Saint Alphonse-Marie de Liguori : DIEU POURSUIT LES PÉCHEURS POUR LES SAUVER

Jésus agneau1. Ne sommes-nous pas en présence d’une chose tout à fait étonnante ? L’homme, misérable ver de terre, est comblé de bienfaits par Dieu, aimé jusqu’à voir son Dieu donner sa vie pour lui ; eh bien! Cet homme a la hardiesse d’offenser son Dieu, de lui tourner le dos, de mépriser son amitié ! Mais nous voici devant un prodige beaucoup plus étonnant : Dieu, ce même Dieu, méprisé de la sorte par l’homme, se met à la recherche de l’homme pour l’inviter au repentir et lui faire miséricorde, comme si Dieu avait besoin de l’homme et que l’homme n’eût pas besoin de Dieu! Mon Jésus, vous me cherchez ; je vous cherche aussi; vous me voulez, je ne veux que vous seul, rien de plus.

2. L’Apôtre écrit: « Nous vous en conjurons de la part du Christ : réconciliez-vous avec Dieu » (2 Co 5, 20).

Saint Jean Chrysostome fait cette réflexion: « Quoi donc ! C’est Dieu qui prie les pécheurs ! Et que leur demande-t-il ? De vouloir se réconcilier avec lui, d’accepter ses propositions de paix » (S. Jean Chrysostome, In ep. II ad Cor. Hom. XI, n. 3, PG 50, 478).

Ah ! Jésus, mon Rédempteur, comment avez-vous pu tant m’aimer, moi qui vous ai tant offensé? J’abhorre plus que tout autre mal les déplaisirs que je vous ai causés. Augmentez ma douleur et mon amour, afin que je pleure mes péchés moins pour les châtiments qu’ils m’ont mérités, que pour la peine qu’ils vous ont faite, à vous, mon Dieu, si bon, si digne d’être aimé.

3. « Ô Dieu éternel, s’écrie Job, qu’est-ce que l’homme, pour que vous l’ayez tant exalté ? Comment pouvez-vous l’aimer à ce point? » (Jb 7, 17).

Quel bien, Seigneur, avez-vous reçu de moi ? Quel bien espérez-vous de moi, pour me porter tant d’affection et me chercher avec tant d’ardeur ? Peut-être avez-vous oublié la multitude de mes outrages et de mes infidélités ? Puisque vous m’aimez si tendrement, c’est une nécessité, je le vois, qu’a mon tour, moi, pauvre ver de terre, je vous aime, vous, mon Créateur et mon Rédempteur. Oui, je vous aime, mon Dieu ; je vous aime de tout mon cœur, je vous aime plus que moi-même; et, parce que je vous aime, je veux faire en tout votre bon plaisir. Ma peine la plus cuisante, sachez-le, c’est de penser que j’ai si souvent méprisé votre amour. J’espère compenser désormais par l’intensité de mon amour tous les déplaisirs que je vous ai causés. Daignez m’aider vous-même, je vous en supplie par les mérites du Sang que vous avez versé pour moi.

Vous aussi, ô Marie, aidez-moi par amour pour votre divin Fils, mort pour mon salut.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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