Saint Alphonse-Marie de Liguori : ARTIFICES DU DÉMON POUR FAIRE RETOMBER LES PÉCHEURS

feu1. « Dieu est miséricordieux »; voilà, mon âme, ce que dira le démon quand il reviendra te solliciter au mal. Réfléchis alors envers quelles âmes le Seigneur use de miséricorde. La divine Mère nous l’enseigne dans son cantique : « La miséricorde s’étend sur ceux qui le craignent » (Lc 1, 50), mais non sur ceux qui le méprisent. Que Dieu soit miséricordieux, qui le nie ? Combien d’âmes néanmoins n’envoie-t-il pas chaque jour en enfer ! Dieu est miséricordieux, mais juste aussi. En conséquence, il traite miséricordieusement celui qui se repent de ses péchés, mais non celui qui s’appuie sur sa miséricorde pour l’outrager davantage.

Ah ! Seigneur, que de fois j’ai de la sorte abusé de votre clémence ! Que de fois je vous ai offensé, parce que vous êtes bon !

2. Le démon te dira : « Dieu t’a déjà pardonné tant de péchés ; il te pardonnera de même celui que tu vas commettre. » Réponds à ce menteur: C’est précisément parce que Dieu m’a pardonné tant de péchés, que je dois redouter d’en commettre un nouveau. Sa patience pourrait se lasser. Il me refuserait le pardon et châtierait en une fois toute mes offenses. C’est l’avis que me donne le Saint-Esprit : « Mon fils, ne dis pas :  » J’ai péché, et que m’est-il arrivé de fâcheux ?  » Car le Très-Haut attend pour rendre selon le mérite » (Si 5, 4).

Mon Dieu, j’ai donc eu l’audace de rivaliser avec vous ; hélas ! De quelle façon ! Vous persistiez à me pardonner; moi, je persistais à vous faire des injures ; vous persistiez à me combler de faveurs ; moi, je persistait à vous outrager. Ah ! Mon Dieu, que désormais il n’en soit plus ainsi ! Plus vous avez mis de patience à me supporter, plus je veux vous aimer. Seigneur, aidez ma faiblesse.
3. Le démon te dira : « Ne vois-tu pas que tu ne peux pas, en ce moment, résister à la tentation ? »

Réponds-lui : Si je ne résiste pas maintenant, comment résisterai-je plus tard quand ma nouvelle défaite m’aura affaibli, quand les secours divins me feront défaut ? Folle présomption d’espérer que Dieu multipliera ses grâces à mesure que je multiplierai mes iniquités !

Dernière ruse : « Même après ce péché, il est encore possible que tu te sauves. »

Réponds-lui: Il demeure possible que je me sauve; mais, en attendant, j’écris moi-même ma sentence de condamnation à l’enfer. Si, tout de même, il se peut que je me sauve, il se peut aussi que je me damne ; c’est même l’éventualité la plus probable. Sur un pareil « peut-être », je risquerais mon salut ? On ne risque pas une affaire aussi grave sur un « peut-être ».

Seigneur, vous êtes bien l’infinie Bonté ! J’ai multiplié mes torts, vous avez multiplié vos bienfaits. Plus j’y pense, plus je sens redoubler ma douleur de vous avoir abreuvé de tant d’amertumes. Mon Dieu, pourquoi vous ai-je offensé, vous la Bonté même ? Que ne puis-je mourir de regret! Mon Jésus, aidez-moi, je veux être à vous, tout à vous.

Ô Marie, obtenez-moi la sainte persévérance. Ne permettez pas que je sois plus longtemps ingrat envers ce Dieu qui m’a tant aimé.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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