Contre les schismatiques orientaux faussement appelés « orthodoxes » – Le Filioque

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I. Ajout légitime du Filioque

Avait-on le droit d’ajouter le Filioque au Symbole de Nicée-Constantinople? C’est la question qui agita toutes les premières sessions du Concile de Florence, les schismatiques grecs ne voulant pas débattre de la légitimité du Filioque ont argué qu’on ne pouvait légitimement faire un ajout à un Symbole de Foi d’un Concile œcuménique, quand bien même l’ajout serait une vérité de foi en donnant pour preuve un décret du Concile d’Ephèse qui interdit d’ajouter quoique ce soit à la définition de Foi du Concile d’Éphèse.

Nous répondrons par un article du Dictionnaire de Théologie Catholique des Abbés Vacant et Mangenot (Vol. 5 part 2., p.572) :

Le décret du concile d’Éphèse. n’a pas défendu à l’autorité suprême de l’Église d’ajouter au symbole de Constantinople. — L’addition au symbole peut être faite ou par la suprême autorité de l’Église, ou par une personne privée. Le décret du concile d’Éphèse frappe d’interdit les personnes privées, évêques, clercs ou laïques, qui s’arrogeraient le droit de modifier le symbole par de nouvelles additions. Cette défense était très juste et très opportune, parce que, dans les Églises d’Orient, circulaient plusieurs symboles composés ou altérés par les hérétiques, et les fidèles leur donnaient souvent leur adhésion sans soupçonner le vice de leur origine. Mais il est évident que ce décret n’infirme pas le droit de la suprême autorité de l’Église, qui, dans un cas de juste nécessité, peut choisir une formule pour exprimer une vérité dogmatique et l’insérer dans ses professions de foi. Le symbole de Constantinople n’est pas une pièce écrite et rédigée par les apôtres. Il est le produit du travail spéculatif et théologique de l’Église, travail accompli avec l’assistance du Saint-Esprit. Il ne diffère donc pas, quant à sa valeur, des autres symboles, et si l’Église a le droit de développer par l’addition de nouvelles explications dogmatiques les autres symboles, elle garde aussi le même droit sur le symbole de Constantinople. L’inviolabilité matérielle, littéraire du symbole de Constantinople est donc un dogme inventé par la théologie orthodoxe.

La faiblesse de l’argumentation grecque est si évidente que le Prokopovitch (théologien grec) lui-même a été obligé de reconnaître d’une manière générale aux conciles œcuméniques le droit d’ajouter au symbole, ostendendo necessitatem et adjiciendo cautelam, quod hoc fiat non ad infringendam auctoritatem synodi ephesinæ, sed alium finem salutarem. Op. cit., p. 429. Donc, lorsque les Pères, par exemple, saint Cyrille d’Alexandrie, affirment qu’on n’a pas le droit d’ajouter même une syllabe au symbole de Nicée, Epist., xxxix, ad Johannem Antiochenum, P. G., t. lxxvii, col. 181, ils entendent parler des additions illicites faites par une personne privée. Saint Cyrille lui-même explique bien sa pensée, lorsqu’il écrit à Acace de Mélitène que, si les nestoriens corrompent le symbole de la foi, les conciles doivent répondre à leurs altérations par de nouvelles explications dogmatiques. « Celui qui agit ainsi, dit-il, n’ajoute rien de nouveau, n’est pas coupable d’introduire des nouveautés dans l’exposition de la foi. Il ne fait que rendre plus compréhensible, à ceux qui sont à même de la comprendre, la vraie doctrine du Christ. » Epist., xL, ad Acacium Melitinensem, P. G., t. Lxxvii, col. 190.

L’addition du Filioque au symbole ne contredit pas le décret du concile d’Éphèse. — La théologie orthodoxe objecte que l’insertion du Filioque au symbole est illicite, parce qu’elle a été faite par l’Église romaine, non pas par un concile œcuménique, et en second lieu, qu’elle a été faite d’une manière inopportune. Pour répondre à la première objection, il faut partir de ce fait que, depuis sa fondation, l’Église romaine a reçu des prérogatives qu’elle ne partage pas avec les autres Églises particulières et que les évêques de Rome exercent de droit divin un magistère infaillible dans l’Église universelle. Voir Infaillibilité du pape. Nous pouvons déduire que les définitions dogmatiques de l’Église romaine, par l’organe de son chef, et les définitions dogmatiques des conciles œcuméniques sont mises sur le pied d’égalité, et que. par conséquent, au magistère infaillible de ‘Église romaine appartient aussi le droit d’insérer au symbole de nouvelles explications dogmatiques. Or le Filioque n’est qu’une confirmation explicite d’une vérité déjà contenue d’une manière explicite dans une autre vérité déjà exprimée au symbole. « La procession du Saint-Esprit du Fils, dit saint Thomas d’Aquin, est contenue implicitement dans le symbole de Constantinople, en tant que celui-ci renferme la formule : Procedit a Patre.
En effet, ce qu’on affirme du Père, s’attribue nécessairement au Fils, parce que le Père et le Fils diffèrent uniquement en ce que le Père est Père et le Fils est Fils. Mais à cause des erreurs qui révoquaient en doute la vérité de la procession du Saint-Esprit du Fils, il a été opportun d’insérer au symbole cette même vérité. Le Filioque n’est donc pas une addition illégitime, mais l’interprétation explicite d’une vérité implicitement professée. De même, s’il y avait des hérétiques qui oseraient nier cette proposition : « Le Saint-Esprit est le créateur du ciel et de la terre » il faudrait déclarer explicitement dans le symbole cette vérité, qui n’y est pas affirmée d’une manière explicite. » De potentia, q. x, a. 4. Cf. Mansi, Concil., t. xxxi, col. 584-585.

L’Église romaine s’est donc bornée à exprimer dans le symbole une vérité préexistante, nous citons l’expression de Grégoire Mammas, op. cit., P. G., t. CLX, col. 125, et elle s’est décidée à cet acte, lorsque sa doctrine a été attaquée et bafouée par la théologie grecque. Elle n’a fait que remplir son rôle providentiel, qui consiste à mettre en plus vive lumière les vérités de la foi, lorsque les hérésies s’appliquent à les offusquer. Sancta Ecclesia, dit saint Grégoire le Grand, subtilius in sua semper eruditione instruitur, dum hæreticorum quæstionibus impugnatur. Epist., 1. VIII, epist. 14, P. L., t. LXXVII, col. 906. Cf. Palmieri, Il progresso dommatico, p. 49, 50.

A propos de la légitimité de l’addition du Filioque au symbole, nous pouvons donc conclure avec saint Bonaventure : « La profession de cet article de foi est venue par l’Église des latins et elle résulte d’une triple cause, savoir : vérité de la foi, nécessité du danger, autorité de l’Église. La foi dictait cet article; il était à craindre qu’on ne le niât, et les grecs étaient tombés dans cette erreur; l’Église avait l’autorité et, par conséquent, devait le définir sans retard. » In IV Sent., 1. I, dist. XI, a. 1, q. i. Opéra omnia, Paris, 1864, t. i, p. 303.

II. Le Filioque démontré par les Pères, Docteurs, Papes et Conciles de l’Église

Photius, le principal instigateur du schisme grec, se demandait dans sa Mystagogie du Saint-Esprit §5 (PG 102:284AB-285A) : « Qui de nos Pères sacrés et renommés dit que l’Esprit procède du Fils ? Y a t-il un seul Concile, reconnu comme œcuménique, qui l’a proclamé ? Quelles assemblées de prêtres et d’évêques, inspirés par Dieu, ont affirmés cette compréhension de l’Esprit Saint ? »

Puis, il se corrige lui-même, après s’être aperçu de son erreur : dans sa Lettre au Patriarche d’Aquilée : « Le grand Ambroise, ainsi qu’Augustin, Jérôme et certains autres ont écrit que le Saint Esprit procède également du Fils » ; Photius poursuit : « Si dix ou même vingt Pères ont dit cela, six cents ou encore une multitude ne l’ont pas dit. Quels sont ceux qui offensent les Pères ? Ne sont-ce point ceux qui, emprisonnant la foi intègre de ces quelques Pères dans certains mots et les plaçant en contradiction avec les conciles, les préfèrent à la foule innombrable (des autres Pères) ? Ou bien sont-ce ceux qui choisissent pour défenseurs tous les autres Pères ? Qui fait offense aux bienheureux Augustin, Jérôme et Ambroise ? Est-ce celui qui les force à rentrer en contradiction avec notre commun Maître et Précepteur, ou bien est-ce celui qui, ne faisant rien de semblable, désire que tous suivent le décret du Maître commun ? »

Voici le sophisme : si dix Pères se sont prononcés en faveur du Filioque mais que cent autres n’en ont pas parlé, cela voudrait dire qu’ils se sont prononcés contre le Filioque par leur silence. Malheureusement pour Photius, comme nous allons le voir, il y a bien plus que dix Pères de l’Eglise qui ont affirmé le Filioque et pas un seul ne l’a nié. C’est la foi constante de l’Eglise, et c’est la doctrine des Papes.

Nous allons voir les même raisonnements défectueux chez un autre champion de l’opposition à Rome : Marc d’Ephèse ; il fût le seul évêque oriental à ne pas abdiquer ses erreurs lors du Concile de Florence, il dira lors de ce même Concile : « En dehors du Filioque dont je n’admettrai jamais l’orthodoxie, toutes les questions qui nous divisent peuvent être résolues en une heure. » (Joseph.Methonens., Synaxarium concil. Florent. ; Patr. graec, tom. CLIX, col.1108, B.)

Marc, lors des premières sessions du Concile réuni dans un premier temps à Bâle, voyant ses coreligionnaires embrasser la vraie foi (citons Bessarion, archevêque de Nicée, et l’archevêque de Colosse, entre autres), et une fois tous ses sophismes épuisés s’exclamera : « Retirons-nous ! Retirons-nous ! » et essayera avec quelques uns de fuir, il fallut l’intervention de l’empereur pour les retenir à Ferrare. Il tentera par tous les moyens de mettre un terme au Concile, il n’assista aux sessions conciliaires que très rarement et à contre-coeur. (Ab. Darras, Hist. gén. de l’Eglise, Tome 31, p.355)

Le décret de translation fut lu en séance solennelle le 4  des ides de janvier 1439. Le 16 du même mois, après avoir assuré aux Grecs le nécessaire pour se transporter honorablement à Florence, et de plus envoyé dix-neuf mille florins à Constantinople, Eugène IV et la Cour pontificale sortirent de Ferrare en grande pompe. Le 13 février il était rejoint à Florence par le patriarche Joseph, et le 17 par l’empereur Jean Paléologue. Les discussions théologiques recommencèrent, et l’on conclut enfin, même de l’avis des docteurs grecs, que le Saint-Esprit procède aussi du Fils, et par conséquent que les deux mots Filioque ont été introduits à bon droit dans le Symbole, non comme simple addition, mais comme une explication indispensable. Sur cela, le 3 juin, tous les Grecs se réunirent dans la demeure du patriarche. Celui-ci, encore retenu dans son lit par la maladie, fit signifier à l’empereur qu’il désirait la concorde et qu’il voulait s’unir à l’Église Romaine. On prit individuellement l’avis de chacun, et tous, à l’exception de Marc d’Éphèse, à l’unanimité et d’une seule voix proclamèrent que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Alors les Grecs furent appelés à l’assemblée, et l’on convint de la formule qui réalisait l’union des deux Églises sur ce dogme capital. L’adhésion des orientaux à la foi romaine sur un point de cette importance fut une cause de joie universelle : cette immense difficulté résolue, toutes les autres semblaient près de l’être. Le patriarche Joseph fit demander instamment la célébration d’une séance, où l’union intime des deux Églises recevrait sa sanction dans un décret solennel. La chose fut remise, afin que les Grecs fissent auparavant profession de la foi orthodoxe sur d’autres articles controversés. On en était là, lorsque, le 10 juin après le coucher du soleil, le patriarche entrait en agonie. Il mourut la même nuit. Mais sentant sa fin prochaine, il avait écrit de sa main une déclaration où il proclamait sa ferme croyance au Saint-Esprit comme procédant du Père et du Fils et ses sentiments d’humble soumission à sa sainte mère l’Église. Après avoir rendu au patriarche les honneurs funèbres dus à son rang et à ses vertus, le concile continua ses travaux pour la consommation de l’union des deux Églises. Le 6 juillet enfin eut lieu la séance solennelle, dans laquelle fut lu, en latin, par le cardinal de Sainte-Sabine, en grec, par l’archevêque de Nicée, le décret qui proclamait la fin du schisme d’Orient et la réunion définitive de l’Église de Constantinople à l’Église de Rome. (Ab. Darras, Hist. gén. de l’Eglise, Tome 31, pp.356-357)

Les schismatiques orientaux ont pour habitude de dire que les Pères de l’Eglise qui affirment le Filioque parlent uniquement des missions temporelles du Saint-Esprit et non des relations intertrinitaires, nous verrons bien que les Pères de l’Eglise ayant à lutter contre les erreurs sur le dogme de la Sainte Trinité ne peuvent parler des simples missions temporelles du Saint-Esprit, encore moins quand il s’agit de Profession de Foi faisant écho au Symbole de Nicée-Constantinople.

Voyons maintenant l’unanimité des Pères et Docteurs de l’Eglise, des Conciles œcuméniques et régionaux, des Papes et des théologiens sur le dogme du Filioque :

IIIè siècle

Tertullien, Père de l’Eglise latine

« J’en dis autant du troisième degré, parce que l’Esprit ne procède pas d’ailleurs que du Père par le Fils. » (Contre Praxéas 4:1)
« Car le troisième est l’Esprit qui procède de Dieu et du Fils. » (Contre Praxéas 8:1)

Tertullien s’adresse à Praxéas qui était un monarchien, ce dernier niait le dogme de la Sainte Trinité et disait que les Trois Personnes divines sont uniquement trois modes ou aspect de Dieu mais en aucun cas Trois Personnes égales et distinctes. Comment, à partir de là, croire que Tertullien puisse parler de la grâce qui nous est donnée par le Saint-Esprit dans ce texte plutôt que de l’essence du Saint-Esprit et des relations inter-trinitaires?

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Origène, Père de l’Eglise grecque
« Nous croyons, cependant, qu’il y a trois personnes: le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; et nous croyons qu’aucun est inengendré excepté le Père. Nous admettons, comme plus pieux et vrai, que toutes choses ont été produites par la Parole, et que le Saint-Esprit est le plus excellent et le premier dans l’ordre de tout ce qui a été produit du Père par le Christ » (Commentaires sur Jean 2 : 6)
Origène commence par parler des trois personnes de la Sainte Trinité puis il explicite les relations entre chaque hypostase. Il est encore une fois difficile de voir la moindre trace, ici encore, d’une mission temporelle du Saint-Esprit.
Saint Grégoire le Thaumaturge, Père de l’Eglise grecque
« Il y a un Saint-Esprit, ayant la substance de Dieu, et qui se manifeste par le Fils ; image du Fils , perfection de la perfection ; la vie, la source de la vie ; fontaine sainte ; la sainteté , le distributeur de la sanctification ; en qui se manifeste Dieu le Père qui est au-dessus de tout et en tout, et en Dieu le Fils qui est dans tout. Trinité parfaite , dans la gloire de l’éternité et de la souveraineté ni divisé , ni aliéné » (Confession de la Foi cité dans Tom. X de la patrologie grecque de Migne, oeuvres de St Grégoire le thaumaturge)
IVème siècle
Saint Ephrem le Syrien, Père et Docteur de l’Eglise grecque
« Le Père est Celui qui engendre, le Fils est engendré du sein du Père, l’Esprit Saint est Celui qui procède du Père et du Fils » (Hymnus de Defunctis et Trinitate, strophe 11)
Marius Victorinus, Père de l’Eglise latine
« Par conséquent, l’ Esprit est dit recevoir du Christ, et le Christ Lui-même du Père » (Contre Arius , I: 12)
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Apollinaire de Laodicée, évêque de Laodicée
«  Nous  confessons  que  le  Fils  et  le  Saint-Esprit  sont  consubstantiels au  Père  et  qu’il  y  a une  seule  essence  de  la  Trinité, c’est-à-dire une  seule divinité sous  le  rapport de la nature  :  le  Père n’est pas engendré ;  le  Fils est engendré du Père  par  une véritable génération,  non par création libre; et le  Saint-Esprit, sanctificateur de toute  la création,  est  produit éternellement de l’essence  du  Père par  le Fils. » (P.G., t.X,  col. 1117 C.)
La citation originale en grec :
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Nous posterons ici la brillante analyse de ce texte qui a été faite par le P. Jugie dans Les Echos d’Orient : « Ce passage est remarquable à plus d’un titre. Tout d’abord, il se rapporte, sans aucun doute possible, à la procession éternelle du Père par le Fils. Un  disciple de Photius n’arrivera  pas, malgré ses efforts, à lui faire signifier la simple mission temporelle du Saint-Esprit, car il y a l’adverbe άϊδίως
Second point  non moins capital que le premier pour ce  qui regarde  la  controverse photienne : Apollinaire n’affirme pas simplement que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils,  mais qu’il  est produit  de l’essence du Père par le Fils. Le concile de Nicée avait dit du Fils : Engendré du Père, c’est-à-dire de l’essence du Père. L’évêque de Laodicée emploie une expression semblable pour indiquer la procession du Saint-Esprit du Père par  le  Fils.  Cette expression  s’oppose directement  à l’un des principaux sophismes dont a  usé  Photius  pour établir  sa thèse  que le Saint-Esprit  procède  du  Père seul.  Il pose en principe que le Saint-Esprit procède non  de  l’essence du  Père,  mais de  son  hypostase, de  sa personne, sous  prétexte  que  l’essence  divine  est  commune  aux  trois  personnes.  Il rend  ainsi impossible toute participation du Fils à la production de la troisième personne. Mais c’est un pur sophisme : Le Saint-Esprit procède à la fois et de l’essence  et de l’hypostase du Père,  mais  à  un  point  de vue différent : de l’essence du Père comme du principe de l’opération (du principium quo, comme disent les scolastiques) ; de l’hypostase du Père comme du sujet de l’opération (du principium quod). Il procède également du Fils sous ce  double rapport, et sous ce double rapport le  Fils ne se distingue pas réellement du Père et  ne fait avec lui qu’un seul principe de l’opération,  qui est l’essence  divine  en tant qu’elle  est possédée à la fois par le Père et le Fils — mais le Père la possède par lui-même, le Fils la reçoit du  Père par la génération — et un seul sujet de l’opération, car le sujet de l’opération dont le terme est le Saint-Esprit n’est ni le Père comme  tel ni le Fils comme tel, mais le Spirateur. Or, le Spirateur  est unique, car unique est la vertu, le pouvoir immanent par lequel est produit le Saint-Esprit. Le Père et le Fils ne se distinguent réellement l’un de l’autre qu’en tant que l’un est engendrant, et l’autre engendré. Tout le reste leur est commun, et donc la vertu par laquelle la troisième personne est produite et constituée réellement  distincte du  Père  et  du Fils fusionnés en un seul sujet opérant, qui reçoit le nom de Spirateur. Mais dans  cet  unique Spirateur, l’œil du croyant continue à voir à la fois le Père et le Fils, et aperçoit une différence dans cette unité de sujet opérant; car le Père y est comme possédant en propre la  vertu  spirative, et le Fils y est comme recevant du Père cette même vertu. Les théologiens expriment cela  brièvement : Sunt duo spirantes, sed unus Spirator. Apollinaire dit la même chose par sa formule : Le  Saint-Esprit est produit de l’essence du Père — donc à la fois et de l’essence et de l’hypostase du Père — par le Fils, qui a reçu l’essence du Père, et donc aussi la vertu qui est dans cette essence, la vertu de produire le Saint-Esprit. Le Fils n’est donc pas étranger à la production du Saint-Esprit Saint-Esprit. Apollinaire, comme les autres Pères grecs condamne  Photius. Le terme par lequel l’évêque de Laodicée indique la procession de l’Esprit est fort expressif : c’est une sortie, une émission, une poussée, une floraison éternelle, εxπεμψις  άΐδως, mot qui marque bien une opération immanente, spontanée et nécessaire  de  la nature  divine. Comme  l’ont dit plusieurs Pères grecs, si le Père est la racine, et le Fils la tige, le Saint-Esprit est la fleur.  » (Quelques témoignages grecs nouveaux ou peu connus sur la doctrine catholique de la procession du Saint-Esprit.dans Échos d’Orient, tome 35, N°183, 1936. pp. 257-273.)
Saint Hilaire de Poitiers, Père et Docteur de l’Eglise latine
« En ce qui concerne le Saint-Esprit je ne dois pas être silencieux , et pourtant je n’ai pas besoin d’en parler, cependant, pour le bien de ceux qui sont dans l’ignorance, je ne peux pas m’abstenir. Il n’y a pas besoin d’en parler, parce que nous sommes obligés d’avouer qu’Il [Le Saint-Esprit] procède, comme Il le fait, du Père et du Fils » (De Trinitate 2, 29 cité dans PL 10:69A)
« Faites, ô Seigneur que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé dans le symbole de ma régénération, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit Saint. Faites que je vous adore, Notre Père, et en même temps que Vous, que j’adore Votre Fils; faites que je mérite Votre Esprit Saint, qui procède de Vous à travers Votre Fils unique. Amen. » (De Trinitate 12, 57)
« Certains d’entre eux estimant que l’Esprit Paraclet vient du Père ou du Fils. Notre Seigneur ne nous a pas laissé dans l’incertitude sur ce point, car après ces mêmes mots, Il parla ainsi : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les porter à présent. Quand le Consolateur, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous guidera dans toute la vérité. Car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Celui-ci me glorifiera, parce qu’il recevra de ce qui est à moi, et il vous l’annoncera. Tout ce que le Père a est à moi. C’est pourquoi j’ai dit qu’il recevra ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera. »(Jean 16: 12-15) Par conséquent, il reçoit du Fils, qui est à la fois envoyé par Lui, et procède du Père. Maintenant je demande si recevoir du Fils est la même chose que de procéder du Père. Mais si l’on croit qu’il y a une différence entre recevoir du Fils et qui procède du Père, il est certain que recevoir du Fils et de recevoir du Père sera considéré comme une seule et même chose » (De Trinitate 8,20)
« Il n’y a nulle dualité dans le Saint-Esprit, parce que le Père et le Fils dont il procède sont un même principe. » (Hilar. Fragment. Spicileg. Roman. 1841, p. 35.)
Ainsi donc, Saint Hilaire de Poitiers en plus d’affirmer le Filioque prouve toute son orthodoxie sur le dogme de la Sainte Trinité en affirmant que le Saint Esprit qui procède du Père et du Fils sont un seul et même principe et non deux principes. Nous mettons ci-dessous une très brève mais très pertinente réflexion de l’Abbé Darras sur le sujet dans son Histoire générale de l’Eglise (Tom.19, p. 161) :
Concile œcuménique de Nicée en 325
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Gélase de Cyzique affirme dans son Histoire du Concile de Nicée 2:22 [P.G 85:1296C] que l’évêque Saint Léonce de Césarée a déclaré devant toute l’assemblée des Pères conciliaires que :
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« L’Esprit procède du Père, et est approprié au Fils et jaillit de Lui. » (Mansi II : 868CD)
Saint Athanase le Grand d’Alexandrie, Père et Docteur de l’Eglise grecque
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« Que le Père et le Fils ont la même divinité, qui par nature anime un seul Esprit saint. » (Lettre à Sérapion)
« Le Christ a dit de son Esprit : Il ne parle pas de lui-même, mais il dit tout ce qu’il apprend, c’est-à-dire en ce sens qu’il est un Esprit sans principe d’existence, ce qui n’appartient qu’au Père mais surtout et particulièrement il vient du Fils, duquel il possède ce qui le fait Dieu essentiellement avec lui, et duquel il apprend ce qu’il dit. » (Lettre à Sérapion)
« Notre sainte mère l’Eglise, ici réunie, condamne les auteurs de cette hérésie, c’est-à-dire les Ariens, et affirme que le Saint Esprit est incréé, vrai Dieu, personne procédant des personnes du Père et du Fils, coessentiel à ces mêmes personnes. » (Sermon du Concile de Nicée)
« Le Père n’a été fait par personne, ni créé, ni engendré. Le Fils est du Père seul, il n’a été fait, ni créé, mais engendré. L’Esprit Saint est du Père et du Fils, il n’a été fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. » (Symbole de Saint Athanase)
Saint Grégoire de Nazianze, Père et Docteur de l’Église grecque
« Si jamais il y avait un moment où le Père n’était pas, alors il y avait un temps où le Fils n’était pas. Si jamais il y avait un temps où le Fils n’était pas , alors il fut un temps où l’Esprit n’était pas » (5ème Oratio,31)
Didyme l’Aveugle, Père de l’Eglise grecque
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« Notre Seigneur enseigne que l’être de l’Esprit est dérivé non pas de l’ Esprit lui-même, mais du Père et du Fils ; Il vient par le Fils, procédant de la Vérité ; Il n’a pas de subsistance, mais ce qui lui est donné l’est par le Fils » (Le Saint Esprit, 37)
« Le Sauveur donne à l’Esprit saint le nom de consolateur, nom significatif de ce qu’il produit dans les âmes, parce que, non-seulement il affranchit de toute espèce de trouble ceux qu’il en trouve dignes, mais il les remplit encore d’une joie ineffable; car les coeurs où l’Esprit saint fixe son séjour, jouissent d’une joie éternelle. Cet Esprit consolateur est envoyé par le Fils, non comme Dieu envoyait les anges, les prophètes ou les Apôtres, mais comme il convenait à la sagesse et à la vérité d’envoyer l’Esprit de Dieu qui a une nature indivisible avec cette même sagesse et cette même vérité. En effet, le Fils qui est envoyé par le Père, n’en est pour cela ni séparé, ni divisé, il demeure dans son Père, et son Père demeure en lui. Ainsi l’Esprit saint envoyé par le Fils, sort du Père, sans aller d’un lieu dans un autre; car de même que le Père ne peut être contenu dans un espace limité, puisque son infinité s’étend au-delà de tous les espaces matériels, ainsi l’Esprit de vérité ne peut être circonscrit par aucune limite, parce qu’il est incorporel et qu’il est au-dessus de toutes les créatures raisonnables. » (Commentaire sur St Jean 15,26)
Saint Basile de Césarée, Père et Docteur de l’Eglise grecque
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« Le Fils n’est pas l’Esprit du Fils, parce qu’il vient de Dieu, c’est-à-dire, du Père par le Fils. » (Traité du Saint Esprit)
« Si de ta parole et de ton propre intellect tu produis une pensée, ô persécuteur de la vérité, une pensée qui frappe d’une parole de bronze, qui n’est pas de la même essence, comment peux-tu douter que le Père produise le Saint Esprit, par son Fils unique le Verbe » (Traité contre Eunomius)
Saint Basile va jusqu’à traiter de persécuteur de la vérité celui qui nierait que le Saint-Esprit procède également du Fils. Remarquez qu’il parle de l’essence des Personnes divines, il est donc inconcevable que Saint Basile traite des missions temporelles du Saint-Esprit.
« Le Fils se nomme lui-même le Verbe du Père, et affirme d’une manière incontestable que le Saint Esprit venant de lui Verbe de Dieu, nous est donné par le Père. » (Traité contre Eunomius)
« Comment le Saint Esprit est-il greffé sur le Fils, s’il diffère du Père et du Fils? Comment peut-il, étranger qu’il est, habiter dans ceux que Jésus-Christ a rachetés, si vous le faites venir d’un autre que du Fils ? » (Contre Arius et Sabellius)
Saint Epiphane, Père et Docteur de l’Eglise grecque
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« Dieu, Saint Esprit vient de Dieu Père et Fils. » (Traité de la Trinité)
« Comme le Christ dit : L’Esprit de vérité qui procède du Père, recevra aussi de moi. Donc le Saint Esprit procède éternellement des deux personnes divines. » (Commentaire sur les vêtements de peau d’Adam et d’Eve)
« Comme le Père a été toujours, le Fils a toujours été, le Saint Esprit a toujours procédé du Père et du Fils. Donc, il est éternel aussi bien qu’eux. » (Sermon sur l’Incarnation du Verbe)
Le grec le plus zélé ne pourra jamais entrevoir dans cette citation la moindre mission temporelle, Saint Epiphane parle bien des hypostases.
« Le Saint Esprit est une hypostase véritable, qui ne diffère en rien de l’essence du Père et du Fils, qui ne leur est étrangère en aucune façon, et tirant sa nature de leur propre essence; mais une personne distincte en soi et procédant des personnes du Père et du Fils. » (Traité intitulé l’Ancre)
Cette dernière citation est encore plus frappante que la précédente. L’orthodoxie de Saint Epiphane sur le dogme de la Sainte Trinité est incontestable
Saint Ambroise, Père et Docteur de l’Eglise latine
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« Le Saint-Esprit, quand il procède du Père et du Fils ne se sépare pas du Père, ne se sépare pas du Fils. » (De Spiritu Sancto, I, 2, 120, PL16:733A)
Saint Damase Ier, Pape, Profession de Foi au Concile de Saragosse en 380
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« Credimus… Spiritum Sanctum de Patre et Filio procedentem. » ; « Nous croyons au Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils. » (Fides Damasi, sources : Hahn, Bibliothek der Symbole, 4e édit., Breslau, 1897, p. 276; K. Kunstle, Anti-priscilliana, Fribourg-en-Brisgau, 1905, p. 47-49.)
Saint Grégoire de Nysse, Père et Docteur de l’Eglise grecque
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« Nous croyons que le Saint Esprit vient du Père, par l’intermédiaire du Fils » (Clavis Patrum Græcorum 3135-3226)

« L’Esprit à la fois est dit du Père, et est en outre déclaré être du Fils. Car, dit-il, «si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas » (Rm 8, 9). Par conséquent, l’Esprit qui vient de Dieu, est aussi l’Esprit du Christ. » (Sermon 3 sur la Prière du Seigneur)

Saint Jean Chrysostome, Père et Docteur de l’Eglise grecque
« le Saint-Esprit, procédant du Père et du Fils, distribue ses dons à chacun comme Il lui plait » Hic est Spiritus procedens de Patre et Filio, qui dividit propria dona singulis prout vult (1ère Homélie sur le Symbole des Apôtres cité dans Théologie dogmatique, une exploitation des preuves et des dogmes de la religion catholique, Cardinal Gousset)
« Si l’Esprit est le sceau et la marque du Christ, celui qui ne possède pas ce sceau et cette marque du Christ, celui-là n’est pas non plus du Christ. » (Commentaire de l’Epître aux Romains)
Saint Thomas d’Aquin commente ainsi cette citation de Saint Jean Chrysostome : « Or, il est clair que le caractère et le sceau appartiennent à celui qu’ils désignent. Donc il est prouvé par les saints Pères que nous avons cités, que le Saint Esprit vient du Fils. Et leur assertion est encore appuyée de l’autorité des saints Livres. Saint Paul dit, en effet, dans sa deuxième aux Corinthiens, 1.21 : « Dieu nous a oints et nous a marqués, et a donné à nos cœurs le sceau de l’Esprit saint. » Il faut entendre ceci du Père et du Fils, puisque l’un et l’autre donnent le Saint Esprit, comme nous l’avons prouvé; et comme le dit saint Paul aux Ephésiens, 1.13 : « Après avoir cru en lui, » c’est-à-dire en Jésus-Christ, « vous avez été marqués du sceau de l’Esprit saint qui avait été promis, qui est le gage de notre héritage. » (Opuscule contre les erreurs des grecs, II. part, Ch. VII)
Saint Jérôme, Père et Docteur de l’Eglise latine
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« L’Esprit qui procède du Père et du Fils » (cité par Saint Pierre Damien, lettre 91, PL145.639C-D)
Saint Phébade, évêque d’Agen
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« le Saint-Esprit est l’Esprit du Père et du Fils. » (Profession de Foi cité dans Hahn, Bibliothek der Symbole, 4e édit., Breslau, 1897, p. 259; K. Kunstle, Anti-priscilliana, Fribourg-en-Brisgau, p. 55)
Saint Victrice, évêque de Rouen
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« Spiritus Sanctus de Patre et Filio. » ; « Le Saint-Esprit qui est du Père et du Fils. » (Profession de Foi cité dans Hahn, Bibliothek der Symbole, 4e édit., Breslau, 1897, p. 628)
Vème siècle
Saint Augustin, Père et Docteur de l’Eglise latine
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« Ce souffle extérieur ne fut point la substance de l’Esprit saint, mais une figure propre à nous faire comprendre que l’Esprit saint procédait non-seulement du Père, mais aussi du Fils. Car, qui serait assez dénué de raison pour prétendre que l’Esprit saint que Jésus donna à ses disciples en soufflant sur eux est différent de celui qu’il leur a envoyé après sa résurrection? » (Commentaire sur St Jean 20 : 22)
« Si donc l’Esprit-Saint qui est donné, a pour principe celui qui le donne, parce qu’il ne procède que de lui, il faut avouer qu’à l’égard de ce divin Esprit le Père et le Fils sont un seul et unique principe, et non deux principes. Et en effet, comme le Père et le Fils ne sont qu’un seul et même Dieu, ils ne sont également, par rapport aux créatures, qu’un seul et même Seigneur, un seul et même Créateur. Et de même à l’égard de l’Esprit-Saint, ils ne sont qu’un seul et unique principe. S’agit-il au contraire d’exprimer les rapports de la Trinité avec la création? Le Père, le Fils et l’Esprit-Saint sont un seul principe, un seul Créateur et un seul Seigneur. » (Traité de la Trinité, 5, 14 : 15)
« Et cependant ce n’est pas sans raison que, dans cette souveraine Trinité, le nom de Verbe de Dieu n’est donné qu’au Fils, le nom de don de Dieu n’est donné qu’au Saint-Esprit et celui de Dieu le Père au principe dont le Verbe est engendré et dont procède en premier lieu le Saint-Esprit. J’ai dit : en premier lieu, parce qu’on découvre que le Saint-Esprit procède aussi du Fils. Mais le Père a donné cela au Fils, non en ce sens que le Fils existât avant de l’avoir; mais tout ce que le Père a donné à son Verbe Fils unique, il le lui a donné en l’engendrant. Il l’a donc engendré de manière à ce que le Don commun procédât aussi de lui, et que l’Esprit-Saint fût l’Esprit des deux. » (Traité de la Trinité, 15, 17 : 29)
« que celui-là comprenne aussi que, comme il est dans la nature du Père que le Saint-Esprit procède de lui, de même il a donné à son Fils que le même Saint-Esprit procède aussi de lui, double procession également éternelle; et que, quand on dit que le Saint-Esprit procède du Père, on l’entend en ce sens que le Père a aussi donné au Fils que le Saint-Esprit procède du Fils. En effet, si le Fils tient du Père tout ce qu’il a, il en tient aussi que le Saint-Esprit procède de lui. Mais, qu’on exclue ici toute idée du temps, qui renferme celle d’antériorité et de postériorité; car il n’y en a pas l’ombre. » (Traité de la Trinité, 15, 26 : 47)
Saint Cyrille d’Alexandrie, Père et Docteur de l’Eglise grecque
« L’Esprit procède du Père et du Fils ; il est évident qu’il est de la substance divine, procédant substantiellement en elle et d’elle. » (Thesaurus P.G. 75, 585 A)
« Quoique le Saint-Esprit subsiste en sa propre personne, si on le considère en lui-même et en tant qu’il est le Saint-Esprit et non le Fils, il n’est cependant point étranger au Fils, puisqu’il est appelé l’Esprit de vérité, et que Jésus-Christ est la vérité : par conséquent il procède du Fils comme il procède de Dieu le Père. » Et si Spiritus in propria persona subsistat, eatenusque in seipso consideretur, quatenus Spiritus est et non Filius, non est tamen ab eo alienus : quandoquidem Spiritus veritatis nominatur, Christus autem veritas est ; et proinde quoque ab illo atque a Deo Patre procedit (Lettre à Nestorius cité dans Labbe. Tom. III, col. 405.)
Cette lettre de Saint Cyrille d’Alexandrie à Nestorius a été approuvée par cinq Conciles œcuméniques, à savoir, le deuxième (553), le troisième (680-681) et le quatrième de Constantinople (869), celui de Chalcédoine (451) et celui d’Ephèse de l’an 431. Cela n’aurait jamais été le cas si elle n’était pas d’une parfaite orthodoxie. Les disciples de Photius ne pourraient pas invoquer ici une simple mission temporelle du Saint-Esprit étant donné que Saint Cyrille use de termes qui ne peuvent prêter à l’équivoque : « Et si Spiritus in propria persona subsistat », Le Saint-Esprit subsiste en sa propre personne, nous parlons donc bien de l’hypostase et non d’une quelconque mission temporelle.
Pape Saint Léon le Grand, Père et Docteur de l’Eglise latine
« ils [les priscillianistes] affirment que le Père, le Fils et le saint Esprit sont une seule et même personne et que ce Dieu unique est tantôt appelé Père, tantôt Fils, tantôt saint Esprit; Celui qui créa, Celui qui fut créé et Celui qui procède de l’Un et de l’Autre ne font qu’un; c’est une unité en trois mots, mais non pas en trois personnes. Ils ont tiré ce blasphème des sabelliens, et ils prétendent ainsi que le Père a souffert la passion. Car, si le Fils est le même que le Père, le Père a été crucifié comme le Fils; et toutes les souffrances que le Fils a éprouvées sous sa forme d’esclave, en obéissant au Père, le Père Lui-même les a partagées. Cette doctrine est entièrement opposée à la foi catholique qui explique ainsi l’unité de la Trinité: le Père, le Fils et le saint Esprit, unis sans se confondre, sont coéternels et égaux: ce n’est pas une seule et même personne, mais une même nature qui forme l’unité de la Trinité. » (Lettre dogmatique à Turibius, Evêque d’Astorga)
Notons à ce sujet que tout comme Léon III, Saint Léon Ier le Grand acceptait le Filioque comme un dogme de foi mais se sont opposés à leur insertion dans le Credo. Léon III s’y opposait notamment pour contrer l’action de Charlemagne, en définitive, l’argument des schismatiques grecs se retourne contre eux. C’est la Sainte Eglise romaine qui s’est opposé à l’ingérence de Charlemagne et non l’inverse.
Saint Faust de Riez, évêque de Riez
« Pourquoi demander comment se fait l’union et l’égalité entre le Roi et Celui dont il est avéré qu’il est de nature royale et honoré comme tel. Il est superflu de se mettre en quête du nom quand il n’y a aucun doute de sa Grandeur. Ainsi donc l’Esprit Saint procède du Père et du Fils, selon ces paroles : Qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas (Ro 8, 9). Et celles-ci : Il souffla sur eux et leur dit : « recevez l’Esprit Saint (Jn 20, 22). » (Sur l’Esprit Saint, Liv. 1 Ch. IX)
« Nous disons que l’Esprit est envoyé par le Père et par le Fils et qu’il procède de la même substance et que leur action est commune et c’est pourquoi le Fils dit de Lui : Le Paraclet … qui procède du Père (Jn 15, 26). » (Sur l’Esprit Saint, Liv.1 Ch. XIII)
Saint Eucher de Lyon, évêque de Lyon
Image illustrative de l'article Eucher de Lyon
« Le Saint-Esprit n’est ni engendré ni non-engendré, mais plutôt celui qui procède du Père et du Fils, comme une harmonie, on peut dire des deux. » (Spic. Rom., 5:93)
 Gennadius de Marseille, prêtre et historien
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« Nous croyons qu’il y a un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ; Père, en ce qu’il a un fils ; Fils, qu’il a un père ; Saint-Esprit, en ce qu’il procède du Père et du Fils. » (cité dans The Filioque : History of a Doctrinal Controversy, Edward Siecienski, p.66)
Julien Pomère, prêtre et théologien
« Les fidèles confiés à notre responsabilité doivent être enseignés concernant le Saint- Esprit qu’il procède du Père et du Fils, et donc ne peut pas dire être soit engendré ou non-engendré. » (La vie contemplative, PL 59,432)
VIè siècle
 Saint Fulgence de Ruspe, Père de l’Eglise
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« Tenir la plus grande fermeté et ne jamais douter que le même Saint Esprit, qui est l’Esprit du Père et du Fils, procède du Père et du Fils, car le Fils a dit : « Quand l’Esprit de Vérité vient, lui qui procède du Père » , Il a enseigné que l’Esprit est le sien, car Il est la Vérité » (La Règle de la Foi, 54)
IIè Concile oecuménique de Constantinople en 553
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« Nous déclarons de plus que nous nous en tenons fermement aux décrets du quatrième Concile, et qu’en toute chose nous suivons les saints Pères, Athanase, Hilaire, Basile, Grégoire le théologien, Grégoire de Nysse, Ambroise, Théolophile, Jean (Chrysostome) de Constantinople, Cyrille, Augustin, Proclus, Léon et leurs écrits sur la vraie foi. » (Session 1)
Léonce de Byzance, théologien byzantin
« Lorsque le Fils est appelé l’image du Père, la pensée se porte à la fois et sur sa nature et sur sa propriété, qui est de provenir  du  principe. La notion d’image, en effet, emporte  avec elle, outre l’idée commune de ressemblance, celle de n’être pas, prototype, mais de tirer son origine de l’exemplaire, et c’est là sa nature propre. » (P. G., t. LXXXVI a, col.  1768  CD.)
Le texte original en grec (1) :
Un premier texte a trait à la définition de l’image, notion qui joue un rôle important dans la dogmatique trinitaire grecque souligne le P. Jugie (dans Échos d’Orient, tome 35, N°183, 1936. pp. 257-273.). Il poursuit l’analyse de ce texte de Léonce de Byzance : Nous n’avons  ici rien qui touche directement la procession du Saint-Esprit. Pourtant cette définition de l’image est d’une  importance capitale pour interpréter la pensée des Pères grec sur cette question. Ces Pères, en effet, à partir de saint Grégoire le Thaumaturge, ont l’habitude de dire que le Saint-Esprit est l’image du Fils, tout comme le Fils est l’image du Père. Si être l’image du Père signifie : tirer son origine du Père, être l’image du  Fils signifiera donc tirer son origine du Fils, procéder de lui. Nous n’avons  trouvé  dans aucun autre Père grec une définition aussi nette de l’image.Ce  que ce premier passage ne dit qu’indirectement et implicitement, le second, que nous allons citer, l’affirme expressément : Le Fils est bien principe du Saint-Esprit, mais non principe premier, n’ayant pas par lui-même la faculté de produire le Saint-Esprit et tenant cette faculté du Père. S’adressant aux hérétiques, Léonce leur dit :
« Remarquez  que,  même avant l’Incarnation, la personne du Verbe avait une composition de propriétés, bien que ces  propriétés fussent en plus petit nombre. En effet, la propriété du Fils n’est pas seulement  d’avoir  sa  subsistance  par  génération  (d’être engendré),  mais aussi  de ne  pas  engendrer un  Verbe  consubstantiel, et de ne pas produire par procession (de ne pas spirer) de lui-même comme principe premier (originellement) l’Esprit; et de ne pas procéder à la manière du Saint-Esprit; ajoutez à cela les autres qualités qui lui reviennent en propre. » (Adversus Nestorianos,  I,  24.  P. G., t. LXXXVI  a, col. 1585 C.)
Voici la suite de l’analyse du texte par le P. Jugie (2) :
Paschasius, diacre de Rome et théologien
« L’Esprit est dit être envoyé par le Père et le Fils, et de procéder à partir de leur substance […] Si vous demandez à ce que la distinction doit être établie entre l’engendrement et la procession, il est clair qu’il y a une différence, que le Fils est engendré d’Un, mais l’Esprit procède des Deux. » (Le Saint-Esprit, 1:12)
Cassiodore, théologien latin
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« Le Père est incréé, le Fils engendré, et le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. » (Expositio Psalmorum,Praef. 17)
Saint Avit de Vienne, évêque de Vienne
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« Nous affirmons pour notre part que l’Esprit Saint procède du Père et du Fils … C’est la propriété de l’Esprit Saint de procéder du Père et du Fils. » (Contre le Roi Gondebeaud)
Pape Saint Hormisdas
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« Grand et incompréhensible est le mystère de la Trinité. Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, une Trinité indivise, et pourtant il est connu parce qu’il est caractéristique du Père d’engendrer le Fils, caractéristique du Fils de Dieu d’être engendré du Père égal au Père, caractéristique de l’Esprit de procéder du Père et du Fils dans une seule substance de la divinité. » (Profession de Foi, PL 63:514B)
Saint Anastase Ier d’Antioche, Père de l’Eglise grecque

Le Seigneur, montrant que le Saint-Esprit subsiste par lui, souffla sur ses disciples en disant : Recevez le Saint-Esprit. Ce même Esprit, eux le communiquaient aux croyants en leur imposant les mains. (De nostris rectis dogmatibus vertitatis cité par Jean Veccos P. G., t. CXLI, col. 621 c.)

Le Père Jugie (dans Échos d’Orient, tome 35, N°183, 1936. pp. 257-273.) nous montre dans sa brève étude sur Saint Anastase Ier d’Antioche comment un disciple de Photius, à savoir Grégoire de Chypre (mort en 1290) est très embarrassé par les écrits du Saint Patriarche Anastase à propos du Filioque. Voici l’étude dans son intégralité :
Saint Grégoire de Tours, évêque de Tours et historien
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« Je crois que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, qu’il ne leur est pas inférieur, qu’il existait en même temps. Je crois qu’il est Dieu égal au Père et au Fils, étant d’une même nature, d’une omnipotence égale, d’une essence coéternelle , de telle sorte qu’il n’a jamais été sans le Père et le Fils, et qu’il n’est inférieur ni à l’un ni à l’autre. » (Profession de foi, Saint Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs, Liv. I, col.1, ed. J-L-J Librairie, 1823)
IIIe Concile de Tolède, 589
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« Le Saint Concile définit que complète le Credo de Nicée Constantinople : Je crois au Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils Credo in Spiritum Sanctum qui ex Patre Filioque procedit » (Mansi, Concil., t. ix, col. 981.)
Le 3ème canon de ce concile prononce aussi l’anathème contre ceux qui refusent de croire que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. (Mansi, Concil., t. ix, col. 985.)
Pape Saint Grégoire le Grand, Père et Docteur de l’Eglise latine
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« L’ Esprit procède essentiellement du Fils … Rédempteur qui communique aux cœurs de ses disciples l’Esprit qui procède de Lui-même » (Enseignements moraux tirés de Job, 1 : 22,2 : 92)
« Notre Seigneur … fait voir comment l’Esprit des deux [du Père et du Fils] procède d’eux, tout comme il est coéternel avec les deux … Celui qui est produit par la procession n’est pas postérieur dans le temps à ceux par qui il est mis en avant. » (Enseignements moraux tirés de Job, 25 : 4)
Anicius Manlius Severinus Boethius le Philosophe, Martyr
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« Dieu le Fils procède de Dieu le Père, et le Saint-Esprit des deux à la fois » (Comment la Trinité est un seul Dieu et non trois dieux PL 64 :1254C)
VIIè siècle
Saint Isidore de Séville, Père et Docteur de l’Eglise latine
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« Le Saint-Esprit est appelé Dieu, parce qu’il procède du Père et du Fils et de Leur essence …. Il y a, cependant, cette différence entre l’engendrement du Fils et la procession de l’Esprit, que le Fils est engendré de l’Un, mais l’Esprit procède des deux. » (Etymologies, 7 :3)
Saint Maxime le Confesseur, Père de l’Eglise grecque
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« Il [Le Saint-Esprit] le Saint-Esprit dans son être prend essentiellement son origine du Père par le Fils qui est engendré » (Quaestiones ad Thalassium, 63)
Saint Maxime le Confesseur en plus d’être orthodoxie sans reproche sur le dogme de la Sainte Trinité reproche aux grecs de ne pas accepter le Filioque des latins, c’est en partie ce qu’il explique dans la lettre ci-dessous :

« Sur la procession, [les Occidentaux] apportent les témoignages des Pères latins et bien sûr de Saint Cyrille d’Alexandrie dans sa sainte étude de l’Évangile de Jean. A partir de [ces sources], ils ont montré qu’eux-mêmes ne font du Fils la cause (aitia) de l’Esprit, car ils savent bien que le Père est la Cause unique du Fils et de l’Esprit : de l’un par génération et de l’autre par procession (grec : ekporeusis), mais ils expliquent que [l’Esprit] provient [verbe : proienai] du Père à travers le Fils et manifeste ainsi l’unité et l’immutabilité de l’essence (Lettre à Marin de Chypre, PG 91, 136 AB)

 IIIè Concile oecuménique de Constantinople en 681

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« Le Saint Concile œcuménique enseigne le Filioque dans ses textes originaux conservé en latin, mais plus tard, les Grecs schismatiques agiront en faussaires et supprimèrent cette mention (texte original: « Credimus et in Spiritum sanctum Dominum, el vivificatorem. ex Patre Filioque procedentem »; tandis que dans les exemplaires détenus par les Grecs, on lit seulement « ex Patre procedentem »), lors du concile de Florence (où se réunissaient Grecs et Latins), le cardinal Julianus fit remarquer cette omission. Julianus tenait ses informations d’Emmanuel Caleca, sorte de « transfuge » grec converti en 1396 à l’Église latine et romaine » (Baronius: Annales Ecclesiaslici, anno 680).

VIIIè siècle

Saint Jean Damascène, Père et Docteur de l’Eglise grecque

 « Et le Saint-Esprit est la puissance du Père révélant les mystères cachés de sa divinité , qui procède du Père par le Fils dans une manière connue de lui-même, mais différente de celle de l’engendrement. » (Exposé de la Foi orthodoxe, 12. P.G., t. XCIV, col. 849 B.)
Le Père Jugie dans la Revue Les Echos d’Orient (tome 35, N°183, 1936. pp. 257-273.), en se basant sur le texte grec original, commente cette citation de Saint Jean Damascène, voici son commentaire ci-dessous :
Saint Paulin, patriarche d’Aquilée
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Saint Paulin, patriarche d’Aquilée déclara nécessaire l’addition du Filioque à cause des « hérétiques qui murmurent que le Saint-Esprit procède du Père seul. » (DS 617 ; Mansi, coll. Conc., t.13, pp. 834-845 (Paris, 1902) ; DTC V, 2314)

Pape Adrien Ier
Pape Adrien Ier défendit la position de Saint Taraise au IIè Concile de Nicée contre les théologiens de Charlemagne, en affirmant que le « per Filium » (« Le Saint-Esprit procède du Père par le Fils ») est une position tout à fait orthodoxe qui tend déjà vers le Filioque comme confirmé plus tard lors du Concile de Florence. (A. Palmieri, DTC V (1913), col. 2313, art. « Filioque »)
IIè Concile œcuménique de Nicée en 787
Saint Taraise, Patriarche de Constantinople, Profession de Foi au IIe Concile de Nicée : « L’Esprit Saint, Seigneur qui donne la vie, est celui qui procède du Père par le Fils. » (Mansi XII:1122D)
Concile de Frioul en 796
« Et l’Esprit Saint, vrai Dieu, est vraiment et proprement Esprit Saint : ni engendré, ni créé, mais procédant en dehors du temps et inséparablement du Père et du Fils. Il a été, est et sera toujours consubstantiel, coéternel et égal au Père et au Fils. Et jamais le Père ou le Fils n’a été sans l’Esprit Saint, ni l’Esprit Saint sans le Père et le Fils. » (Profession de Foi, Denz. 618)
IXè siècle
Pape Saint Léon III
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Dans une lettre aux églises orientales, Saint Léon III affirme sa croyance en : « L’Esprit Saint, qui procède du Père et du Fils, consubstantiel, coéternel avec le Père et le Fils. Le Père, Dieu complet par lui-même, le Fils, Dieu complet engendré par le Père, le Saint-Esprit, Dieu complet procédant du Père et du Fils… » (Swete, H. B. On the History of the Doctrine of the Procession of the Holy Spirit from the Apostolic Age to the Death of Charlemagne. Cambridge and London, 1876. p. 230.)

Charlemagne envoya des députés à Léon III afin d’introduire le Filioque dans le Symbole mais le Pape préféra avec raison la prudence de ne pas scandaliser les grecs, voici une partie de la conférence :
– Les députés de Charlemagne : « Mais Saint-Père, vous venez de dire qu’il fallait croire le Filioque, l’affirmer et le défendre, n’est-ce-donc pas un devoir de l’enseigner ? »
– Pape Saint Léon III : « Sans doute. »
– Députés : « Mais alors, est-il possible d’être sauvé sans le savoir ? »
– St Léon III : Non, pour une personne capable de comprendre cette question subtile. Mais beaucoup de mystères ne sont à la portée de tous les fidèles. (Smaragde, Acta collationis Romanae, PL 102, 9715)

(1) Après le  mot  παραδείγματος, une ligne a  dû être sautée  dans  le  manuscrit  qui  a  servi  de  base  à  l’édition  de  Mai,  car  les  mots  ίδιον όντα  λόγον  ne  peuvent  se rapporter  grammaticalement à ce  qui précède.
(2) Concernant la dernière citation de Léonce de Byzance, voici la référence : Adversus Nestorianos, II, 20, P. G., t.LXXVI  a, col. 1485 c.
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