Saint Alphonse-Marie de Liguori : LE VOYAGE À L’ÉTERNITÉ

Saint Alphonse1. « l’Homme ira dans la maison de son éternité » (Qo 12, 5).

Cette terre n’est pas notre patrie, mais seulement un lieu de passage pour entrer dans notre demeure éternelle. Le pays où je me trouve, la maison que j’habite, ne sont ni mon pays, ni ma maison, mais une hôtellerie qu’il me faudra quitter bientôt, et plus tôt que je ne l’imagine. Quelle sera la demeure de mon corps jusqu’au jour du jugement général ? Une fosse. Quelle sera la demeure de mon âme ? L’Éternité, c’est-à-dire le ciel, si je me sauve; l’enfer, si je me damne.

Folie donc, de m’attacher à des choses que je dois quitter! Je veux m’assurer une bonne demeure dans l’éternité que je dois habiter à jamais.

2. « L’homme ira dans la maison de son éternité. » « Il ira », dit le prophète, pour nous faire comprendre que chacun a le choix de sa demeure définitive. On ne l’y portera pas, il s’y rendra de lui-même. Il y a, dans l’autre vie, la foi nous l’enseigne, deux demeures : l’une, c’est un palais royal avec tous les délices dans une félicité sans fin, le ciel ; l’autre, c’est une prison avec tous les tourments et les pleurs éternels, l’enfer. Vois, mon âme, où tu veux aller. Mais si tu veux le ciel, sache qu’il faut prendre le chemin du ciel; en suivant le chemin de l’enfer, tu te retrouveras un jour en enfer.

Mon Jésus, éclairez-moi, fortifiez-moi. « Ne permettez pas que je me sépare de vous. » (Invocation tirée de la prière Anima Christi, longtemps attribuée à S. Ignace de Loyola, mais attestée dès le XIVe siècle).

3. « L’homme ira dans la maison de son éternité. »

Donc, si je me sauve et que j’entre dans le séjour du bonheur, je serai heureux, non pas pendant quelques années ou quelques siècles, mais pendant toute l’éternité ; mais si je me damne et que j’entre dans le séjour des tourments, je serai malheureux, non pas pendant quelques années ou quelques siècles, mais pendant toute l’éternité. Pour me sauver, il faut donc que j’aie toujours devant les yeux cette éternité. Celui qui vit dans la pensée de l’éternité, ne s’attache pas aux biens de ce monde : il se sauve. Toutes mes œuvres seront désormais autant de pas vers l’Éternité bienheureuse : ce sera là ma grande préoccupation.

Mon Dieu, je crois à la vie éternelle. À l’avenir, je ne veux plus vivre que pour vous. Par le passé, j’ai vécu pour moi-même ; je vous ai perdu, vous, le Bien infini. Je suis résolu de ne plus vous perdre, mais de vous servir et de vous aimer toujours. Mon Jésus, ne m’abandonnez pas ; aidez-moi.

Ô Marie, ma Mère, protégez-moi.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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