Charles 1er d’Orléans, cité par Mgr Delassus, explique les causes de nos maux

Compte tenu de l’actualité brulante, il semble falloir rappeler un élément fondamental pour chacun d’entre nous, afin de mieux discerner les raisons du contexte actuel.

Mgr Delassus

Jadis on ne nommait, par tous pays, la France « trésor de noblesse ». Chacun trouvait en elle la bonté, l’honneur, la loyauté, la courtoisie, le sens et la prouesse. Tous les autres peuples prenaient plaisir à la suivre. Et maintenant, j’ai grande déplaisance à te voir subir tant de douleurs, ô très chrétien, ô Franc Royaume de France.


Sais-tu d’où vient ton mal, à vrai parler, et pourquoi tu es aujourd’hui en tristesse ? Eh bien ! Je vais te le dire, et je crois par là m’acquitter avec toi. Écoute et tu feras sagesse. Ce qui t’a perdue, France, c’est ton grand orgueil, c’est ta gloutonnerie, ta paresse, ta convoitise, ton mépris de la justice, et cette luxure qui abonde et surabonde en toi. Voilà ce qui a forcé Dieu à te punir, ô très chrétien, ô Franc Royaume de France.

Ne va pas cependant désespérer : car Dieu est très largement plein de miséricorde. Va vers lui, va lui demander ta grâce. Car Dieu a déjà, il y a longtemps, pris des engagements avec toi. Pour avocate, choisis humilité, et Dieu sera très joyeux de te guérir. Mets entièrement ta confiance en lui : s’il a voulu mourir en croix, c’est pour tous les hommes ; c’est en particulier pour toi, ô très chrétien, ô Franc Royaume de France.

La cour de Rome t’appelle son bras droit, car tu l’as bien souvent tirée de détresse. Et, pour t’en remercier, les Papes te font asseoir,  seule entre toutes, à leur droite. Et ainsi feront-ils toujours tant que ce sera justice. C’est pourquoi tu dois fortement pleurer et gémir, quand tu déplais  à Dieu qui a tant fait pour toi net que tu devrais tant aimer, ô très chrétien, ô Franc Royaume de France.

Dieu a les bras ouverts pour t’embrasser, ô France, et le voici tout prêt à oublier ta vie pécheresse. Demande pardon et Notre Dame te va venir aider bien vite ; Notre Dame ta puissante Reine ; Notre Dame qui est ton cri de guerre et que tu reconnais pour ta maitresse. Tous les Saints dont les corps reposent en terre française, vont, avec la Vierge, accourir à ta défense. Mais ne reste endormie dans ton péché, ô très chrétien, ô Franc Royaume de France.

Notre Dame, priez pour la France !

Charles d’Orléans.

Note : Dans la séance du 22 février de son procès de condamnation, la bienheureuse Jeanne d’Arc dit de Charles d’Orléans à sas juges :  » Je sais bien que Dieu aime le Duc d’Orléans : j’ai eu sur son sujet plus de révélations que sur un homme vivant, mon roi excepté.  » Elle voyait en lui le Père de Charles VII, chef de la tige des Valois. Il ne sortit de sa captivité et ne revint en France que neuf ans après le martyre de Jeanne.

Source : Mgr Delassus : Les pourquoi de la guerre mondiale.

Publicités