Saint Alphonse-Marie de Liguori : LE JUGEMENT PARTICULIER

jugement1. À l’instant même et dans le lieu même où l’homme expire, le tribunal divin est dressé, la cause instruite, la sentence prononcée. « Ceux qu’il a connus dans sa prescience, il les a prédestinés à être conformes à l’image de son Fils… il les a glorifiés, etc. » (Rm 8, 29-30), dit l’apôtre saint Paul. Donc, pour être jugés dignes de la gloire éternelle, il faudra que notre vie soit trouvée conforme à la vie de Jésus Christ. Aussi saint Pierre, parlant du jugement, affirme-t-il à juste titre: « Le juste lui-même ne se sauvera qu’avec peine » (1 P 4, 8).

Ô mon Jésus, ô mon Juge! Qu’en sera-t-il de moi, dont la vie est toute différente de la vôtre? Mais votre Passion est mon espérance. Je suis pécheur sans doute, mais vous pouvez me changer en vrai saint; j’espère cette grâce de votre bonté.

2. Lorsque le vénérable Louis du Pont considérant le jugement qui devait suivre sa mort et le compte que Dieu lui demanderait de toute sa vie, il tremblait tellement que sa chambre elle-même en tremblait. (F. Cachupin, Vie du vénérable Louis du Pont, ch. 38, Paris 1861, 338). Il faut donc que nous tremblions, nous aussi, à la pensée de ce terrible compte à rendre; efforçons-nous de suivre fidèlement l’avis du Seigneur: « Cherchez le Seigneur, pendant que vous pouvez le trouver » (Es 55, 6). Si nous arrivons à l’heure de la mort en état de péché, il nous sera bien difficile de le trouver ; cherchons-le dès maintenant par le repentir et par l’amour, et nous le trouverons.

Seigneur, je suis affligé ? plus que de tout autre mal ? de vous avoir méprisé. Maintenant je vous mets au-dessus de tout et je vous aime plus que tous les biens.

3. « Que ferai-je, s’écriait Job, lorsque Dieu se lèvera pour me juger ? Et lorsqu’il m’interrogera, que répondrai-je ? » (Jb 31, 14). À mon tour, je me demande ce que je pourrai répondre au Seigneur, si je lui résiste encore, après tant de miséricordes, après tant d’invitations pressantes.

Non, je ne veux plus vous résister, ô mon Dieu ; je veux mettre un terme à mon ingratitude. Que d’outrages je vous ai faits! Que de fois je vous ai trahi! Mais vous avez donné votre Sang pour me laver de mes iniquités. « Ayez pitié, ô Jésus, de vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux Sang ». (Hymne: Te Deum). Ô Bien suprême, je me repens de vous avoir offensé; je vous aime de tout mon cœur; ayez pitié de moi.

Je vous en supplie, ô Marie, ma Mère, ne m’abandonnez pas.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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