPPEL.

Note : pour approfondir ce sujet, la lecture des travaux de Rore Sanctifica peut s’avérer utile :  http://www.rore-sanctifica.org

Bean Montini.png
Par M. l’Abbé Henri Mouraux.†

Étude de la prêtrise.

Matière et forme du sacerdoce catholique.

Depuis toujours les Théologiens cherchaient à déterminer, dans les nombreux rites de l’ordination sacerdotale, quels étaient ceux qui constituaient la matière et la forme du sacrement … Pie XII, par la Constitution Apostolique du 30 Novembre 1947, usant de son pouvoir suprême et infaillible, régla définitivement, et d’une manière irréformable, les conditions de la validité d’une ordination sacerdotale… Il décréta que la MATIERE du sacrement était l’imposition silencieuse de la main de l’évêque consécrateur ; la FORME, les paroles de la Préface, telles que la Tradition nous les a transmises.

Voici cette préface d’après la traduction authentique de 1927 :  » Veuillez donc, ô Père Tout-Puissant donner à vos serviteurs que voici la dignité de la prêtrise. Répandez à nouveau dans leur âme l’esprit de sainteté. Puissent-ils obtenir de vous, ô Dieu, l’office du second mérite ! Puissent-ils faire pénétrer la réforme des mœurs par l’exemple de leur conduite ! Puissent-ils se montrer des coopérateurs prudents de notre Ordre ! Que la sainteté sous toute ses formes, resplendisse en leur vie, afin qu’au moment de rendre compte du ministère à eux confié, ils obtiennent, en récompense, la béatitude. « 

A ces paroles consécratoires s’ajoutent des compléments essentiels qui représentent la collation des pouvoirs sur le Corps du Christ, c’est-à-dire la messe, d’une part ; des pouvoirs sur le  » Corps Mystique  » du Christ d’autre part, c’est-à-dire des Fidèles, à savoir, l’administration des sacrements.

Pie XII n’a rien changé au rite millénaire d’ordination. Il a même défendu d’en rien changer : « Nul, écrit-il ; n’aura le droit d’altérer la présente Constitution par Nous donnée, ni de s’y opposer par une audace téméraire « .

Paul VI. Or, Paul VI a eu cette audace et cette témérité en publiant un Nouvel Ordinal. Est-il valide? Les hommes ordonnés depuis sa parution, c’est-à-dire depuis 1968 sont-ils prêtres ou de simples laïcs comme l’affirme Mgr VILNET ? Question gravissime que je vais essayer de résoudre, en me rappelant que J.B. Montini, dès le séminaire, était attiré par une vive sympathie pour l’Anglicanisme. Devenu Pape, il l’a affiché en donnant son anneau au Primat anglican (simple laïc) et en l’invitant à bénir la foule.

L’ordinal Anglican est invalide.

Or, ce  » Primat  » n’était ni prêtre, ni évêque. Le Pape Léon XIII a, en effet, décrété d’une manière infaillible, dans son Encyclique  » Apostolicae Curae « , du 13 septembre 1896, qui (précise le Pape), sera toujours valide dans toute sa force , que l’Ordinal Anglican est totalement INVALIDE. – Or l’Ordinal de Paul VI et l’Ordinal Anglican se ressemble comme frères-jumeaux. Comparons-les à la lumière de la saine théologie catholique.

Le saint Concile de Trente. Il nous enseigne d’une manière infaillible que dans tous les sacrements – dans le sacrements de l’Ordre en particulier – à côté de la matière et de la forme, qui sont essentiels à la transmission du sacerdoce, le contexte rituel qui les entoure, dit par les Théologiens  » signes adjoints  » doit nécessairement proclamer et illustrer le sens sacré de la matière et de la forme. Certes, nous dit le canon 2 de la XXI session, l’Église a le pouvoir de modifier, selon les circonstances le signe sacramentel ; mais n’a AUCUN POUVOIR sur la SIGNIFICATION qui doit exprimer la transmission du sacerdoce. En fixant définitivement la matière et la forme de l’Ordre, Pie XII a rappelé ce canon.

Or, si le contexte liturgique qui entoure la matière et la forme contredit, ou détourne de leur sens cette matière et cette forme qu’ils sont censés expliquer et illustrer, il est évident que la matière et la forme sont MODIFIES ? donc que le sacrement est invalide. C’est précisément sur la modification de ce contexte liturgique par les Anglicans que le Pape Léon XIII s’est appuyé pour déclarer leurs ordinations nulles. (Con. de Trente Sess. 7, can 12 ; Sess. XXI)

Écoutons le Pape Léon XIII  » Apos. Curae « : Le ministre du sacrement n’en est pas le propriétaire, mais le serviteur, il n’a rien à ajouter ou à retrancher au rite, il a simplement à vouloir donner aux paroles leur sens obvi, et faire ce que veut l’Église. Que le saint Curé d’Ars baptise ou que l’indigne Talleyrand sacre, s’ils obéissent au rite, le sacrement est validement donné. Dès lors, disent certains si un ministre validement ordonné respecte intégralement la matière et la forme du sacrement de l’ordre, en usant de l’Ordinal Anglican de Kramer, le prêtre est validement ordonné. Et bien NON ! et c’est Léon XIII qui proclame la négative. Car, dit le Pape, en plus des autres raisons, les cérémonies adjacentes qui entourent la matière et la forme de cet Ordinal le rendent invalide. Pourquoi ? Parce qu’elles ne signifient plus le don de la grâce sacrificielle. Elles gardent bien les mots catholiques de  » prêtre  » « d’évêque «  ; mais ils sont vidés de leur sens catholique.

Voici le texte capital de Léon XIII :  » Dans tout l’Ordinal Anglican, non seulement il n’est pas fait mention expresse de SACRIFICE, de CONSECRATION du prêtre, du pouvoir de CONSACRER et d’OFFRIR le sacrifice ; mais encore les moindres traces de ces institutions qui subsistaient du rite catholique ont été soigneusement supprimées ».

Conditions de la validité du sacrement.

Le sujet est trop gravissime pour que nous ne reprenions pas en quelques phrases tout l’exposé de la page précédente : pour qu’un sacrement soit valide ( l’Ordre en particulier ), il faut que le ministre, validement ordonné ( peu importe la sainteté ), utilise intégralement L’Ordinal qui respecte scrupuleusement la matière et la forme précisée par le Pape Pie XII ; et que les cérémonies dites conjointes à la forme et à la matière, non seulement ne contredisent pas, mais expriment, sans équivoque, le sacerdoce sacrificial que reçoit le sujet ordonné. Si toutes ces conditions ne sont pas réunies, l’ordination est NULLE. (Cf. Dict.de Théol. Cath ; tome XI, p. 1175, 1182).

Une raison gravissime appelait-elle la fabrication d’un nouvel Ordinal ?

Sans hésiter, il faut répondre NON. Il y avait 20 ans que le Pape Pie XII avait sur la question des Ordinations répondu aux aspirations de l’Église. D’ailleurs de telles réformes sont rarissimes dans l’Église, toujours elles sont la réponse à un besoin, et justifiées en tête du nouveau texte par le pape réformateur. Ainsi fit le Pape Urbain VIII, le 17 juin 1644, non en déformant, mais en CONFIANT en un seul rituel les rites de l’Ordination. Paul VI, lui, fabrique de toute pièces, sans souci de la Tradition, un Ordinal pétri d’innovations, marqué par d’étonnantes suppressions, le 16 juin 1968, et n’en donna aucune justification… POURQUOI ? La réponse jaillit de la photographie officielle publiée par la D.C. n° 1562, datée du 3 mai 1970, où l’on voit Paul VI entouré des Hérétiques avec lesquels il a fabriqué un nouvel  » Ordo missae « …

L’Ordinal créé deux ans auparavant était la base hérétique de la nouvelle  » messe  » dite  » Eucharistie »…La suppression dans le nouvel Ordinal des Ordres mineurs préludait à l’entrée des femmes dans le sanctuaire ; la suppression du sous-diaconat était l’amorce de la clérogamie que pratiquent les Protestants, et à laquelle aspirent les progressistes. La suppression du port public du costume ecclésiastique, imposé secrètement, complétait le brouillard œcuménique dans lequel baigne l’Ordinal signé Paul VI.

Comparons l’œuvre de Paul VI à l’Ordinal de Kramer, sous le regard de Léon XIII ( Apostolicae Curae )

Chassons ce brouillard et descendons avec Léon XIII dans l’intime de l’Ordinal de Paul VI.

Il garde sans changement la matière de l’Ordinal catholique. Mais modifie la forme en deux endroits : «  in hos famulos  » devient  » in his famulis «  ; la conjonction UT disparaît dans  » ut acceptum.

UT signifie :  » Afin que …en sorte que… ». En supprimant cette conjonction, on détruit toute la relation de conséquence et de cause qui lie les deux phrases capitales du texte consécratoire, c’est-à-dire :  » Veuillez donc, Père Tout-Puissant donner à vos serviteurs que voici la dignité de la prêtrise, répandez à nouveau dans leur âme l’Esprit de sainteté… UT… ( = afin que… ) ils puissent obtenir de vous, ô Dieu, l’office du second mérite (= la prêtrise ).

UT qui a ici à la fois le sens impératif et causal, impose à l’Ordinant  » l’esprit de sainteté « , qui sera la cause et le prélude à l’obtention du sacerdoce (second mérite ). Or, la chasteté parfaite est la voie la plus sure à la sainteté. Elle est liée au sous-diaconat que précisément Paul VI a SUPPRIME. Cette suppression est tout Paul VI au visage ravagé, expression visible de ses tendances et de sa vie secrète. Faute de  » vivre comme on croit, on croit comme on vit « .

Le second changement dans la forme est d’ordre grammatical. Il paraît anodin, or il est grave. Présentons la phrase et son changement de régime :  » Veillez donc ô Père Tout-Puissant… in HOS… innova (= faire pénétrer en ceux-ci), accusatif de mouvement qui indique qu’une réalité de l’extérieur pénètre intérieurement un objet ; donc ici que la grâce du sacerdoce et son caractère rejoignent et pénètrent le caractère baptismal du sujet.

Au contraire, la formule de Paul VI : in HIS est un ablatif qui situe une chose à sa place sans qu’il soit indiqué qu’il y a eu au préalable un transfert vers le Sujet. Donc le texte de Paul VI in HIS indique simplement que les Ordinants sont en situation de prêtres… On retrouve là la  » mission  » de Mgr Vilnet, et aussi la conception du prêtre que l’évêque Hubert Barbier présente dans le  » Courrier Savoyard  » du 21 juin 1991, à savoir : Le prêtre est un homme comme un autre sans dons ni consécration particuliers qu’un Chef de communauté appelé évêque intégré dans un groupe religieux avec lequel il s’identifie « .

En face de cette ruse de changement de régime de IN, on retrouve deux choses chères à Paul VI, l’équivoque et son amour de l’Anglicanisme protestant. Les Anglicans, en effet, comme l’évêque Barbier, d’Annecy, font de leur sacerdoce un office plaqué sur un individu récipiendaire qui dirige la liturgie. C’est le  » Président  » des célébrations conciliaires. Nous sommes aux antipodes de  » Sacerdos alter Christus  » (= le prêtre est un autre Christ).

Concluons avec l’Encyclique  » Apostolicae Curae « .

Ce que nous avons exposé ci-dessus suffit pour apporter la preuve que l’Ordinal de Paul VI est invalide. Cette certitude s’affirme quand, fidèle à l’enseignement de Léon XIII, on s’aperçoit avec stupeur que les textes catholiques qui entouraient la collation de l’Ordre et lui donnaient son sens, ont disparu. Ont été chassés entre autre :  » Recevez le Saint-Esprit, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, retenus à ceux à qui vous les retiendrez « … » Recevez le pouvoir de célébrer la messe pour les vivants et pour les morts  » etc… Ces omissions ne sont pas un oubli ; mais, comme dans l’Ordinal anglican, la volonté formelle de priver la matière et la forme du sacrement de leur signification catholique, à laquelle on désire substituer l’œcuménisme. Ces suppressions comme celles que fit Kramer, rendent NUL L’Ordinal de Paul VI. Le mot sacrifice gardé dans le texte n’est autre qu’une clause de style, un trompe-l’œil.

Étude de l’Épiscopat

Vérité de foi.

Le saint Concile de Trente enseigne que le sacerdoce est un sacrement unique, qui se réalise en deux états, l’un plénier, c’est l’épiscopat ; l’autre restreint, c’est la prêtrise…Dans la première partie de cette étude il est apparu clairement que la foi catholique explicitée par le Pape Léon XIII affirme INVALIDE l’ordination d’un prêtre faite avec cet Ordinal. Qu’en est-il du sacre d’un évêque ?

 Modification de la forme.

L’Église, – répétons-le – a le pouvoir de modifier les termes de la forme d’un sacrement, donc de l’Episcopat. Mais elle ne doit le faire que pour des raisons gravissimes et pour le bien de l’Église qui les postule. Quand un pape antérieur à Paul VI toucha à la forme d’un sacrement, il en exposa les raisons. Paul VI, à l’opposé, sans donner aucune explication, fabriqua une forme nouvelle de l’épiscopat, ne gardant de la forme ancestrale que la conjonction ET.

Voici la forme supprimée par l’ordinal de Paul VI :  » Comple in sacerdote tuo ministerii tui summam, et ornamentis totius glorificationis instructum, cœlestis unguenti rore sanctifica « . Ce que le français rend ainsi :  » Achevez dans ce prêtre la plénitude de son ministère ; et paré des ornements de l’honneur le plus haut, sanctifiez- le par la rosée de l’onction céleste « . Aucun doute sur la validité de cette formule qui exprime tout d’abord que le candidat à l’épiscopat est prêtre (ce qui n’est pas le cas s’il a été ordonné avec l’Ordinal de Paul VI ) ; qui, ensuite affirme qu’il va recevoir la plénitude du sacerdoce (  » ministerii tui summam  » ) ; et, enfin, la plénitude de la grâce (  » cœlestis unguenti rore  » ).

Alignement sur l’Ordinal Anglican.

A la place de ce texte éminemment catholique, Paul VI substitua une forme d’allure anglicane et étrangère à la plénitude du sacerdoce. La voici :  » Et nunc effunde in hunc electum eam virtutem qui a te est, spiritum principalem, quem dedisti dilecto Filio tuo, Jésu Christo, quem ipse donavit sanctis apostolis qui constituerunt Ecclesiam per singula loca, ut sanctuarium tuum in gloriam et laudem indéficientem nominis tui… «  Je traduit mot à mot.  » Et maintenant répand sur cet élu cette force qui est en toi, l’esprit propre aux personnes qui commandent, que tu as donné à ton Fils, Jésus-Christ, et dont lui-même gratifia les saints apôtres qui établirent l’Église dans chaque lieu à la façon de ton sanctuaire, pour la louange incessante et la gloire de ton nom.

Pour qui sait lire, ce texte concerne un élu, donc pas explicitement un prêtre auquel le rite va donner, non la plénitude du sacerdoce, mais un esprit de chef qui est  » le propre de ceux qui commandent « .

Il ne s’agit donc pas dans cette formule de l’Esprit-Saint. La preuve : Paul VI a emprunté ce terme « spiritu principalem  » (= esprit de chef ) au vocabulaire de l’armée romaine. Cet  » esprit «  devait être celui du chef du premier rang dans la ligne de bataille. Que vient faire cet intrus dans un sacrement.

Mais dira-t-on, au verset 14 du psaume 50, on trouve cette expression  » spiritu principalii « . Certes, mais le sens qu’on donne à cet endroit de l’Écriture, convient fort mal à  » l’esprit  » que doit avoir un évêque catholique si on en croit saint Paul. En effet, dans le psaume 50 David crie sa douleur d’avoir commis un assassinat pour assouvir sa passion adultèrine. Aussi les commentateurs de  » spiritu principali  » traduisent :  » Esprit noble de prince qui évite de tomber dans le crime « . Dans certains textes hébreux, l’expression signifie «  maîtrise de soi-même « , dans d’autres  » esprit d’hégémonie « . En définitive, Paul VI demande pour le futur  » élu  » la maîtrise de ses passions. C’est fort louable. Mais cette prière doit être celle de tout baptisé, et ne signifie nullement la grâce de l’épiscopat…En revanche, dans son sens étymologique et historique, l’expression  » spiritu principali  » est parfaitement adaptée aux évêques anglicans qui sont avant tout des fonctionnaires nommés par le roi et révocables par lui seul. Ils ne sont pas considérés comme jouissant d’un pouvoir d’ordre supérieur à celui du simple prêtre, NON, ils sont la traduction vivante du mot  » épiscope « , étymologiquement  » surveillant « , et cela sous l’œil du pouvoir politique.

Ainsi Paul VI identifie l’évêque catholique au faux évêque anglican. Les Modernistes l’ont si bien compris que l’un des responsables de l’Ordinal le P. Botte, a écrit un texte tortueux qui essaye de donner à  » spiritu principalem  » le sens de  » l’Esprit-Saint  » Il part d’un texte équivoque écrit par le prêtre Hippolyte qui, ambitieux déçu fonda sous le pontificat de Calixte une secte schismatique dont il se fit le pape. Pour ses disciples il rédigea un Pontifical dans lequel le P. Botte est venu puiser pour justifier l’injustifiable expression  » spiritum principalem  » et l’équiparer à  » Spiritus-Sanctus « . Nous ne pouvons entraîner nos lecteurs dans la réfutation du P. Botte : elle a été faite magistralement par un auteur américain (Cf. Burton scott Easton, The Apostolic Tradition of Hipolytus).

Contentons-nous de dire qu’il faut que les défenseurs de l’Ordinal de Paul VI soient bien pauvres en arguments pour aller chercher, à XIX siècles de distance le texte d’un schismatique, par ailleurs fort équivoque, afin de faire dire à  » spiritum principalem  » « Esprit-Saint « !! Le pauvre P. Botte s’est livré à une recherche savante qui ne manque pas de parenté avec un tour de prestidigitation. Mais recherche parfaitement vaine, car le Pape Léon XIII, dans la condamnation de l’Ordinal anglican, déclare que des paroles aussi claires, et obvies que  » recevez le Saint-Esprit  » sont  » loin de signifier d’une manière précise le sacerdoce en tant qu’Ordre, et la grâce qu’il confère « , si parallèlement ce sacerdoce et les grâces qu’il confère ne sont pas EXPLICITEMENT signifiés  » Une forme à laquelle de propos délibéré on a retiré tout ce qui, dans le rite catholique, fait nettement ressortir la dignité et les devoirs du sacerdoce ne peut être une forme convenable et suffisante du sacerdoce  » ( Léon XIII ).

Les mots essentiels ont disparus.

Si maintenant, nous considérons le problème par un autre côté, demandons-nous si les mots essentiels que l’on retrouve dans toutes les formes valides de consécration épiscopale utilisées au cours des âges dans l’Église, se retrouvent dans l’Ordinal de Paul VI ?…Voici les plus caractéristiques de ces mots :  » summus sacerdos  » (= prêtre suprême) ;  » dignitas pontificalis «  (= dignité pontificale) ;  » épiscopus  » (= évêque ) ;  » sacerdos plenus  » (= sacerdoce parfait )… Or, l’Ordinal de Paul VI n’en comporte AUCUN.

Voltaire qui était un maître en tromperie a formulé ainsi sa méthode :  » Mentez ! Mentez ! il en restera toujours quelque chose « …Je ne sais pas si Paul VI avait lu Voltaire. Mais je constate qu’il prend singulièrement ses aises avec la vérité quand il ose écrire dans sa Constitution Apostolique  » Pontificalis Romani  »  » Qu’il a révisé l’Ordinal pour améliorer et préciser l’expression de plusieurs points importants de doctrine ; et qu’il a été nécessaire d’ajouter, de supprimer ou de changer certaines choses… pour rendre les expressions plus claires et mieux exposer les effets du sacrement « .

Pour quiconque compare l’Ordinal catholique et celui de Paul VI, il apparaît avec évidence que les mots soulignés dans le texte ci-dessus de la Constitution  » Pontificalis Romani  » sont des mensonges.

Le Cardinal Consalvi dans les interminables discussions avec Napoléon pour l’élaboration du texte final du Concordat eut un jour cette fière réplique :  » Sire, les Cours souveraines peuvent mentir ; mais le Saint-Père, lui, perdrait toute autorité dans l’exercice de sa charge suprême pour le moindre mensonge « . Or, l’Église conciliaire se complaît dans l’équivoque jusque dans les sacrements, et dans le mensonge quand il s’agit du sacerdoce.