Saint Alphonse-Marie de Liguori : DIEU VEUT SAUVER QUICONQUE VEUT SE SAUVER

Saint Alphonse1. « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (Tm 2, 4). « Dieu ne veut pas que quelques-uns périssent, mais que tous reviennent à la pénitence » (2 P 3, 9).

Tel est l’enseignement de saint Pierre et de saint Paul. Pour nous sauver, le Fils de Dieu descendit du ciel, se fit homme, passa trente-trois années dans les travaux et les souffrances, répandit finalement son sang et donna sa vie. Nous, en retour, voudrons-nous nous perdre ?

Ainsi donc, ô mon Sauveur, c’est à l’œuvre de mon salut que vous avez consumé toute votre vie; moi, quelle fin ai-je poursuivie pendant tant d’années déjà passées sur la terre ? Quels fruits vous ai-je rapportés jusqu’ici ? Tel qu’un arbre stérile, j’ai bien mérité de tomber sous les coups de la cognée et d’être jeté dans l’enfer. Mais « vous ne voulez pas la mort du pécheur, vous voulez sa conversion et sa vie » (Ez 33, 11). Vous-même l’avez dit. Eh bien ! Oui, mon Dieu, je quitte tout pour revenir à vous. Je vous aime, et, parce que je vous aime, je me repens de vous avoir offensé. Daignez m’accueillir, et ne permettez pas que je m’éloigne encore de vous.

2. Que n’ont pas fait les saints pour assurer leur salut éternel ! Combien de grands seigneurs ont laissé leurs domaines, combien de rois, même, sont descendus du trône, pour aller s’enfermer dans un cloître ! Combien de jeunes gens ont abandonné parents et patrie, pour aller vivre dans quelque caverne, au milieu d’un désert! Combien de martyrs ont affronté les supplices les plus raffinés, et y sont morts! Pourquoi ? Pour sauver leur âme. Pour sauver la nôtre, que faisons-nous ?

Infortuné que je suis ! La mort n’est peut-être pas loin, et je n’y pense pas ! Non, mon Dieu, je ne veux plus vivre séparé de vous. Qu’est-ce que j’attends? Sans doute, que la mort me surprenne dans le triste état où je me trouve maintenant? Non, mon Dieu, qu’il n’en soit pas ainsi ! Prêtez-moi plutôt aide et assistance, pour que je me prépare à la mort.

3. Ô ciel ! Que de grâces le Seigneur m’a faites dans son désir ardent de me voir sauvé ! Il m’a fait naître dans le sein de la véritable Église ; il m’a très souvent pardonné mes offenses; il m’a donné d’innombrables lumières au pied de la chaire de vérité, dans l’oraison, dans les communions, durant les Exercices spirituels de mes retraites ; il a prodigué ses pressants appels pour m’attirer à son amour. Pourquoi tant de grâces qu’il n’a pas accordées à tant d’autres ? Grâce de choix, sinon pour que je travaille énergiquement à me sanctifier.

Quand donc, ô mon Dieu, prendrai-je la résolution de me détacher du monde et de me livrer tout entier à vous? Me voici, ô Jésus! Je ne veux plus vous résister. Vous m’avez comblé de trop de bienfaits. Je veux être tout à vous; acceptez-moi; ne dédaignez pas l’amour d’un pécheur, coupable de vous avoir jusqu’ici tant de fois méprisé. Je vous aime, mon Dieu, mon Amour, mon Tout; ayez pitié de moi.

 Ô Marie, vous êtes mon Espérance.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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