Saint Alphonse-Marie de Liguori : PAS DE MILIEU : OU SAUVÉ OU DAMNÉ

portes1. « Opérez votre salut avec crainte et tremblement » (Ph 2, 12).

C’est le conseil que donnait saint Paul aux fidèles de Philippe.

Pour se sauver, il faut craindre de se damner, parce qu’il n’y a pas de milieu entre le salut et la damnation. Ou sauvés, ou damnés, voilà ce que nous serons nécessairement un jour.

Au fait, qui ne tremble pas pour son salut, ne s’en soucie que médiocrement et n’en prend pas les moyens; il ne peut que se perdre. Sans doute Dieu veut que tous les hommes soient sauvés; sans doute il donne à tous son secours; mais il veut aussi notre coopération. Tous les hommes voudraient se sauver; mais beaucoup ne se sauvent pas, parce qu’ils n’en prennent pas les moyens. « Le ciel, disait saint Philippe Néri, n’est pas pour les lâches. » (G. Bacci, Vita di San Filippo Neri Fiorentino, liv. 2, ch. 5, n. 8. Ce paragraphe qui figure dans les éditions italiennes est omis dans la traduction française).

Éclairez-moi, Seigneur; faites-moi connaître ce que je dois faire et ce que je dois éviter; je veux vous obéir en tout. Oui, je veux me sauver.

2. « Une âme, une éternité! Mes chères filles » (Ste Thérèse d’Avila, Avis, n. 68; MA 1054), disait sainte Thérèse à ses religieuses. Que voulait-elle dire? Qu’en ce monde nous ne devons avoir qu’une préoccupation: le salut de notre âme. En effet, l’âme perdue, tout est perdu; et l’âme une fois perdue, tout est perdu pour toujours.

Le pape Benoît XII donnait audience à certain ambassadeur que le roi son maître avait chargé d’obtenir une faveur très importante ; mais cette faveur, le Pape ne pouvait l’accorder sans forfaire à sa conscience : « Allez dire à votre roi, répondit-il à l’ambassadeur, que si j’avais deux âmes, je pourrais en sacrifier une pour lui ; mais je n’en ai qu’une, je ne puis pas et ne veux pas la perdre. » (Raynaldus -Rinaldi Odorico- Annales ecclesiastici, année 1337: Le pape Benoît XII répondit à Philippe VI de Valois, roi de France: « que s’il avait deux âmes il en donnerait une volontiers et qu’il la sacrifierait pour lui. Mais il n’en avait qu’une, qu’il chérissait par-dessus tout et qu’il tenait à garder quoi qu’il arrive. ») C’est ainsi que nous devons répondre au démon, au monde, quand ils nous présentent quelque fruit défendu.

3. Heureuse l’âme qui comprend cette grande maxime de saint François-Xavier: « Il n’y a dans ce monde qu’un seul bien et qu’un seul mal ! » Se damner, c’est le seul mal ; se sauver, c’est le seul bien. Les maladies, la pauvreté, les humiliations, ne sont pas des maux, puisque supportés patiemment, elles augmentent notre bonheur éternel. La santé, les richesses, les honneurs ne sont pas des biens pour la plupart des pécheurs, puisqu’ils ne leur servent qu’à mériter un enfer plus rigoureux.

Sauvez-moi donc, ô Dieu de mon âme, puis faites de moi ce qu’il vous plaît. Vous savez et vous voulez ce qu’il y a de mieux en moi. Je m’abandonne entre les mais de votre miséricorde: « Seigneur, je remets mon esprit entre vos mains » (Ps 31/30, 6, Lc 23, 46). Que je suis désolé d’avoir, par le passé, osé résister à vos volontés! Je voudrais en mourir de douleur. Maintenant je vous aime, et ne veux que ce que vous-même voulez. Donnez-moi votre amour, afin que je vous sois fidèle.

 Et vous, ô Marie, aidez-moi.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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