Saint Alphonse-Marie de Liguori : LA MORT EST PROCHE

cercueil1. Il faut mourir. Personne ne l’ignore. Malheureusement, beaucoup reculent la mort dans un avenir si lointain, qu’elle leur paraît ne devoir jamais arriver. Ne nous faisons pas illusion; notre vie est courte, la mort est proche; nous n’avons que peu de jours à passer sur cette terre, beaucoup moins, peut-être, que nous ne pensons. Au fait, qu’est-ce que notre vie, sinon une vapeur légère qui se dissipe au moindre souffle de vent, un brin d’herbe qu’un rayon de soleil dessèche et fait périr ?

 Mon Dieu, vous ne m’avez pas fait mourir quand j’étais dans votre disgrâce, parce que vous voulez, non pas que je me perde, mais que je vous aime. Eh bien ! Oui, Seigneur, je veux vous aimer.

2. « Mes jours, disait Job, battent à la course les coureurs » (Jb 9, 25).

Oui, plus rapide qu’un coureur, la mort se précipite à notre rencontre; nous aussi, nous courons vers la mort; chaque pas, chaque respiration, chaque minute, nous en rapproche. À l’heure de la mort, comme nous soupirerons après l’un de ces jours, après l’une même de ces heures, que nous gaspillons maintenant!

Ah ! Seigneur, si l’on m’annonçait à l’instant que l’heure de ma mort va sonner, aurais-je quelques bonnes œuvres à vous offrir ? Je vous en supplie, ayez pitié de moi; ne permettez pas que je meure ingrat envers vous, comme je l’ai été jusqu’ici. Donnez-moi la douleur de mes péchés, donnez-moi votre amour, donnez-moi la sainte persévérance.

3. La mort se hâte. Il faut donc nous hâter aussi, nous hâter de faire le bien et régler nos comptes, afin qu’ils soient bien en règle le jour où la mort nous frappera; ce jour-là, elle nous ôtera tout moyen de réparer le mal commis. Combien de gens sont en enfer pour avoir dit: « Je me convertirai plus tard ! » La mort les a surpris et précipités dans les supplices éternels !

Mon bien-aimé Rédempteur, je ne veux plus résister à vos appels. Vous m’offrez le pardon, je le désire ardemment, je vous le demande et je l’espère par les miséricordes de cette mort que vous avez, ô mon Jésus, endurée précisément pour me pardonner. Je me repens, ô Bonté infinie, de vous avoir offensée. Vous, ô mon Jésus, vous êtes mort pour moi, et moi, j’ai préféré mes misérables satisfactions à votre amitié ! Mais, avec votre secours, j’espère vous aimer toujours à l’avenir. Je vous aime, mon Dieu ; je vous aime. Vous êtes et vous serez toujours mon unique Bien, mon unique Amour.

Ô Marie, Mère de Dieu, daignez jeter un regard sur moi; ayez pitié de moi.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

Publicités