Saint Alphonse-Marie de Liguori : POUR BIEN MOURIR, IL FAUT PENSER À LA MORT

heure mort1. Les mondains sont très attentifs à chasser la pensée de la mort, comme si, pour échapper à la mort, il suffisait de ne pas y penser. Mais, hélas ! En fuyant la pensée de la mort, que font-ils, sinon se mettre en un plus grand danger de faire une mauvaise mort ?

Il n’y a pas de remède contre la mort : tôt ou tard il faut mourir, et, chose qui doit être souverainement prise en considération, on ne meurt qu’une fois; mourir mal cette unique fois, c’est mourir mal pour toujours.

Je vous remercie, ô mon Dieu, de la lumière que vous me donnez. Je n’ai que trop perdu d’années jusqu’ici! Tout le reste de ma vie, je veux vous le consacrer. Dites-moi ce que vous voulez que je fasse: je n’ai qu’une ambition, vous plaire en tout.

2. Quand les saints fuyaient le monde, s’enfonçaient dans les déserts pour s’assurer une bonne mort, ils n’emportaient avec eux que l’un ou l’autre livre spirituel, et une tête de mort. À la vue de cette tête de mort, ils se redisaient sans cesse : « Mon corps ressemblera bientôt à ces os desséchés; mais mon âme, où sera-t-elle alors? ». Aussi, tous leurs efforts tendaient-ils à l’acquisition des biens, non de la vie présente qui passe, mais de la vie qui ne passe pas.

Seigneur, je vous remercie de ne m’avoir pas fait mourir quand j’étais en état de péché. Je me repens de vous avoir offensé; j’espère obtenir mon pardon par les mérites de votre sang. Mon Jésus, je veux me détacher de tout et faire tout ce que je puis pour vous contenter.

3. Sur le point de mourir, un saint ermite laissait éclater sa joie. On lui demanda la raison de cette surprenante allégresse : « J’ai toujours eu la mort devant les yeux, répondit-il; maintenant que je la vois arriver, elle ne m’épouvante pas ». (G. Campadelli, Sermoni sacri morali, disc. 23 post Pent. Venise 1751, 553. Cet auteur était apprécié de saint Alphonse qui emporta le livre avec lui quand il fut nommé évêque de Sainte-Agathe-des-Goths). À ceux qui, pendant leur vie, n’ont cherché que la satisfaction de leurs mauvais penchants, sans s’occuper de leur fin dernière, la mort apporte l’effroi ; mais elle n’offre rien d’effrayant à ceux qui, gardant toute leur vie la pensée de la mort, ont méprisé les biens terrestres et se sont efforcés de n’aimer que Dieu.

Mon bien-aimé Sauveur, je vois que ma mort approche; je vois non moins clairement que je n’ai jamais rien fait pour vous, qui êtes mort pour moi. Non! Il n’en sera pas toujours ainsi. Je veux vous aimer ardemment avant de mourir, ô Dieu digne d’un amour infini! Par le passé, je n’ai fait que vous déshonorer par mes offenses: je m’en repens de tout mon cœur ; je veux désormais vous honorer en vous aimant de toutes mes forces. Éclairez-moi, donnez-moi le courage d’accomplir ma résolution. Vous voulez que je sois tout à vous: tout à vous je veux être. Prêtez-moi toujours aide et secours. J’espère en vous.

 Ô Marie, ma Mère et mon Espérance, je me confie aussi en vous.

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