Saint Alphonse-Marie de Liguori : LE MOMENT DE LA MORT

tombe1. Quel moment que celui d’où dépend notre éternité !

Oui, quelle minute importante, que la dernière minute de notre vie ! Quel soupir important, que le dernier soupir de nos lèvres! Il vaut une éternité de toutes les joies, ou bien une éternité de tous les supplices; il vaut une vie à jamais heureuse, ou bien une vie à jamais malheureuse. Quelle folie donc de s’exposer, pour un plaisir misérable et fugitif, au danger de faire une mauvaise mort, aussitôt suivie d’une éternité de tourments !

Ô ciel ! Quel sera le dernier instant de ma vie ici-bas?  Que deviendrai-je alors ? Mon Jésus, vous êtes mort pour me sauver; ne permettez pas que je me perde, ni que je vous perde, vous, mon unique Bien.

2. Représentez-vous par l’imagination les infortunés criminels condamnés par la justice à jouer leur vie au sort. Comme ils tremblent en ouvrant la main pour amener ce coup de dé qui va décider de leur vie ou de leur mort ? Dites-moi, mon cher lecteur: si vous courriez pareil péril, que ne donneriez-vous pas pour en être libéré ? Or, c’est un article de foi, qu’un jour sonnera pour vous l’heure grave entre toutes, d’où dépend votre vie éternelle ou votre mort éternelle. « Me voici sur le point,  me direz vous alors, de devenir heureux pour toujours avec Dieu, ou malheureux à jamais loin de Dieu ! »

Non, je ne veux pas vous perdre, ô mon Dieu ! Si, par le passé, je vous ai perdu, je m’en repens, j’en suis désolé. Je ne veux plus jamais vous perdre.

3. Ou nous croyons, ou nous ne croyons pas. Si nous croyons qu’il y a une éternité, qu’il faut mourir et qu’on ne meurt qu’une fois; partant, que manquer son salut au moment de la mort, c’est le manquer pour toujours, sans espoir aucun de remédier à ce désastre : pourquoi ne pas nous résoudre à supprimer tout danger de nous perdre, à prendre tous les moyens de nous assurer une bonne mort ? On ne saurait prendre trop de précautions, quand il s’agit de vie éternelle. Chaque jour qui s’écoule, est une grâce que Dieu nous donne, afin que nos comptes soient en règle à l’heure de la mort. Hâtons-nous ; car nous n’avons que peu de temps à perdre.

Me voici, ô mon Dieu, dites-moi ce que je dois faire pour me sauver. Tout ce que vous m’indiquerez, je suis prêt à l’accomplir. Je vous ai tourné le dos, je m’en repens souverainement, j’en voudrais mourir de douleur. Seigneur, pardonnez-moi; ne permettez pas que je vous abandonne encore. Je vous aime plus que toute chose; je ne veux plus jamais cesser de vous aimer.

Sainte Vierge Marie, obtenez-moi la sainte persévérance.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

Publicités