Saint Alphonse-Marie de Liguori : PAR LE PÉCHÉ, L’HOMME SE DÉTOURNE DE DIEU

confessional1. Qu’est-ce que le péché mortel ? Saint Augustin et saint Thomas répondent : « Aversio o Deo : l’acte par lequel on se détourne de Dieu, l’acte par lequel on tourne le dos à Dieu » (S. Thomas d’Aquin, 1-2, q. 87, a. 4; RJ, Le péché 3, trad. R. Bernard, 187, S.Augustin, Du libre arbitre, liv. 2, ch. 19; PL 32, 1269; BA, 6, 317), délaissant le Créateur pour lui préférer la créature. Quel châtiment ne mériterait pas un sujet qui, recevant un ordre de son roi, lui tournerait le dos, avec un mépris profond de son autorité, pour aller transgresser l’ordre intimé ? Telle est la conduite du pécheur, tel est le crime puni dans l’enfer par la peine du dam, c’est-à-dire de la privation de Dieu: juste châtiment de celui qui, délibérément, a tourné le dos à Dieu.

Que de fois, mon Dieu, ce crime de vous tourner le dos, ne l’ai-je pas commis ! Pourtant, je vois que vous ne m’avez pas abandonné; je vois que vous me cherchez encore et que vous m’offrez le pardon en m’invitant au repentir. Oui, Seigneur, je suis affligé plus que de tout mal de vous avoir offensé; ayez pitié de moi.

2. « Jérusalem, Jérusalem, dit le Seigneur, tu m’as abandonné, pour te retirer en arrière » (Jr 15, 6).

C’est le reproche que Dieu fait au pécheur sur le ton de la crainte : « Ingrat, lui dit-il, tu m’as abandonné. Jamais je ne t’aurais laissé, moi, si, le premier, tu ne m’avais tourné le dos. » Ô ciel ! Quelle épouvante s’emparera du pécheur, lorsque, sur le point d’entendre la sentence du souverain Juge assis au redoutable tribunal, il lui faudra d’abord entendre ces paroles de trop juste indignation !

Ces terribles paroles, ô mon Sauveur, vous me les adressez maintenant, non pour me condamner, mais pour me porter au repentir de toutes mes offenses. Mon Jésus, je suis très affligé de tous les déplaisirs que je vous ai causés. Pour de misérables satisfactions, je vous ai quitté, vous le Bien infini! Mais voici que, contrit et humilié, je reviens à vous, mon Dieu : ne me repoussez pas !

3. « Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël… revenez à moi, et vivez » (Ez 18, 31-32).

Ô hommes, dit Jésus Christ, je suis mort pour vous sauver. Et vous, pourquoi voulez-vous par le péché vous condamner à une mort éternelle ? Revenez à moi, vous recouvrerez ainsi la vie de la grâce.

Jamais, ô mon Jésus, je n’aurais la hardiesse de vous demander miséricorde, si je ne savais que vous êtes mort pour me pardonner. Hélas! Que de fois j’ai méprisé votre grâce et votre amour! Ah! Que ne suis-je mort plutôt que de vous faire cette grave injure! Vous qui m’avez cherché dans le temps même que je vous offensais, vous ne me repousserez pas maintenant que je vous aime et ne cherche que vous seul. « Deus meus et omnia: Mon Dieu, mon tout » ; ne me laissez pas tomber dans mon ingratitude passée.

 Ô Marie, ma Reine et ma Mère, obtenez-moi la sainte persévérance.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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