Aucune concession avec l’erreur, ni même avec une « simple tendance » vers celle-ci.

http://i2.wp.com/www.domgueranger.net/assets/102113_1348_Prirepourde1.jpg?w=940Contexte : Ici, Dom Guéranger part de ses réfutations données en toute charité à M. De Broglie sur ses nombreuses erreurs naturalistes, et il étend le champ de cet exemple à toutes nécessités de défense de la foi, contre la moindre erreur et tendance vers l’erreur, induisant une inévitable formation doctrinale intelligente, vraie, et pratiquée.

… « De nos jours, la foi est si faible chez plusieurs, qu’une simple tendance vers telle ou telle erreur leur semble innocente, et qu’il y aurait, à leurs yeux, de la dureté à s’insurger contre. En ce siècle ou l’on ne croit pas à grand-chose en fait de théorie politique, on était convenu de se récrier contre les procès de tendance vers telle ou telle forme qui ne régnait pas ; or, il en est qui transporteraient volontiers aux choses de la religion cette honnête indifférence. Tel journal n’attaquait pas le principe monarchique, mais il le minait ; donc il était odieux de le poursuivre ; on est tenté de dire de même, tel livre annonce dans son auteur l’intention arrêtée de respecter la religion, de la professer sans détour ; donc on ne peut sans une injustice criante, signaler dans l’écrivain une pente dangereuse qui pourrait l’entrainer à son insu vers l’erreur.

L’Église, heureusement pour le dépôt de sa doctrine, ne l’a jamais entendu ainsi. Le moindre péril pour la foi a toujours été grave à ses yeux ; et la liste des livres condamnés pour simple tendance vers l’erreur est fort longue. La foi est un bien qu’il faut à tout prix et toujours mettre à couvert ; dès qu’il s’agit d’elle directement ou indirectement, nul égard, nulle considération personnelle, n’ont le droit d’arrêter. On parle beaucoup, et avec fondement, d’un retour du siècle vers la religion ; mais qu’on le sache bien, ce retour ne sera réel qu’autant qu’il ramènera l’antique susceptibilité de la foi. Quiconque ne l’éprouve pas, quiconque ne comprend pas cette susceptibilité, est « cet infirme dans la foi » dont parle l’Apôtre, et dont il faut relever le courage et redresser les pensées

Essais sur le naturalisme contemporain par le R.P Dom Prosper GUERANGER, préface p. LXV.,  ESR., Ed JULIEN, LANIER, COSNARD et C°, EDITEURS, 1858.

Publicités