Saint Alphonse-Marie de Liguori : À QUOI SERT LE MONDE ENTIER À L’HEURE DE LA MORT ?

Saint Alphonse1. « La tombe, voilà tout ce qui me reste », disait Job (Jb 17, 1).

Les jours passent, les années passent, les plaisirs, les applaudissements, le faste, passent. Quelle sera la fin de tout cela ? La mort, qui viendra nous dépouiller de tout. Puis, on nous jettera dans une fosse, où nous pourrirons, abandonnés, oubliés de tout le monde. Ô ciel ! À l’heure de la mort, le souvenir de tous les gains réalisés pendant la vie, n’a d’autre effet que de redoubler nos angoisses et notre incertitude du salut !

Ô mort ! Ô mort ! Ne t’éloigne plus jamais de mes yeux ! Mon Dieu, éclairez-moi.

2. « Le fil de nos jours est coupé par Dieu comme la trame par le tisserand » (Es 38, 12).

Combien n’en voit-on pas qui sont frappés par la mort, alors qu’ils déploient le plus d’activités pour exécuter des projets longuement mûris ! La mort tranche tout. Vus du lit de mort, les biens de la terre n’apportent à ceux qui s’y sont attachés, que tristesse et remords, tristesse de les perdre, remords de les avoir trop aimés. Pendant la vie, ces biens apparaissent aux yeux aveuglés des mondains comme quelque chose de grand ; mais la mort les dépouille de leur faux éclat, elle les montre tels qu’ils sont en réalité, c’est-à-dire, fange, fumée, néant. À la lumière sinistre du dernier flambeau, s’évanouissent toutes les grandeurs de ce monde ; les plus hautes fortunes, les gloires les plus brillantes perdent toute valeur et toute splendeur; les sceptres eux-mêmes et les couronnes sont obscurcis par l’ombre de la mort.

Ah ! Mon Dieu, donnez-moi votre grâce, je ne vous demande rien de plus. Autrefois je l’ai méprisée, mais aujourd’hui je pleure ces dédains. Mon Jésus, ayez pitié de moi.

3. À quoi servent les richesses au moribond, puisqu’il n’a plus besoin que de quelques planches et d’un vieux haillon pour couvrir son cadavre ? À quoi servent au moribond les honneurs, les dignités, puisqu’il ne peut plus avoir en partage qu’un convoi funèbre, un tombeau de marbre dont son âme ne profitera pas, si elle est perdue ? À quoi sert au moribond la beauté du corps, puisque ce corps est sur le point de devenir la pâture des vers, un amas de pourriture, un objet d’horreur ?

Hélas ! Mon Rédempteur, je savais qu’en péchant je perdais votre amitié et, délibérément, j’ai voulu la perdre. Mais j’espère que vous me pardonnerez: n’êtes-vous pas mort pour pouvoir me pardonner ? Ô Dieu de mon cœur, puissé-je ne vous avoir jamais offensé! Je vois l’immensité de l’amour que vous me portez ; cet amour accroît la douleur que vous me portez ; cet amour accroît la douleur que j’ai de vous avoir déplu, à vous, mon Père infiniment bon. Seigneur, je vous aime; je ne veux plus vivre sans vous aimer; donnez-moi la persévérance.

 Ô Marie, ma Mère, priez Jésus pour moi.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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