Saint Alphonse-Marie de Liguori : JE PUIS MOURIR SUBITEMENT

Saint Alphonse1. Rien de plus certain que la mort ; rien de plus incertain que l’heure de la mort ! Que le Seigneur ait fixé l’année et le jour où chacun de nous doit mourir, c’est certain ; mais cette année, ce jour, nous ne les connaissons pas, et Dieu veut que nous ne les connaissions pas. Pourquoi ? Afin que nous nous tenions toujours prêts à mourir.

Je vous remercie, mon Jésus, de m’avoir attendu, de ne m’avoir pas frappé de mort, quand j’étais en état de péché. Je veux employer tout le reste de ma vie uniquement à pleurer mes péchés, à vous aimer de toutes mes forces. Puisque je dois mourir, je veux, avec le secours de votre grâce, me préparer à faire une bonne mort.

2. Jésus Christ nous avertit cependant de notre dernière heure, quand il dit: « À l’heure que vous ne penserez pas, le Fils de l’homme viendra » (Lc 12, 40). Quelle sera donc l’heure de notre mort ? Celle où nous pensons le moins à mourir. Ainsi saint Bernard conclut-il sagement: « Puisque la mort peut nous frapper à chaque instant, c’est une nécessité pour nous qu’à chaque instant nous l’attendions et tenions nos comptes prêts. »

Non, ô mon Jésus, je ne veux pas attendre la mort pour me donner à vous. Vous avez dit: « Cherchez, et vous trouverez » (Mt 7, 7). Quiconque, donc, vous cherche, vous trouve. Je vous cherche, je vous désire, ô Bonté infinie, je me repens de vous avoir offensée; je ne veux plus désormais vous faire aucune peine.

3. Donc, mon cher lecteur, quand vous êtes tenté de pécher sous prétexte que vous vous confesserez demain, dites-vous à vous-même. Qui sait si ce jour, cet instant où je vais pécher, ne sera pas le dernier de ma vie ? Si je meurs à cet instant-là, où irai-je ? Ô ciel ! Combien de malheureux furent emportés par la mort dans le temps même qu’ils goûtaient le fruit défendu! Le démon vous dira: « Ce malheur ne t’arrivera pas. » Répondez-lui: « S’il m’arrive, quel sera mon sort durant toute l’éternité ? »

En effet, ô mon Dieu, pourquoi serais-je préservé de la mort imprévue qui frappa tant d’infortunés? Combien gémissent en enfer pour des péchés moins nombreux que les miens! Mon Jésus, je vous remercie de votre longue patience à me supporter et des lumières que vous me donnez maintenant. J’ai mal fait de vous abandonner, je voudrais en mourir de douleur. Puisque vous m’accordez encore du temps, je ne veux plus penser désormais qu’à vous aimer. Vous-même aidez-moi de votre grâce.

 Vous aussi, ô Marie, aidez-moi par vos prières.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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