Le naturalisme et le quiétisme contre le Christianisme

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…Le naturalisme dit : «  Surgite, levez-vous  » ; et il retranche ce qui suit. Le quiétisme dit : « sederitis, restez assis » ; et il omet ce qui précède. Le Christianisme dit : « surgite post-quam sederitis, levez-vous après être assis » ; il n’omet et ne retranche rien. Le naturalisme nie l’action de Dieu, le quiétisme écarte l’action de l’homme, le Christianisme réclame l’union et la soumission de l’action de l’homme à l’action de dieu. Et, chose admirable, ce repos et cette action, ce repos de l’appui en Dieu et cette action avec Dieu, s’allient et se combinent toujours pour constituer en moi la vie divine, qui est essentiellement faite de repos et d’action. Toute vie n’est-elle pas une action reposée ?

Le naturalisme, d’ailleurs, et le quiétisme ne sont pas simplement des erreurs de voie, ils se trompent de la même façon sur le but et sur les moyens. Il n’est pas inutile peut-être d’ouvrir ici une courte parenthèse pour caractériser dans leur ensemble ces deux erreurs, qui résument les tendances divergentes de la fausseté humaine.

Pour le but, le naturalisme supprime ou tend à supprimer la gloire de Dieu, ne laissant subsister que le plaisir humain. Pour la voie, il supprime ou tend à supprimer l’action divine, ne comptant guère que sur le travail humain. Pour les moyens il supprime ou tend à supprimer la grâce, n’ayant confiance qu’aux industries humaines. Dieu plus ou moins écarté de la vie, du travail et des instruments de l’homme, voilà le naturalisme et toutes les tendances qui s’y rattachent.

Le quiétisme, par contre, supprime ou tend à supprimer la part de l’homme dans l’espérance de son salut,  pour ne laisser subsister que la gloire de Dieu comme but. Il supprime ou tend à supprimer l’activité humaine, pour ne laisser place qu’à l’action divine, comme voie. Il supprime ou tend à supprimer les exercices et les moyens spirituels, pour ne laisser opérer que la grâce, comme moyen. L’homme diminué, mutilé dans son but, dans son activité et dans ses moyens, voilà le quiétisme et toutes les tendances qui rattachent.

C’est l’idée spécifique du Christianisme d’être l’union, sans altération, mais subordonnée, de l’humain au divin. Salut de l’homme uni et subordonné à la gloire de Dieu, comme but ; action de l’homme unie et soumise à l’action de Dieu, comme voie ; exercices de piété de l’homme unis et soumis à la grâce de Dieu, comme moyens, voilà le Christianisme.

Source : La vie intérieure simplifiée, par le R.P. Jospeh TISSOT – huitième édition, Éditeurs GABRIEL BEAUCHESNE ET Cie. p. 381-382-383. (corrections incluses)

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