Le Saint Esprit et les grâces que le lui rend le Roi Henri III

Henri IIILe jour de la Pentecôte, 1573, Henri III fut élu roi de Pologne, et le même jour de l’aimée suivante, 1574, appelé au trône de France. Afin d’immortaliser sa reconnaissance envers le Saint-Esprit, ce prince donna, en 1575, ses lettres patentes pour l’institution de l’ordre militaire du Saint-Esprit, devenu si glorieux dans l’histoire de l’Europe. Elles expriment des sentiments qu’on est d’autant plus heureux de trouver dans la bouche d’un roi, qu’on y est moins habitué.

« Ayant mis, dit le monarque, toute notre confiance dans la bonté de Dieu, dont Nous reconnaissons avoir et tenir tout le bonheur de cette vie, il est raisonnable que Nous nous ressouvenions, que Nous nous efforcions de Lui rendre des grâces immortelles, et que Nous témoignions à toute la postérité les grands bienfaits que Nous en avons reçus, particulièrement en ce qu’au milieu de tant de différentes opinions au sujet de la religion, qui avaient, partagé la France, Il l’a conservée en la connaissance de son saint Nom, dans la profession d’une seule foi catholique et en l’union d’une seule Église apostolique et romaine.

« De ce qu’il a plu par l’inspiration du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, réunir tous les cœurs et les volontés de la noblesse polonaise, et porter tous les États de ce royaume et du duché de Lituanie à Nous élire pour roi, et depuis à pareil jour Nous appeler au gouvernement du royaume de France ; au moyen de quoi, tant pour conserver la mémoire de toutes ces choses, que pour fortifier et maintenir davantage la religion catholique, et pour décorer et honorer la noblesse de notre royaume, Nous instituons l’ordre militaire du Saint-Esprit… lequel ordre créons et instituons en cestuy royaume, afin que le Saint-Esprit Nous fasse la grâce que Nous voyions bientôt tous nos sujets réunis en la foi et religion catholique, et vivre à l’avenir en bonne amitié et concorde les uns avec les autres…, qui est le but auquel tendent nos pensées et actions, comme au comble de notre plus grand heur et félicité » (Helyot., t. VIII, p. 406 et suiv).

Source : le Traité du Saint Esprit, Mgr Gaume.

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