Saint Alphonse-Marie de Liguori : DIEU DAIGNERA-T-IL M’APPELER ENCORE ?

Saint Alphonse1. « Ne tarde pas à te convertir au Seigneur et ne diffère pas de jour en jour; car sa colère éclatera tout à coup, et, au jour de la vengeance, il te perdra » (Si 5, 7).

Par ces paroles, le Seigneur nous avertit que nous devons nous convertir sans retard, si nous voulons nous sauver. Différer de jour en jour notre conversion, c’est nous exposer à voir se lever le jour de la vengeance, jour terrible où Dieu cesse d’abord d’appeler, puis d’attendre: c’est ainsi qu’à la mort en état de péché mortel succède l’irréparable damnation éternelle. Pourquoi Dieu nous donne-t-il cet avertissement? Parce qu’il nous aime et ne peut se résoudre à nous voir perdus.

Je le vois, mon Dieu, vous voulez me sauver; vous voulez me faire miséricorde. En retour, je ne veux plus vous causer aucun déplaisir.

2. À combien de pauvres âmes le Seigneur n’a-t-il pas déjà donné les mêmes avertissements ! Elles n’en ont pas tenu compte, hélas ! Maintenant, ce sont les glaives qui leur transpercent le plus cruellement le cœur, au fond de l’abîme. La raison en est claire: plus grandes sont les bontés de Dieu, plus graves sont les péchés.

Ainsi, ô mon Jésus, si vous m’aviez traité comme je le méritais, je serais maintenant en enfer, en proie au pires supplices, précisément parce que vous m’avez comblé de tant et de si grandes faveurs. Non, je ne veux pas être plus longtemps ingrat. Dites-moi ce que vous voulez que je fasse, je veux vous obéir en tout. Je me repens de vous avoir tant de fois contristé ; je ne veux plus désormais chercher mon plaisir, mais le vôtre uniquement, ô mon Dieu, mon Tout.

3. Chose étonnante ! Les hommes sont tout prévoyance et tout ardeur pour leurs affaires temporelles; mais, pour la grande affaire de leur éternité, ils sont tout négligence et tout froideur. Ont-ils à récupérer une somme d’argent ? Ils s’empressent d’exiger toutes garanties en se disant: « Qui sait ce qui peut arriver ? » Mais s’agit-il de leur âme à sauver ? Les mêmes hommes passent des mois, des années, dans le péché. Pourquoi ? Parce qu’ils ne se posent pas en faveur de leur âme la question qu’ils se posent en faveur de chacune de leurs affaires temporelles: « Qui sait ce qui peut arriver ? » Cependant, s’ils perdent une somme d’argent, même considérable, tout n’est pas perdu; par contre, s’ils perdent leur âme, tout est perdu, et tout est perdu pour toujours, même l’espoir de pouvoir réparer le désastre.

Mon bien-aimé Rédempteur, vous avez donné votre vie pour me rendre digne de votre grâce; cette grâce, je l’ai souvent perdue pour des riens. Pardonnez-moi, ô Bonté infinie! Car, de tout mon cœur, je regrette ma conduite insensée. Vous m’avez trop obligé, Seigneur, à vous aimer. Je veux donc vous aimer de toutes mes forces. Je vous aime, ô mon Souverain Bien, je vous aime plus que moi-même. Ne permettez pas, ô mon Dieu, que je cesse jamais de vous aimer.

 Ô Marie, ma Mère, aidez-moi.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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