Saint Alphonse-Marie de Liguori : ABANDON DU PÉCHEUR DANS SON PÉCHÉ

Saint Alphonse1. Dieu inflige au pécheur un grand châtiment, quand il le fait mourir en état de péché; pourtant, ce châtiment n’est pas le plus grand: le plus grand consiste à l’abandonner dans son péché. « Pas de punition plus terrible, écrit Bellarmin, que celle où le péché devient la punition du péché ». (S. Robert Bellarmin, Explanatio in psalmum 67, 32, Opera, tome 5, Cologne 1617, 495).

Je vous remercie, ô mon Jésus, de ne m’avoir pas fait mourir en état de péché, surtout de ne m’avoir pas abandonné dans mon péché. Dans quel abîme d’iniquités ne serais-je pas tombé, si votre main ne m’avait retenu ! Continuez, ô mon Sauveur, à me préserver du péché : ne m’abandonnez jamais.

2. « J’arracherai la haie, et la vigne sera livrée au pillage » (Es 5, 5).

Quand le maître d’une vigne arrache la haie, et la laisse ouverte à tout venant, c’est signe qu’il la considère comme perdue et qu’il l’abandonne définitivement. Ainsi fait Dieu, quand il abandonne une âme ; il détruit la haie de sa sainte crainte, de sa lumière, de sa parole ; désormais l’âme, frappée d’aveuglement, enlacée dans ses vices, ne fera plus que tout mépriser: grâce divine, ciel, avertissements, censures, sa damnation même, jusqu’au jour où, des épaisses brûlures de ses péchés, l’infortunée tombera dans les ténèbres éternelles de l’enfer: « L’impie, lorsqu’il est descendu au fond de l’abîme du péché, se moque » (Pr 18, 3).

Voilà, Seigneur, ce que j’ai mérité pour avoir tant de fois méprisé vos lumières et vos appels! Mais vous ne m’avez pas encore abandonné, je le vois. Mon Dieu, je vous aime et j’espère en vous.

3. « Nous avons soigné Babylone, mais elle n’a pas guéri; laissons-la » (Jr 51, 9).

Le médecin considère attentivement son malade, lui prescrit des remèdes, le reprend de ses excès; mais voit-il que le malade, faute d’obéir, va de mal en pis ? Il se retire et l’abandonne. Ainsi Dieu traite-il les obstinés: il ne leur parle plus que rarement; à peine leur donne-t-il ces grâces suffisantes avec lesquelles on peut se sauver, mais avec lesquelles on peut se sauver, mais avec lesquelles, en fait, on ne se sauve pas. Les ténèbres de leur esprit, l’endurcissement de leur cœur, les mauvaises habitudes invétérées, rendent leur salut moralement impossible.

Puisque j’entends, ô mon Dieu, votre voix m’appeler à la pénitence, c’est une preuve que vous ne m’avez pas abandonné; je suis résolu de ne plus vous quitter. Je vous aime, Bonté infinie, et, parce que je vous aime, je suis souverainement affligé de vous avoir offensée. Mon Jésus, je vous aime, et j’espère, par les mérites de votre Sang, la grâce de vous aimer toujours. Ne permettez pas que je me sépare encore de vous.

 Sainte Vierge Marie, soyez mon Avocate.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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