Saint Alphonse-Marie de Liguori : ÉTERNITÉ DE L’ENFER

damné1. Si l’enfer n’étais pas éternel, il ne serait pas l’enfer. Le véritable enfer est essentiellement éternel.

Une peine qui ne dure pas longtemps, n’est pas une grande peine. Par contre, une légère souffrance devient insupportable par la seule durée. Quel ennui ne serait-ce pas d’être obligé, toute une vie durant, d’assister à la même comédie, d’entendre toujours le même morceau de musique! Que sera-ce donc de subir tous les supplices de l’enfer ? Et pendant combien de temps? Durant toute l’éternité!

Nous regarderions comme atteint de démence l’homme qui, pour une journée de plaisir, s’exposerait à brûler vif. N’est-il pas insensé celui qui, pour une satisfaction sensuelle d’un moment, se condamne au feu de l’enfer où les réprouvés endurent le perpétuel déchirement de la mort sans jamais mourir ?

Par votre grâce, ô mon Dieu, gardez-moi dans votre amitié ! Que je serais à plaindre, si, après toutes les miséricordes dont vous m’avez comblé, j’osais encore vous tourner le dos! Mon Dieu, préservez-moi de ce grand malheur, ne m’abandonnez pas à moi-même!

2. Ranimons notre foi. Que celui qui se damne se damne pour toujours sans conserver la moindre espérance de réparer un jour ce désastre, c’est une vérité certaine: « Ils iront au supplice éternel, a dit le souverain Juge lui-même » (Mt 25, 46). Quiconque entre dans cette prison, ne peut plus en sortir. Ne pourra-t-il pas, au moins, se bercer d’un faux espoir et dire: « Qui sait? Peut-être un jour le Seigneur aura pitié de moi; il me tirera de cette prison? » Non, parce que l’infortuné sait bien que l’enfer n’aura pas de fin, et que ce qu’il souffre à chaque instant, il le souffrira toujours, aussi longtemps que Dieu sera Dieu.

Mon bien-aimé Rédempteur, j’ai la certitude d’avoir autrefois perdu votre grâce et d’avoir été condamné à l’enfer. J’ignore si vous m’avez pardonné. Pardonnez-moi, mon Jésus; oui, hâtez-vous de me pardonner, maintenant que je regrette amèrement de vous avoir offensé. Ne permettez pas que je vous offense encore.

3. En cette vie rien ne nous épouvante autant que la mort ; en enfer rien n’est plus ardemment désiré que la mort. « Ils souhaitent la mort, et la mort fuira loin d’eux » (Ap 9, 6). Dans l’impossibilité de mourir, trouveront-ils au moins, près d’eux, quelqu’un qui compatisse à l’excès de leurs tourments ? Non : personne en enfer qui ne les haïsse, personne qui ne soit heureux de leurs souffrances sans fin, sans trêve, éternelles. La trompette de la justice divine retentit sans interruption, et jette aux oreilles des réprouvés ces deux mots désespérants: « Toujours, toujours; jamais, jamais ! »

C’est parmi ces infortunés que je devrais me trouver, ô mon Jésus; mais vous m’avez préservé de ce malheur. Achevez votre œuvre en me sauvant du péché, qui, seul, peut me précipiter en enfer. Ah ! Ne permettez pas que je redevienne votre ennemi. Je vous aime, ô Bonté infinie; je me repens de vous avoir offensée. Pardonnez-moi; faites qu’au lieu de brûler pour toujours dans les flammes de l’enfer, comme je l’ai mérité, je brûle pour toujours du feu de votre saint Amour.

 Ô Marie, ô Marie, je me confie en vous.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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