Nos biens en Jésus-Christ ressuscité

Res 1

La gloire due à Jésus-Christ, les honneurs qui conviennent à son humanité sainte pour tant de souffrances endurées, sont le premier et grand objet que Dieu se propose dans ces mystères glorieux ; mais cet objet tout divin ne l’empêche pas de penser à nous et de disposer ces mystères de telle sorte qu’ils servent à notre avantage (Rom. IV, 25). Il ne sépare pas nos intérêts de ceux de son propre Fils, tant le Chrétien est quelque chose de grand aux yeux de Dieu, tant son union avec le Christ est intime.

Dans sa résurrection, Notre Seigneur nous montre la fidélité de ses promesses, non moins que sa puissance et la véracité de sa doctrine.

1. La résurrection était nécessaire pour que les satisfactions de Jésus-Christ et les grâces qu’Il a méritées pour nous, nous fussent appliquées par le moyen de la foi surnaturelle et salvatrice. Il a été livré pour nos péchés et Il est ressuscité pour notre justification. Qui traditus est propter delicta nostra, et resurrexit propter justificationem nostram.

La mort de Jésus-Christ, toute salutaire qu’elle fut, avait jeté ses apôtres dans l’abattement, elle avait été pour eux un scandale : la résurrection seule pouvait ranimer leur foi et leur espérance. Sans la résurrection le monde serait encore dans les ténèbres…

2. De plus, il y a une intime connexion entre la résurrection de Jésus-Christ et la nôtre. Assurés de la fidélité de la vie future, nous ne pouvons douter qu’il puisse et veuille nous ressusciter un jour ; nous possédons, dans la résurrection glorieuse, le gage, le modèle, et comme les prémices  de la nôtre : un roi victorieux fait participer ses soldats à son triomphe, un maître ne peut être sans ses disciples, un époux sans son épouse. Selon l’expression de Saint Paul, nous sommes, en quelque manière, déjà ressuscités avec Jésus-Christ, puisqu’Il est le Chef et nous les membres ; et c’est pourquoi Il est appelé « le premier né d’entre les morts ». En Lui nous voyons déjà l’heureux terme de nos tribulations et de nos souffrances, en Lui, nous comprenons comment notre tristesse doit se changer en joie.

Nous savons que la gloire de Son âme, et de Son corps dépasse tout ce que nous pouvons imaginer et comprendre ; et nous savons aussi que ceux qui lui ressemblent dans cette vie mortelle et passible lui deviendront conformes par la communication des dons glorieux dont Il jouit : si nous souffrons avec Lui, nous règnerons aussi avec Lui : si sustinebimus et conregnabimus (II Tim, ii, 12).

Sachez donc en tirer la conséquence que nous indique encore Saint Paul, que nous devons être fermes et inébranlables, avançant toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que notre labeur n’est pas vain devant Lui : « labor vester non est inanis in Domino » (I, Cor, XV, 58).

3. Rappelons-nous enfin que nous devons représenter en nous-même ce mystère, en passant de la tiédeur et de l’imperfection à la ferveur, d’une manière d’agir humaine et naturelle à une autre toute surnaturelle, d’un faible degré de perfection à des degrés toujours plus élevés.

Nous porterons en nous quelques ressemblances du don de subtilité si nous surmontons courageusement tous les obstacles de la voie de la vertu ; du don d’agilité si nous sommes toujours prompts et diligents à [suivre] toute volonté de Dieu, tout appel de l’obéissance ; du don de clarté si nous éclairons les autres par de bons exemples ; du don d’impassibilité si nous supportons toute souffrance avec paix et joie.

La vie de Jésus ressuscité est particulièrement le modèle d’une vie parfaite. Elle nous montre le terme ou il conduit sûrement ceux qui Le suivent, de telle sorte, selon le vœux de Saint Paul, « que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux ».

Source : les exercices de 30 jours, méditations, R.P de Clorivière, de la compagnie de Jésus.

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