Saint Alphonse-Marie de Liguori : LA SENTENCE AU JUGEMENT PARTICULIER

jugement1. Oh ! Quelle joie éprouve celui qui, sortant de cette vie dans l’amitié de Dieu, se présente devant Jésus Christ et reçoit de lui l’accueil le plus bienveillant ! Quelle joie d’entendre le souverain Juge lui dire avec un doux sourire ces consolantes paroles: « C’est bien, serviteur bon et fidèle : parce que tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup: entre dans la joie de ton Maître ! » (Mt 25, 21).

Si je devais comparaître à l’instant devant votre tribunal, ô mon Jésus, quel motif aurais-je d’être appelé par vous « serviteur bon et fidèle », puisque, jusqu’ici, j’ai poussé la malice et l’infidélité jusqu’à faire de mes promesses autant de trahisons ? Mais je veux désormais ne plus vous manquer de parole ; je préfère mille fois perdre la vie plutôt que votre grâce. C’est vous qui devez me donner la force de tenir ma résolution.

2. Par contre, quelle n’est pas l’épouvante de celui qui, mort en état de péché grave, n’aperçoit, lors de sa comparution devant le redoutable tribunal, qu’un juge irrité! L’âme, partie de ce monde dans la disgrâce de Dieu, n’attend pas la condamnation du souverain Juge: elle se condamne elle-même; puis, elle entend sortir de la bouche de Jésus Christ la terrible sentence: « Va loin de moi, maudit, au feu éternel » (Mt 25, 41). Oui, retire-toi loin de moi, ingrat que tu es, va-t-en au feu éternel, et ne reparais jamais en ma présence!

 Telle est donc, Seigneur, mon Dieu, la sentence que vous auriez pu porter, contre moi chaque fois que je vous ai offensé par le péché mortel ! À la mort, vous serez mon juge; maintenant, vous êtes mon Rédempteur et mon Père; vous voulez me pardonner, à la seule condition du repentir. Eh bien ! Oui, Seigneur, je me repens de toute mon âme de toutes mes fautes. Je suis affligé de les avoir commises, sans doute à cause de l’enfer mérité, mais surtout à cause de la peine faite à votre cœur qui m’a tant aimé.

3. Un homme meurt ; l’âme se sépare du corps: « Vit-il encore ? A-t-il expiré ? » se demandent les assistants. Mais déjà son âme est entrée dans l’Éternité. Quand tous sont d’avis qu’il est mort, le prêtre récite la prière du Rituel. « Venez, saints du ciel, allez à sa rencontre, anges du Seigneur. Venez pour accueillir cette âme et la présenter devant la face du Dieu Très-Haut ». Mais à quoi bon réclamer l’intervention des Anges et des Saints en faveur d’une âme qui se trouve dans l’inimitié de Dieu et qu’une sentence irrévocable a condamnée à l’enfer ?

Ah ! Mes saints patrons, mon Ange gardien, saint Michel, saint Joseph, ma protectrice Marie, secourez-moi, maintenant que vous pouvez me secourir. Vous, mon Sauveur, pardonnez-mi, maintenant que vous pouvez me pardonner. Je suis désolé de vous avoir offensé, je vous aime de toute mon âme. Aidez-moi, Seigneur, à ne plus vous offenser.

Ô Marie, gardez-moi toujours sous votre manteau tutélaire.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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