Saint Alphonse-Marie de Liguori : LES PEINES DE L’ENFER SONT DES PEINES SANS MÉLANGE

enfer 11. En cette vie, pas de maux dont la violence ne se calme ou ne s’interrompe au moins de temps en temps. Ce malade endure toute la journée des douleurs d’entrailles ou de goutte ; mais, la nuit venue, il dort quelques heures, il ne souffre plus. Pour vous, malheureux damnés, il n’y a jamais ni soulagement, ni répit ; toujours gémir, toujours souffrir, et souffrir des tourments effroyables, sans avoir jamais, durant toute l’éternité, un moment de relâche, voilà votre sort !

Ce sort serait le mien, ô mon Jésus, si vous m’aviez fait mourir, quand je me trouvais en état de péché. Mon bien-aimé Rédempteur, je ne refuse pas de souffrir, mais je veux vous aimer.

2. En cette vie, la prolongation des mêmes souffrances crée l’habitude de les supporter ; au bout d’un certain temps, la douleur se fait moins sentir qu’au commencement. Les malheureux damnés souffrent pendant toute l’éternité les mêmes tourments: bénéficient-ils des avantages de l’habitude ? Leurs tourments en sont-ils diminués, rendus moins cuisants par l’accoutumance ? Non pas; car telle est la continuité comme l’acuité des supplices éternels, qu’après des centaines et des milliers d’années, ils torturent autant qu’au premier instant.

« Seigneur, j’ai mis ma confiance en vous; que jamais je ne sois confondu! » (Ps 31/30, 2). Je sais que j’ai souvent mérité l’enfer, mais je sais aussi que vous ne voulez pas la mort du pécheur, mais sa conversion et sa vie. Mon Dieu, je ne veux pas être un pécheur obstiné, de toute mon âme je me repens de vous avoir offensé ; je vous aime plus que moi-même; rendez-moi la vie, la vie de votre sainte grâce.

3. Sur cette terre, quelqu’un souffre-t-il beaucoup ? Il trouve du soulagement au moins dans la compassion de ses parents et de ses amis. Mais quelle ne serait pas l’affliction, l’agonie de celui qui, se roulant convulsivement par terre dans l’excès de sa douleur, verrait arriver ses parents, ses amis pour le fouler aux pieds, l’accabler de reproches, et lui crier sans pitié: « Tu peux bien te livrer à la rage, au désespoir; tes méfaits l’ont mérité ! »

Les malheureux réprouvés ! À quel état misérable ne sont-ils pas réduits ? Ils endurent les pires tourments, sans trêve ni merci, sans arrêt ni soulagement, et, pour comble de malheur, ils n’excitent jamais la moindre compassion. Au reste, d’où leur viendrait-elle ? De Dieu ? Ils l’ont pour ennemi. De la divine Mère, des Anges, des Saints ? Les Anges, les Saints, la divine Mère ne peuvent que louer la justice de Dieu. Quant aux démons, que font-ils ? Ils foulent aux pieds les réprouvés et leur reprochent les offenses qui sont la cause de ces justes châtiments.

Ô Marie, ma Mère, ayez pitié de moi, maintenant que vous pouvez encore compatir à ma misère et me recommander au Seigneur. Et vous, ô mon Jésus, qui, par compassion pour moi, avez volontairement manqué de compassion pour vous-même en mourant pour moi sur la croix, sauvez-moi, et que mon salut soit de vous aimer éternellement. Je me repens, Seigneur, de vous avoir offensé; je vous aime de tout mon cœur.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

Publicités