Saint Alphonse-Marie de Liguori : AMOUR QUE DIEU NOUS A TÉMOIGNÉ PAR LE DON DE SON DIVIN FILS

Jésus en croix1. Dès le commencement, Dieu combla l’homme de grâces et de biens. Mais son amour pour nous est si grand, qu’il en vint à nous donner son propre Fils : « Dieu, dit saint Jean, a tellement aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). Que sommes-nous ici-bas ? De misérables vers de terre, et c’est pour nous que le Père éternel envoya son Fils bien-aimé, avec l’ordre de mener en ce monde une vie de souffrances et d’humiliations, puis de subir la mort la plus ignominieuse, la plus cruelle que, jamais homme ait endurée, enfin d’expirer, à force de douleurs intérieures et extérieures, dans une affliction extrême : « Mon Dieu, mon Dieu, disait-il, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » (Mt 27, 46).

Assurément, Seigneur, aucun autre que vous n’aurait pu nous faire ce don d’une valeur infinie ; car seul vous êtes un Dieu capable d’aimer infiniment. Je vous aime donc, Bonté infinie ; je vous aime, Amour infini !

2. « Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous » (Rm 8, 32).

Mais, ô Père éternel, ce Fils, à qui vous avez donné l’ordre de mourir, est innocent ; il vous a toujours rendu pleine et entière obéissance, vous l’aimez autant que vous-même : comment pouvez-vous le condamner à mort pour nos péchés ?

Précisément, répond le Père éternel, parce qu’il est mon Fils, parce qu’il est parfaitement innocent, parce qu’il m’est soumis en tout, je veux qu’il donne sa vie pour vous, afin que vous sachiez quel amour vous porte aussi mon Fils bien-aimé.

Que toutes les créatures louent sans cesse, ô mon Dieu, cet excès d’amour qui vous fit vouloir la mort de votre propre Fils pour procurer la délivrance de misérables esclaves ! Pour l’amour de votre Fils, ayez pitié de moi! Pardonnez-moi! Sauvez-moi ! Que mon salut consiste à vous aimer toujours en cette vie et durant toute l’éternité.

3. « Dieu, si riche en miséricorde, par l’amour excessif dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par nos offenses, nous a vivifiés dans le Christ » (Ep 2, 4-5).

Trop grand et dépassant les bornes, tel apparaît, au regard de l’Apôtre, l’amour que Dieu daigne avoir pour nous. Nous étions morts par le péché. Pour nous rendre la vie, que fait-il ? Il nous accorde généreusement la mort de son Fils.

Toutefois, à considérer en elle-même la bonté de Dieu, cet amour ne présente rien d’excessif; car la bonté de Dieu ne peut être qu’infinie. Infini dans toutes ses perfections, Dieu l’est également dans son amour.

Mais alors, Seigneur, comment se fait-il qu’après tant de preuves de votre amour, il y ait si peu d’hommes qui vous aiment ? Je veux être, moi, de ce petit nombre. Par le passé, hélas! Je vous ai délaissé; maintenant je m’en repens de tout mon cœur et je vous aime. Telle est l’ardeur de mon amour, que si tous les hommes vous abandonnaient, moi, je ne vous abandonnerais pas, mon Dieu, mon Amour, mon Tout.

Ô Marie, unissez-moi par des liens toujours plus étroits à mon bien-aimé Jésus.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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