Quelques vers d’un anonyme pour le Carême

carême

Esseulé dans Gethsémani,
Dans le sommeil sont ses amis,
A genoux devant Dieu le Père,
Il est seul à être en prière.
Le Pur, Le Juste, Il est trahi,
Par la perfidie d’un baiser !
Par ses bourreaux est emmené,
Celui qui les jetait à terre,
Comme un bagnard et enchainé,
Notre seigneur est mis aux fers,
Pris comme une bête, un vulgaire chien,
Pour comparaitre au Sanhédrin :
Ces iniques et blasphémateurs,
Qui veulent juger le Créateur.
Mieux vaudrait pour eux d’être muets,
Mais le venin toujours parait,
Sortir des langues ou bien des poings,
Pour souiller le nom du Grand Roi,
Pour humilier cet agneau oint,
Ce Jésus qui s’abaisse pour toi…
Il est parti dans sa passion,
Il est dans sa tribulation,
Cette divine somme d’afflictions,
Pour ta seule justification…
Depuis le temps qu’il la voulait,
Pour te sauver, toi, ver de terre,
Depuis le temps qu’il la voulait,
Toi, qui, dans l’impiété, ère,
Cette passion du Dieu Vivant,
Ou le Père y donne son enfant,
Comme ce geste au temps d’Abraham,
Ou l’Ange avait freiné sa lame…
Dieu, lui, pour toi, ira au bout,
Le fond du calice sera net,
Le sang, il en connait le gout,
Car le sien coula pour ta tête !

«O Créature je t’en supplie,
Viens me voir à Gethsémani,
Dans l’oraison de ma passion,
Tu le trouveras cet ami,
Viens voir au tréfonds de mes peines,
Car tes fautes je les prends sur moi,
De tes péchés apprends la haine,
Car toute ma tristesse vient de là,
Pour que tu deviennes mon enfant,
Viens me voir dans l’aride nuit,
Ce jardin, ou tous tes péchés,
Je les ai vus, dans leurs détails,
Laines de malices, d’iniquités,
Toutes soupesées dans toutes leurs mailles,
Mon âme est triste par tes fautes,
Ne veux-tu point de moi comme hôte ?
Triste jusqu’à la mort je suis,
Car tant de fils m’auront trahis,
Même après être crucifié,
Si nombreux seront les damnés !
Viens me voir à Gethsémani,
Pour saisir le malheur d’un Dieu,
Qui voit tant de fils qui L’ont fuit,
Pour aller se jeter au feu…»

Agonie

Ayez pitié de moi, mon Dieu, ayez pitié de moi ; car en vous mon âme cherche un refuge.
(Ps LVI – 2)

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