Saint Alphonse-Marie de Liguori : JÉSUS MEURT POUR L’AMOUR DES HOMMES

Jésus en croix1. Est-il possible que Dieu, le Créateur de toutes choses, ait voulu mourir par amour pour ses créatures ? Oui; c’est même un article de foi: « Le Christ, dit l’Apôtre, nous a aimés, et il s’est livré pour mourir » (Ep 5, 2). Un jour, le ciel et la terre frappés de stupeur furent témoins de ce spectacle. Jésus, le Fils unique de Dieu, le Maître absolu de tout l’univers, expirait de pure douleur comme un vil criminel, sur le bois infâme de la croix. Pourquoi ? Par amour pour les hommes. Et, parmi les hommes, il s’en trouve qui croient à cet ineffable amour de Jésus Christ pour eux, et qui ne lui rendent pas amour pour amour!

Seigneur, je suis du nombre de ces hommes. Votre Passion, je l’ai connue, et non seulement je ne vous ai pas aimé, mais je vous ai très souvent offensé. Je vous en supplie, pardonnez-moi ; rappelez-moi sans cesse la mort que vous avez endurée par amour pour moi, afin que je ne vous outrage plus et que je vous aime toujours.

2. La mort du fils de Dieu n’était pas nécessaire pour sauver les hommes ; une seule goutte de sang, une seule larme, une seule prière suffisait de sa part pour sauver le monde et mille mondes ; car cette goutte de sang, cette larme, cette prière avait certainement une valeur infinie. Mais vous, ô mon Jésus, vous avez voulu tant souffrir, afin de nous faire comprendre la grandeur de votre amour pour nous. « Pourquoi donc, vous disait saint Bonaventure, (je vous le dis avec bien plus de raison, moi qui vous ai tant offensé), pourquoi m’avez-vous tant aimé ? Pourquoi, Seigneur ? Pourquoi ? Car qui suis-je ? » (S. Bonaventure, L’aiguillon de l’amour, ch. 13, Vivès, tome 12, 657).

Ô mon divin Pasteur, je suis la brebis perdue que vous êtes venu chercher pour la rapporter au bercail. Ingrat que j’étais, j’ai fui loin de vous ; mais vous, oubliant toutes les amertumes dont je n’ai pas criant d’abreuver votre cœur, vous daignez m’appeler encore à votre amour. Aussi, tout misérable que je suis, je me présente devant vous. Profondément touché par votre immense bonté, j’embrasse vos pieds transpercés pour mon salut. Ô Jésus, mon Amour, mon Trésor, je vous aime, et, parce que je vous aime, je me repens de vous avoir offensé.

3. Saint Bernard se représente Jésus au moment où Pilate vient de prononcer contre lui la sentence de condamnation. Il lui dit avec une tendre compassion : « Ô mon Sauveur, vous êtes l’innocence même ; comment se fait-il que je vous entende condamné à la mort, et à la mort de la croix ? Quel crime avez-vous commis ? » Ah ! répond le saint docteur, votre péché, c’est votre amour! » (S. Bernard, Lamentation sur la passion, n. 3; PL 184, 770). Comme s’il eût dit : « Je ne le comprends que trop : l’amour, l’amour excessif que vous nous avez porté, voilà tout votre crime! Votre condamnation à mort est moins l’œuvre de Pilate que celle de votre amour. »

Au souvenir des injures que je vous ai faites, ô mon bien-aimé Rédempteur, ce qui me désole, c’est moins l’enfer que j’ai mérité, que l’amour immense dont vous m’avez donné la preuve. Mon Jésus crucifié, je veux désormais être tout à vous, je ne veux plus aimer que vous. Aidez ma faiblesse; faites que je vous sois à jamais fidèle.

Marie, ma Mère, faites que j’aime Jésus Christ: c’est l’unique grâce que je vous demande.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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