Saint Alphonse-Marie de Liguori : SE DAMNER, C’EST UN MAL IRRÉPARABLE

Saint Alphonse1. Pas de faute comparable à l’insouciance du salut éternel !

À tout autre mal, il y a quelque remède. Vous perdez, fût-ce par votre imprudence, une place avantageuse, vous pouvez, avec le temps, la recouvrer. Vous subissez la perte d’une partie de votre fortune, c’est un malheur que, peut-être, vous réparerez. Pour celui qui se damne, plus de remède, plus d’espoir. On ne meurt qu’une fois: perdre son âme à la mort, c’est la perdre pour toujours; jamais, durant toute l’éternité, vous ne pourrez réparer pareille catastrophe.

Ô mon Dieu, voici devant vous un pauvre pécheur qui devrait, depuis des années, gémir en enfer sans espérance de salut; mais, prosterné maintenant à vos pieds, il vous aime, il est affligé plus que de tout autre mal de vous avoir offensé ; il espère grâce et miséricorde.

2. Quelle est l’occupation de tant de malheureux déjà détenus dans la prison de l’enfer ? Livrés au désespoir, il ne leur reste qu’à pleurer amèrement, à proclamer leur erreur : « Ergo erravimus ! Nous nous sommes donc trompés ! » (Sg 5, 6), s’écrient-ils. Notre erreur est à jamais irréparable; nous en porterons les conséquences, aussi longtemps que Dieu sera Dieu!

Ah ! Mon Rédempteur, si j’étais en enfer, je ne pourrais plus jamais ni me repentir ni vous aimer. Je vous remercie de m’avoir patiemment supporté, lorsque j’étais digne de l’enfer. Puisqu’il m’est encore loisible de me repentir et de vous aimer, oui, de tout mon cœur, je me repens des déplaisirs que je vous ai causés, ô Bonté infinie. Je vous aime plus que toute chose, plus que moi-même. Je vous en supplie, ô mon Jésus, ne permettez pas que je cesse de vous aimer.

3. Quel supplice pour le damné que cette pensée obsédante : « Je savais pourtant que j’étais hors du bon chemin et qu’en y restant je finirais par me perdre: c’est donc bien par ma faute que je me suis perdu! » Quelqu’un perd-il par négligence un anneau, une pièce d’or ? Il est inconsolable de l’avoir perdu par sa faute. Ô ciel ! Quelle ne sera pas l’acuité du regret du damné ! « J’ai perdu mon âme, se dira-t-il éternellement, j’ai perdu le paradis, Dieu lui-même; j’ai tout perdu, et tout cela, je l’ai perdu par ma faute ! »

Mon doux Sauveur, je ne veux pas vous perdre. En vous perdant volontairement par le passé, je fus un criminel, je le reconnais. Je me repens de toute mon âme et je vous aime plus que toutes choses. Mon Jésus, c’est afin que je vous aime, que vous ne m’avez pas jeté en enfer. Eh bien ! Oui, je veux vous aimer, et vous aimer beaucoup. Donnez-moi la grâce de réparer par l’ardeur de mon amour toute la peine que je vous ai faite.

 Vierge sainte, ô Marie, vous êtes mon Espérance.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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