Jean Paul II et le Salut universel

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Jean Paul II en plein bain de foule

Jean-Paul II croyait que par la Redemption, Jésus-Christ s’était uni à tout homme : « L’événement de rachat apporte le salut à tous, chacun est inclus dans le mystère de la Rédemption, et le Christ s’est uni à chacun à jamais par ce mystère. » (1) et que par conséquent, chaque homme sur terre, qu’importe sa religion, qu’importe qu’il soit un assassin, un violeur d’enfant, un voleur, qu’importe qu’il soit adultère ou chaste, qu’il soit blasphémateur ou pieux, chaque homme sur terre possède la grâce selon l’enseignement de Jean-Paul II : « Jésus est la deuxième personne de la Sainte Trinité devenu un homme, et donc en Jésus, la nature humaine et donc l’ensemble de l’humanité, est racheté, sauvé, anobli à mesure de la participation à la «vie divine» par la grâce. » (2) Vatican II ne dit pas autre chose de manière plus nuancé en parlant de l’Incarnation : « Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » (3). L’homme ne peut donc pas se damner, la grâce lui est naturelle, il nait avec la grâce, il meurt avec. A partir de là, plus besoin de prosélytisme, plus besoin de convertir qui que ce soit, nous pouvons renvoyer dans leurs familles les missionnaires qui peuplent le monde, c’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé au début des années 70. Avec une telle croyance, nous pouvons nous préoccuper de ce qui est vraiment important : les gens qui meurent de faim, la pauvreté, le chômage. Pourquoi ne pas laisser les missionnaires s’occuper et de ces choses mais également de transmettre la Foi catholique comme l’Église a toujours fait? Cela n’a plus aucun intérêt, l’enfer n’existe pas, ne perdons plus de temps avec ces croyances rétrogrades et archaïques !

Le modèle du missionnaire pour l’église conciliaire n’est ni saint François-Xavier, ni saint Vincent Ferrier ni même un saint Paul mais plutôt une Mère Teresa « béatifié » par Jean Paul II, voici ce qu’elle recommandait aux religieuses sous sa responsabilité aux Indes : « J’ai toujours dit que nous devrions aider un hindou à devenir un meilleur hindou, un musulman à devenir un meilleur musulman, un catholique à devenir un meilleur catholique. » (4) Elle finit comme Luther, désespérant de son salut, ayant perdu totalement la foi, certains ont voulu y voir la plus grande nuit de l’âme (passage de purification où la personne est prise de scrupules, de désolation, de désespoir) de tous les temps sauf que dans le cas de Mère Teresa, elle a tout comme Luther, acceptée les tentations, comme elle l’avoue volontiers elle-même : « Je regarde et je ne vois pas ; j’écoute et je n’entends pas.  » ; « Où est ma foi ? Tout au fond de moi, où il n’y a rien d’autre que le vide et l’obscurité… Je n’ai pas la foi. » ; « Si un jour je deviens une sainte, je serai sûrement celle des ténèbres, je serai continuellement absente du paradis. » (5)

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Mère Teresa prie devant une énorme statue de Bouddha

Il est vrai que si nous admettons que l’enfer n’existe pas, cela est contredit par une cinquantaine de passages de l’Évangile, certains amis de Jean Paul II ont trouvé un autre moyen pour contourner le problème, l’enfer serait vide ou « vidable » en priant pour les damnés, de la même manière que les âmes du purgatoire. C’est le cas de Balthasar qui prétend dans ses deux livres Espérer pour tous, et l’Enfer, une question que l’enfer est vide. Hans Urs von Balthasar, que Le Monde du 20 octobre 1981 qualifia de « maître à penser de Jean-Paul II ». Balthasar fut créé « cardinal » par Jean-Paul II le 28 juin 1988, il reçut le « prix Paul VI de la théologie » en 1984 toujours de Jean-Paul II…

Jean-Paul II a appuyé son enseignement hérétique sur le Salut universel grâce à l’union du Christ à chaque homme par la Rédemption à plusieurs reprises :

Jean-Paul II, Redemptor hominis (n° 13), 4 mars 1979 : « … chaque homme est inclus dans le mystère de la Rédemption, et avec chacun le Christ Lui-même s’est uni pour toujours à travers ce mystère. » (6)

Jean-Paul II, Centesimus Annus (n° 53) : «Nous ne parlons pas ici de l’homme « résumé », mais réel, « concret », l’homme « historique ». Nous avons affaire à chaque individu, car chacun est inclus dans le mystère de la Rédemption et à travers ce mystère le Christ s’est uni à chacun pour toujours. » (7)

L’accent est mis sur le fait que cette union serait indissoluble -« pour toujours« – et donc que l’état de grâce qui se fait par cette union ne peut être perdu, l’homme serait certain d’aller au Ciel, quelque soit sa vie et ses œuvres. S’il est vrai que le Christ est mort pour tous, il est faux d’affirmer qu’Il se serait uni à chaque homme et qu’ainsi, l’état de grâce serait permanent, quand bien même la personne ne serait même pas catholique ou qu’elle commettrait un péché mortel.

Jean-Paul II affirmait également que par le Sacrifice de la Messe, tous les hommes, sans exception, étaient sauvés par le Sang du Divin Rédempteur :

Jean-Paul II, Homélie, 6 Juin 1985 : «  L’Eucharistie est le sacrement de l’alliance du Corps et du Sang du Christ, de l’alliance qui est éternelle. C’est l’alliance qui embrasse tout. Ce sang atteint tous et sauve tous. » (8)

Quoi de plus contraire à l’enseignement catholique ?

Le Magistère de l’Église, au contraire, présente une toute autre doctrine :

Pape Paul III, Concile de Trente, sess. 6 :  » Mais si le Christ est mort pour tous, tous encore ne reçoivent pas tout le bénéfice de sa mort, mais seuls ceux à qui le mérite de sa Passion est communiqué. » (9)

Nous sommes bien loin du divin Sang qui « atteint tous » ; ou du Christ « qui s’unit à chaque homme pour toujours« .

Jean-Paul II, Redemptoris Missio (n° 10), 7 décembre 1990 : « L’universalité du salut signifie qu’il est accordé pas seulement à ceux qui croient au Christ explicitement et qui sont entrés l’Église ».

S.S le Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 4 février 1442 : « [La très sainte Église romaine] Elle croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront  » dans le feu éternel qui est préparé par le diable et ses anges » (Saint Matthieu, 25,41) à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés ; »

Si jamais, vous acceptez l’enseignement de Jean Paul II sur le Salut universel, qu’attendez-vous pour laisser vos passions se déchaîner? Vous pouvez vous faire mahométan, juif, bouddhiste, qu’importe. Vous pouvez vivre en ivrogne, en adultère, en pédophile, en incestueux, qu’importe. Vous pouvez être parricide, avorter autant que cela vous chante, qu’importe. Vous pouvez mentir, voler, convoiter la femme de votre prochain puis la renvoyer, qu’importe. Votre salut est assuré, le protestantisme affirme que la Foi seule sauve mais ici, plus besoin ni des œuvres ni de la Foi, vous avez eu le grand mérite de naître, il est peu important que vous blasphémiez Dieu à longueur de journée, sûrement, vous fera t-il un petit sermon le jour de votre jugement mais ne craignez point, Il vous tendra grand les bras après une quinzaine de minutes et vous aurez droit à la béatitude éternelle.

« Quelqu’un lui dit :  » Seigneur, n’y aura-t-il qu’un petit nombre de sauvés?  » Et il leur dit : « Luttez pour entrer par la porte étroite; car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas,  après que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte, et que, demeurés dehors, vous vous mettrez à frapper à la porte, disant :  » Seigneur, ouvrez-nous !  » Et il vous répondra :  » Je ne sais d’où vous êtes. »  Alors vous vous mettrez à dire :  » Nous avons mangé et bu devant vous, et vous avez enseigné sur nos places.  » Et il dira :  » Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes. Retirez-vous de moi, vous tous, artisans d’iniquité.  » Là seront les pleurs et le grincement de dents, lorsque vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et vous rejetés dehors. » (Saint Luc, 13, 23-28)

(1) Jean-Paul II, Redemptoris Missio (# 4), 7 décembre 1990 cité dans Les encycliques de Jean-Paul II , Huntington, in : Our Sunday Visitor Division des éditions, 1996, p. 497.
(2) Jean-Paul II, Audience générale, 27 décembre 1978 cité dans L’Osservatore Romano, janvier 1, 1979, p. 8.
(3) déclaration conciliaire Gaudium et Spes, § 22, reprise dans le C.E.C., n° 521
(4) Everything Starts From Prayer, Mother Teresa’s Meditations on Spiritual Life for People of all Faiths, Anthony Stern, 2009
(5) Extraits de lettres de mère Teresa cité dans le magazine Time, juillet 2010
(6) Les encycliques papales , par Claudia Carlen, Raleigh: Le Pierian Press, 1990, Vol. 5, 1958-1981, p. 255.
(7) Les encycliques de Jean-Paul II , p. 643.
(8) L ‘Osservatore Romano (le journal du Vatican), Juillet 1, 1985, p. 3
(9) Denzinger 795.

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