Le Père W. DEVIVIER S.J. sur le protestantisme (4ème partie)

§ III. Le protestantisme n’a pas la catholicité

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Il est trop évident que le protestantisme n’a l’universalité ni dans le temps ni dans l’espace. D’abord il n’a commencé qu’au XVIe siècle ; puis, dans les contrées où il est parvenu à s’introduire, s’il porte un nom générique, il est, en réalité, fractionné en une multitude de sectes parfaitement indépendantes les unes des autres, séparées même par leurs noms spécifiques et ennemies acharnées, n’ayant souvent d’autre lien que leur haine commune contre l’Eglise catholique. Comment formeraient-elles une seule religion, alors qu’il n’y a et qu’il ne peut y avoir aucun corps de vérités uniformément enseignées partout ? L’uniformité des croyances serait d’ailleurs le renversement de son principe fondamental : la Bible librement interprétée par chacun. Enfin, non seulement aucune des fractions du protestantisme n’approche du nombre des fidèles de l’Eglise romaine, mais la somme totale des adhérents aux sectes réformées est bien loin d’atteindre ce chiffre.

§ IV. Le protestantisme n’a pas l’apostolicité

A. IL N E L’A POINT PAR SA DOCTRINE.

Nous l’avons surabondamment prouvé où est la doctrine apostolique imposée à la croyance de tous ? Évidemment les apôtres n’ont pas reçu de Jésus et transmis à leurs successeurs toutes les opinions diverses, et souvent contradictoires, qui divisent les sectes protestantes entre elles.

B. IL NE L’A PAS DAVANTAGE PAR SON GOUVERNEMENT OU SON MINISTÈRE.

Comment les fondateurs du protestantisme pourraient-ils tenir leur autorité des apôtres, eux qui se sont révoltés contre les successeurs des apôtres? A la vérité, Luther, Calvin et les autres chefs du protestantisme, sentant le besoin de justifier leur révolte, prétendirent avoir reçu des apôtres ce qu’ils appelaient leur mission réformatrice ; mais pour être autorisé à changer ou à perfectionner une œuvre divine, il faut plus qu’une affirmation. Jésus-Christ lui-même a cru devoir donner des preuves abondantes de sa mission. Les réformateurs auraient dû présenter au moins quelques miracles, pour s’accréditer auprès des peuples. Luther sentit bien la nécessité où il se trouvait de donner cette preuve. De là son embarras extrême. Tantôt il disait tenir sa mission du magistrat de Wittemberg, tantôt de sa dignité de docteur. Dans l’espace de vingt-quatre ans, il changea quatorze fois d’avis sur ce point (8).

La vérité est que personne n’a reçu et que personne ne recevra jamais pareille mission : nous avons vu que les apôtres ont expressément reçu l’ordre d’enseigner aux hommes à garder tout ce que Jésus-Christ leur a confié ; et S. Paul a lancé l’anathème contre quiconque oserait transmettre une autre doctrine que celle des apôtres. Il reste donc avéré que c’est de leur autorité privée que ces hommes se sont arrogé leur prétendue mission, et l’Eglise de Jésus-Christ est en droit de leur dire : « Vous n’êtes que d’hier et je ne vous connais pas. »

Quant aux anglicans, il est certain que leurs évêques ne possèdent ni le pouvoir d’ordre, ni le pouvoir de juridiction i. Nous avons vu que la juridiction (9) se transmet par l’autorité qui en est investie, et d’après les règles canoniques en vigueur à l’époque de sa transmission. Or, à qui succèdent les ministres protestants? De qui et comment ont-ils reçu la juridiction? Certes, ce n’est pas davantage de ceux de leurs évêques qui ont abandonné le catholicisme pour embrasser la Réforme. Ceux-là tenaient, il est vrai, leur juridiction de l’Eglise romaine. Mais les sujets que Rome leur avait confiés, Rome les leur a ôtés; c’était son droit de faire l’un comme l’autre.

CONCLUSION. Le protestantisme n’a donc aucune des notes caractéristiques dont le Sauveur a marqué son œuvre ; il n’est donc point l’édifice bâti par la main divine pour abriter les élus durant leur passage sur la terre.

(8) V. Dollinger : La Réforme, t. 3, trad. Perrot, p. 199.

(9) Voyez la Lettre Apostolique de Léon XIII sur la nullité des ordinations anglicanes (1895). Cette lettre, dans laquelle le Saint-Père motive par de puissantes raisons sa sentence définitive, met fin pour les catholiques à la discussion sur la valeur des ordinations anglicanes. Puissent nos frères séparés être frappés de l’idée qu’ils n’ont ni vrai sacerdoce, ni sacrifice, ni présence réelle de Jésus-Christ, ni absolution valide; puissent-ils répondre au pressant appel du suprême Pasteur des âmes, et revenir au centre de l’unité catholique !

Source : cours d’apologétique chrétienne ou exposition raisonnée des fondements de la foi ( Tomme 2) – P.W. DEVIVIER S.J. 19 ème édition revue et augmentée.
CHAP LE PROTESTANTISME NE POSSÈDE POINT LES NOTES DE LA VRAIE ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST.

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