Saint Jean Chrysostome sur le commencement de l’Évangile de Saint Matthieu

St ChysostomeEn ce jour de la Saint Joachim, La Sainte Liturgie, dans l’évangile du jour, nous propose la lecture de la Généalogie de Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous vous proposons l’explication qu’en donne Saint Jean Chrysostome, dont les homélies furent si ventées par le docteur angélique (1).

Commencement du Saint Évangile de Saint Mathieu :

Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham.
Abraham engendra Isaac ; Isaac engendra Jacob ; Jacob engendra Juda et ses frères ; Juda engendra, de Thamar, Pharès et Zara ; Pharès engendra Esro ; Esron engendra Aram ; Aram engendra Aminadab ; Aminadab engendra Naasson ; Naasson engendra Salmon ; Salmon engendra, de Rahab, Booz ; Booz engendra de Ruth, Obeth ; Obeth engendra Jessé ; Jessé engendra David ; qui fut roi. Le roi David engendra Salomon, de celle qui avait été la femme d’Urie. Salomon engendra Roboam ; Roboam engendra Abias ; Abias engendra Asa ; Asa engendra Josaphat ; Josaphat engendra Joram ; Joram engendra Ozias ; Ozias engendra Joatham ; Johatam engendra Achaz ; Achaz engendra Ezéchias ; Ezéchias engendra Manassès ; Manassès engendra Amon ; Amon engendra Josias ; Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone. Et après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel ; Salathiel engendra Zorababel ; Zorobabel engendra engendra Abiud ; Abiud engendra Eliacim ; Eliacim engendra Azor ; Azor engendra Sadoc ; Sadoc engendra Achim ; Achim engendra Eliud ; Eliud engendra Éléazar ; Éléazar engendra Mathan ; Mathan engendra Jacob ; Jacob engendra Joseph ; l’époux de Marie, de laquelle est née Jésus, qui est appelé le Christ.

LA GÉNÉALOGIE DE JÉSUS-CHRIST EST UNE LEÇON D’HUMILITÉ :

La généalogie de Jésus-Christ ou se trouvent plusieurs personnages indignes d’être ses ancêtres, même à cause de leur conduite, nous apprend que personne ne doit s’élever de la gloire de ses ancêtres. Que chacun jetant les yeux sur cette généalogie du Sauveur étouffe toutes les pensées d’orgueil, et ne se glorifie que de ses seules vertus ; ou plutôt qu’il ne s’en glorifie même pas, puisque c’est ainsi que le pharisien devint pire que le publicain. Si vous voulez que votre vertu soit grande, n’en ayez pas une grande estime, et alors elle sera véritablement grande.

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Si l’humilité justifie le pécheur, quoiqu’elle soit en lui plutôt une reconnaissance de son indignité qu’une humilité véritable, combien sera-t-elle puissante dans le juste même ? Ne perdons pas le fruit de nos travaux.

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Il est nécessaire d’oublier ses bonnes œuvres ; vous savez si bien oublier le mal que vous commettez, et vous ne pourriez oublier le peu de bien que vous faites ?
La crainte des jugements de Dieu devrait nous toucher davantage que la complaisance d’une bonne œuvre, et c’est le contraire qui arrive. Nous offensons Dieu tous les jours sans y faire la moindre réflexion : tandis que si nous donnons la moindre chose à un pauvre, nous sommes prêts à le dire à tous.
L’oubli de nos bonnes œuvres en est le trésor et la garde la plus assurée. Lorsqu’on parle publiquement de l’or ou des vêtements précieux, on invite les voleurs à chercher les moyens de les prendre ; mais lorsqu’on les tient cachés dans le secret de sa maison, on les y conserve en sureté. Il en est de même pour les richesses des vertus. Si nous les tenons toujours dans notre mémoire et comme exposée en vente, nous irritons Dieu, nous armons notre ennemi contre nous, et nous l’invitons à les dérober ; mais si elles ne sont connues que de Celui qui doit les connaitre, nous les possèderons en pleine assurance.
N’exposez donc pas les richesses de vos vertus, de peur qu’il ne vous arrive ce qui arriva au pharisien qui, portant sur les lèvres le trésor de ses bonnes œuvres, donna au démon le moyen de les dérober. Il ne parlait de ses vertus qu’avec action de grâces et les rapportait toutes à Dieu, cependant cela ne le justifia pas ; car ce n’est pas rendre grâces à Dieu que de s’élever au dessus des autres. Si vous rendez grâce à Dieu, ne pensez à plaire qu’à lui seul, ne cherchez pas à être connu des hommes, ne jugez point votre prochain : autrement votre action de grâce n’est pas véritable.

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« Je ne suis pas digne, Seigneur, que vous entriez dans ma maison, » disait le centenier ; et en parlant ainsi, il en devint digne et mérita d’être préféré par Jésus-Christ pour hôte à tous les juifs. C’est par une humilité semblable que Saint Paul dit : « Je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, » et c’est par cette humilité qu’il mérite d’être le plus grand de tous les apôtres. De même, Saint Jean s’écrie : « Je ne suis pas digne de dénouer les cordons de ses souliers, » et il mérite de devenir l’ami de l’Époux et d’élever la main sur la tête du Sauveur (le jour de son baptême), tandis qu’il ne croyait pas digne de dénouer ses souliers.
– « Retirez-vous de moi, Seigneur, s’écrie Saint Pierre, car je ne suis qu’un pécheur,» et à cause de cette humilité le Seigneur le choisit pour le fondement et la base de son Église.
Rien ne plait autant à Dieu, en effet, que l’humilité qui est le comble de la vertu et de la sagesse chrétienne, car celui qui a le cœur humilié ne sera pas accessible à la vaine gloire, à l’envie, à la colère contre son prochain, ni à aucune autre passion.
Souffrons tout avec courage, pour recevoir, avant même la récompense qui nous est promise, le fruit de notre humilité, c’est-à-dire le repos et la paix de nos cœurs, selon cette parole de Jésus-Christ : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos dans vos âmes. »

Source : Saint Jean Chrysostome – Enseignements pratiques de l’Évangile tiré du commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l’Évangile de Saint Matthieu par l’auteur des conseils de piété,  avec une préface de S.G Mgr Mermillod –éditions de la bibliothèque de piété des gens du monde.

1 « Et comme il revenait à Paris et qu’il était assez rapproché pour en reconnaitre la magnificence et l’immensité, il se reposa quelques instants, et ses étudiants lui dirent : « Maître, voyez combien cette ville est belle. » Ils dirent encore : Plût à Dieu qu’elle fut à vous ! Mais l’accepteriez-vous seulement ? » Et ils attendaient de lui quelques paroles de bonne édification. Il répondit en effet : « Et qu’en ferai-je ? » Ils lui dirent : « Vous la vendriez au roi de France, et, avec l’argent qui vous en reviendrait, vous bâtiriez tous les couvent des frères prêcheurs. » Il répondit : « Ah ! Que j’aimerai mieux avoir les homélies de Saint Jean Chrysostome sur l’évangile de Saint Matthieu ! »

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