Sans l’Église, pas de France…

Le catholicisme et la FranceNous relevons ici une sommaire énumération des aides qu’apportait le Clergé au Royaume des Francs-Catholique dans ses premiers temps (aide qui a duré tout le long de l’histoire de France, sous différents aspects). Ces faits peuvent nous inviter à réfléchir, et à comprendre que sans l’Église, il n’y aurait pas eu de France, que sans son aide, la France n’aurait pas pu accomplir tout ce qui a fait sa grandeur durant près de 1500 ans de royauté chrétienne.
Évidemment, nous précisons qu’il s’agissait là de nécessité, et non d’ingérence illégitime au sein du pouvoir temporel, comme certains ennemis de l’Église essaient régulièrement de le faire penser.

C’est par ces faits, nous semble-t-il, que Dieu nous démontre que son corps mystique vient au secours de ses enfants pour les aider, lorsque nous embrassons sincèrement la vraie religion, celle de toujours ; et c’est ainsi que nous pouvons nous dire que sans la conversion des Français, sans leur retour à la (véritable) Église, à la vraie Foi de toujours, aucun problème actuel ne sera en réalité jamais résolu, que ce soit d’un point de vue naturel (temporel), ou surnaturel (salut des âmes, chose la plus importante, qui à l’heure actuelle est probablement, et malheureusement, bien mal mené). Cet extrait peut donc nous inviter à comprendre l’importance de l’ordre des choses : « Dieu, puis la nation » et non pas « la nation, puis éventuellement Dieu », par une liste de faits concrets. « Si Jésus Christ ne règne pas par les bienfaits de sa présence, Il règne encore par les méfaits qu’entraînent son absence ! » disait le Cardinal Pie.

§1 Le catholicisme a posé la base de nos institutions nationales.

L’Histoire du catholicisme se confond avec notre histoire politique ; les phases diverses qu’il a parcourues sont celles qui ont présidé au développement de notre histoire politique.
Gibbon, le célèbre historien protestant, a rendu hommage à cette vérité, en disant que « les évêques ont construit la monarchie française, comme des abeilles construisent une ruche »
Le catholicisme a posé la base de toutes nos institutions nationales ; il vit et respire en elles.

§2 Services politiques que le clergé nous a rendu au IV et Vème siècles.

Dès le IVème siècle, nos évêques servent la patrie comme hommes politiques. Ils ont rang parmi les grands dignitaires, ils sont consultés dans toutes les affaires, ils inspirent toutes les décisions.

Au Vème siècle, leur crédit politique augmente considérablement.
Au milieu des ruines de l’empire, le clergé est le seul pouvoir resté debout et reconnu du peuple ; seul, il forme une corporation active, se sentant des forces ; le prêtre est le seul homme public, seul il représente et défend la société romaine.

§3 Services que le Clergé a rendus à la direction politique des du royaume sous la race mérovingienne.

Pendant la première race, le clergé ale plus haut degré d’influence politique, il participe à tous les actes politiques.
Les premiers ministres, auxquels se donne alors le nom de chanceliers ou référendaires, sont presque constamment des membres de l’épiscopat.
Clovis doit moins à la conquête qu’au Christianisme l’affermissement de son pouvoir sur les Gaules.

Dès le commencement du VIème siècle, les évêques, les abbés, les prieurs, prennent place parmi les leudes du roi, comme l’attestent les lois et les historiens.
Clovis, au moment de sa conversion, n’est que le premier soldat d’une petite peuplade, le Clergé le rend souverain d ‘un vaste royaume. Il amène les Armoriques à désarmer, à l’accepter comme chef militaire ; il l’aide à vaincre et à expulser les Allemands, les Visigoths, et les Burgondes.
Le commandant militaire était la seule attribution que la royauté possédait chez les Franc. Le Clergé a compris combien il importe qu’elle réunisse à ce commandement les privilèges honorifiques dont les césars romains jouissaient ; il s’applique, aussitôt que Clovis est arrivé au pouvoir, à ce que la royauté mérovingienne remplisse le vaste cadre de la royauté impériale.
Sous les inspirations du Clergé, le roi Franc se préoccupe surtout, au milieu d’une société désorganisée, de rétablir l’ordre dans les esprits et d’emprunter à la religion le principe de stabilité.

Le concile de Paris, en 511, décrète toutes les mesures propres à assurer l’autorité.
L’évêque Aurélien est le premier chancelier de Clovis.
Clotaire, au début de son règne, s’adresse aux évêques et aux abbés, sollicite leurs conseils.

De 580 à 591, Gontran, roi de Bourgogne, a successivement pour chancelier les évêques Saint Flave, Saint Syagre, et Saint Vrain. Ce dernier remplit aussi ces fonctions auprès du roi d’Austrasie, Childebert II.
Vers la fin du VIème siècle, Childebert et Gontran recourent aux conciles pour affermir leur autorité.

De 561 à 613, pendant cette horrible période d’anarchie, l’intervention de l’épiscopat dans les affaires publique devient de plus en plus indispensable et salutaire.
Le concile de Paris, en 614, rend un grand service à la sécurité publique, marche résolument dans la voie des réformes, discute et résout les questions politiques les plus importantes.
« Plusieurs articles d’une remarquable libéralité dans les canons de ce concile, a dit M. Michelet, indiquent la main ecclésiastique. »

En 622, Clotaire II confie le royaume d’Austrasie à son fils Dagobert, et place auprès de lui, comme ministres, Pépin et l’évêque Saint Arnoul. Pendant les deux années que ce prince suit leurs conseils, sa domination est aimée.
Les évêques Saint Arnoul, Saint Géry, Saint Didier, Saint Faron, Saint Romaric, Saint Loup, Saint Ouen, Saint Eloi, conseillers de Clotaire II, inspirent la douceur de son gouvernement.
Ce que le règne de Dagobert 1er produit d’heureux, de profitable aux intérêts du peuple, est dû à l’administration de Saint Arnoul, de Saint Cunibert, évêque de Cologne, de Saint Ouen, qui se succèdent dans la charte de référendaire, et aux conseils de Saint Amand, de Saint Eloi, de Saint Géry, de Saint Dadon, frère de Saint Ouen.

En 633, Dagobert donne le royaume d’Austrasie à son fils Sigebert, et remet la direction des affaires à l’évêque Saint Cunibert.
A la mort de Dagobert en 638, Clovis II conserve auprès de lui Saint Ouen, comme référendaire.

Bathilde est régente pendant la minorité de Clotaire III, de 660 à 670.
Saint Léger, évêque d’Autun et référendaire, Saint Géry, Saint Ouen, Sigebrand, évêque de Paris, et quelques autres prélats, forment son conseil de régence. Sous leurs inspirations, elle porte le sceptre avec dignité et fermeté.
Ils savent contenir l’ambition des grands, préservent le royaume des maux auxquels leur rivalité l’exposait.
Les Gaulois, dans plusieurs provinces, étaient assujettis à la capitation, taxe que chacun devait autant de fois qu’il avait d’enfants. Elle pesait sur 500 000 chefs de famille, était si accablante que plusieurs avaient été réduits à se vendre eux-mêmes.
Bathilde, à la demande des évêques, ses conseillers, abolit la capitation et porte le premier coup à la servitude.

En 670, Saint Léger continue ses fonctions de référendaire auprès de Childéric II, fils de Clovis II ; il assure le rétablissement du calme, et, sous son administration, la nation commence à respirer, après les troubles soulevés par Ébroïn, maire du palais.

Saint Ausbert, successeur de Saint Ouen à l’évêché de Rouen, en 683, a été précédemment référendaire de Clotaire III.

Chodegand, moine de Saint-Tron, diocèse de Metz, est référendaire de Charles Martel, de 737 à 742, dirige les affaires avec prudence et sagesse.

A la mort de Charles Martel, en 742, et sur les instances de Pépin, il reste chargé de l’administration du royaume.

Après Dagobert, la race mérovingienne frappée de décadence, son abaissement augmente chaque jour, il devient irrémédiable ; le maire du palais est le maître, l’aristocratie domine la royauté, la dépouille.

Le Clergé, dont l’autorité s’est accrue pendant que le roi et les grands se combattent, voit la patrie prête à périr ; il sacrifie le roi et sauve la patrie en sauvant la royauté. Il dépose Childéric III, sacre Pépin en 752 ; la royauté devient alors un sacerdoce, et l’État se reconstitue.

Au milieu des horreurs, des profanations, des assassinats qu’on voit se succéder sous la première race, le regard se console devant les actes de courage, de patriotisme et de vertu que le Clergé accomplit.


Source : Le Catholicisme et la France, Comte Gazan de la Peyrière, Tome 1er, p. 112-117, chapitre II – ESR
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