Saint Alphonse-Marie de Liguori : LE JUGEMENT GÉNÉRAL

Jugement général1. « Jour de colère… jour d’affliction et de misère » (So 1, 15).

Tel sera, d’après la sainte Écriture, le jugement général pour tous ceux que la mort aura frappés en état de péché mortel. Alors, en effet, ces malheureux verront toutes leurs iniquités, même les plus secrètes, dévoilées devant le genre humain tout entier ; ils seront publiquement chassés de la compagnie des saints et jetés dans la prison éternelle de l’enfer, pour y subir une mort ininterrompue.

Saint Jérôme, retiré dans sa grotte de Bethléem, passant les jours et les nuits dans la prière et les austérités, tremblait à la seule pensée du jugement général. (Sur la crainte du jugement éprouvé par S. Jérôme; PL 22, 354 et 644). Le vénérable Juvénal Ancina, pendant qu’il écoutait attentivement le chant du Dies Irae, dies illa, fut saisi d’une telle frayeur, à la pensée du jugement universel, qu’il quitta le monde et se fit religieux. (G. Forti, Vita del Ven. Servo di Dio Giovenale Ancina, ch. 4, Macerata 1679, 15-16: « En 1572, à l’âge de 27 ans, un matin il s’attarda à écouter une messe chantée des défunts… Quand ces paroles: « Dies irae, dies illa, etc. » vinrent frapper ses oreilles, ce furent autant de flèches qui lui percèrent le cœur et le déterminèrent à se consacrer au service de Dieu. »)

Ô mon Jésus! En ce jour redoutable, qu’en sera-t-il de moi ? Où me trouverai-je ? À droite, avec les élus ? À gauche, avec les réprouvés ? Je sais que j’ai mérité d’être à votre gauche; mais je sais aussi que vous pouvez encore me pardonner, si je me repens de vous avoir offensé. Oh ! Oui, je m’en repens de tout mon cœur ; je veux mourir plutôt que de vous offenser encore.

2. Jour d’épouvante et de torture pour les damnés, le jour du jugement final sera pour les élus un jour de triomphe et d’allégresse. Car alors, en présence de tous les hommes réunis, leurs âmes bienheureuses seront proclamées reines du paradis, épouses bien-aimées de l’Agneau sans tache.

Mon Jésus, votre Sang est mon espérance. Daignez oublier mes outrages, embrasez-moi tout entier de votre saint amour, Je vous aime, ô mon Souverain Bien; j’espère me trouver au dernier jugement parmi les âmes aimantes, destinées à vous louer et à vous aimer durant toute l’éternité.

3. Mon âme, choisis, et choisis sans retard.

Veux-tu la couronne éternelle de ce bienheureux royaume où l’on voit, où l’on aime Dieu face à face dans la compagnie des Saints, des Anges, de la divine Mère ? Veux-tu la prison éternelle de l’enfer, où l’on pleure à jamais, abandonné de toutes les créatures et privé de Dieu ? Ô mon âme, fais ton choix.

« Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde, prends pitié de nous ! »

Oui, divin Agneau, vous qui, pour nous préserver de l’enfer, avez voulu sacrifier votre vie en mourant de douleur sur une croix, ayez pitié de nous, mais ayez surtout pitié de moi, qui vous ai offensé plus que les autres, je veux vous aimer plus que les autres. Je suis souverainement affligé de vous avoir déshonoré par mes péchés; j’espère vous rendre gloire au jour du jugement, devant tous les hommes et tous les anges, en proclamant vos miséricordes envers moi. Mon Jésus, aidez-moi à vous aimer ; je ne veux que vous, rien de plus.

Ô Marie, ma Reine, en ce grand jour, tenez-moi près de vous.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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