Catéchisme de la Somme Théologique de Saint Thomas d’Aquin – R.P Pègues (20)

Saint Thomas d'Aquin

20. action personnelle de Dieu dans ce gouvernement. Les miracles.

— Comment Dieu gouverne-t-il cet univers créé par lui ?
— En le conservant et en le mouvant à sa fin (q. 103, a. 4).

— Est-ce par lui-même que Dieu conserve tous les êtres créés par lui ?
— Oui, c’est par lui-même que Dieu conserve tous les êtres créés par lui, bien qu’il se serve aussi de tels êtres déterminés pour conserver dans l’être tels autres êtres déterminés, selon l’ordre de dépendance qu’il a établi parmi eux en les créant (q. 104, a. 1 et 2).

— Qu’entendez-vous quand vous dîtes que c’est par lui-même que Dieu conserve tous les êtres créés par lui ?
— J’entends que ce qu’il y a au fond de tous les êtres de l’univers et qui fait qu’ils communiquent tous dans le fait d’être leur est continué à tous par l’action de Dieu lui-même directement (q. 104, a. 1).

— Cette conservation dans l’être de tous les êtres qui sont est-elle aussi propre à Dieu que l’est leur création ?
—Oui, cette conservation dans l’être de tous les êtres qui sont est aussi propre à Dieu que l’est leur création ; parce que c’est directement et immédiatement à l’être, effet propre de Dieu, que tous deux se déterminent (q. 104, a1, ad 4 ; q. 8, a. 1).

— Dieu pourrait-il faire que tous les êtres qui sont cessassent d’être ?
— Oui, Dieu pourraient faire que tous les êtres qui sont cessassent d’être (q. 104, a. 3).

— Que faudrait-il à Dieu pour faire que tous les êtres qui sont cessassent d’être ?
— Il suffirait qu’il cesse de vouloir leur continuer l’être qu’ils ont et qu’ils continuent de recevoir de lui à chaque instant (Ibid.).

— C’est donc dans une dépendance absolue de Dieu qu’est continuellement l’être de tout ce qi est dans le monde ?
— Oui c’est une dépendance absolue de Dieu qu’est continuellement l’être de tout ce qui est dans le monde : un peu comme la lumière du jour est dans une dépendance absolue de la présence de l’action du soleil ; seulement, tandis que l’action du soleil est nécessitée, l’action de Dieu est toute de liberté de d’infinie bonté (Ibid).

— Est-ce que Dieu a jamais rien anéanti de ce qu’l a fait ?
— Non, Dieu n’a jamais rien anéanti de ce qu’il a fait (q. 104, a. 4).

— Est-ce que Dieu ne doit jamais rien anéantir de ce qu’il a fait ?
— Non, Dieu ne doit jamais rien anéantir de ce qu’il a fait ( Ibid.).

— Pourquoi dites-vous que Dieu n’a jamais rien anéanti et qu’il ne doit jamais rien anéantir de ce qu’il a fait ?
— Parce que Dieu n’agit que pour sa gloire ; et sa gloire demande, non qu’il anéantisse ce qu’il a fait, mais, au contraire, qu’il le conserve dans l’être ( Ibid.).

— Est-ce qu’il peut produire des changements dans les choses que Dieu a faites ?
— Oui, il peut se produire des changements dans les choses que Dieu a faites, changements plus ou moins profonds selon la diversité des natures et selon la diversité des états pour une même nature.

— Est-ce que ces changements, qui peuvent se produire et qui se produisent en fait dans les choses faites par Dieu, entrent dans l’ordre du gouvernement divin ?
— Oui, tous les changements qui peuvent se produire et qui se produisent en fait dans les choses faites par Dieu entrent dans l’ordre du gouvernement Divin, tout cela pouvant et devant servir à la fin de ce gouvernement, qui est la gloire de Dieu et le bien de son œuvre.

— Y-a-t-il des changements dans les choses faites par Dieu qui soient dus à l’action propre de Dieu ?
— Oui, il y a des changements dans les choses faites par Dieu qui sont dus à l’action propre de Dieu (q. 105, a. 1).

— Quels sont les changements dans les choses faites par Dieu qui sont dus à l’action propre de Dieu ?
— Ce sont tous les changements qui portent, d’une façon immédiate, sur le dernier fond des êtres matériels, ou sur la partie effective des êtres spirituels ; et aussi ce qu’il y a de premier en toute action de la créature (q. 105, a 1, 4 et 5).

— Est-ce à l’action propre de Dieu qu’il faudrait attribuer les changements qui se produiraient, dans les choses matérielles faites par lui, en dehors des causes secondes proportionnées à ces changements selon le cours ordinaire de la nature ?
— Oui, et c’est là ce qu’on appelle proprement les miracles (q. 105, 6 et 7).

— Y a-t-il des miracles ainsi faits par Dieu ?
— oui, très certainement, il y a des miracles ainsi faits par Dieu dans le monde matériel, qu’on peut ranger en trois grandes catégories, selon qu’il s’agit de faits que la nature est impuissante à réaliser en eux-mêmes, ou dans l’objet qui les porte, ou selon le mode dont ils se produisent (q. 105, a. ).

— Pourquoi Dieu a-t-il fait ou fait-il encore ces sortes de miracles ?
— Dieu a fait ou fait encore, quand il lui plaît, ces sortes de miracles, pour frapper les esprits des hommes et les amener à reconnaitre son intervention divine en vue de leur bien et de sa gloire.

 

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