Dieu ineffable dans sa providence.

nativité 2015Vers ce même temps on publia un édit de César-Auguste, pour faire un dénombrement des habitants de la terre ; ce fut le premier dénombrement qui se fit par Cyrinus, gouverneur de Syrie, et tous allaient se faire enregistrer, chacun dans la capitale de la tribu dont il était originaire.

1. Nous voyons ici dans Dieu une providence sûre dans l’exécution, quelqu’éloignée ou impossible qu’elle paraisse. Marie était chez elle dans  la maison de son mari, et cependant pour notre instruction son fils doit naitre dans une étable : comment cela s’exécutera-t-il ? Marie est établie à Nazareth ; son terme approche sans qu’elle ait la moindre pensée de quitter cette ville, et cependant, selon le prophète, le Sauveur doit naître à Bethléem : comment cela s’accomplira-t-il ? Marie est d’une condition obscure, la femme d’un artisan d’une petite ville de Galilée, et cependant il faut que son fils soit reconnu pour le Messie ; il faut qu’il soit évident aux yeux de l’univers qu’il est de la famille royale de David : comment cela se fera-t-il ? Tout cela néanmoins s’exécute. La Providence divine fait servir à ses desseins un édit dans lequel l’empereur ne songeait qu’à accomplir les projets d’une politique toute humaine, qu’à satisfaire sa vanité, qu’à s’instruire des forces et des richesses de son empire.

2. Nous voyons ici en Dieu une providence  universelle dans les moyens, quelque disproportionnés qu’ils soient. Tout ici bas est subordonné à cette puissance suprême qui s’assujettit tout, et qui fait tout pour contribuer à la manifestation de sa gloire. L’édit de l’empereur conduit Marie à Bethléem, et l’affluence des étranger, qui comme obéissent à l’édit, l’empêche d’y trouver un logement. Les plus grands comme les plus petits évènements, les vices et les vertus, la vanité d’Auguste comme l’obéissance de Marie, tout entre dans les vues de la Providence et concours à l’exécution de ses desseins. L’homme ne peut imaginer quels sont les moyens que Dieu a prévus et qu’il emploie pour exécuter ce qu’il a résolu : il est de la piété de les adorer sans vouloir les pénétrer.

3. Nous voyons ici en Dieu une providence profonde dans ses vues, quelque couvertes qu’elles soient du voile du hasard. Jésus naît à Bethléem pour accomplir la prophétie qui marque le lieu de sa naissance. Jésus est authentiquement inscrit dans les registres publics de l’empire, afin qu’il soit manifesté aux nations de la terre quels furent le temps et le lieu de sa naissance, et qu’il est le fils d’Abraham et l’héritier de David. Jésus naît dans une étable, il est couché dans une crèche pour être le fondateur d’un empire éternel qui doit soumettre tous les empires et tous les monarques de la terre aux lois de l’humilité et du détachement. Aux yeux de la chair, tout parait ici l’effet du hasard ; mais qu’est-ce que le hasard, un nom vide et chimérique ?
Ah ! Tout es réglé et conduit par l’ordre de votre providence, ô mon Dieu, et que cette providence est sainte et adorable, et que les hommes sont aveugles dans leurs jugements comme dans leurs projets ! Pour moi seigneur, dans quelque lieu, dans quelque situation que je me trouve, j’y reconnaitrai toujours votre main qui gouverne l’univers, et j’adorerai avec soumission les saintes et augustes dispositions de votre providence.

Source : l’Evangile médité et distribué pour tous les jours de l’année, tiré des plans du P. Giraudeau de la compagnie de Jésus, par l’Abbé Duquesne. Édition de 1843 (la première eut lieu en 1773).

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