Saint Alphonse-Marie de Liguori : MISÉRICORDIEUX APPELS DE DIEU POUR RAMENER LE PÉCHEUR

Saint Alphonse1. « Adam, où es-tu ? » (Gn 3, 9).

Parole d’un père, remarque un interprète, paroles d’un père à la recherche du fils qu’il vient de perdre.

Elle est vraiment sans bornes, la miséricorde de notre Dieu ! Adam pèche, il tourne le dos à Dieu. Dieu ne l’abandonne pas; bien plus, il se met à sa recherche : « Adam, mon fils, lui crie-t-il, où es-tu ? Hélas ! Je t’ai perdu, je te cherche partout ».

Que de fois, ô mon âme, n’as-tu pas fait l’expérience de cette miséricorde divine! Par le péché, tu as délaissé ton Dieu ; mais lui n’a pas cessé de te chercher. Lumières intérieures, remords de conscience, saintes inspirations, il a tout employé : c’étaient autant d’appels de miséricorde et d’amour.

Ô Dieu de miséricorde et d’amour, comment ai-je pu vous offenser si gravement, vous montrer tant d’ingratitude ?

2. Comme un père, à la vue d’un fils sur le point de se jeter dans un précipice, s’élance avec des cris de douleur pour le retenir et le préserver de la mort, ainsi, mon Dieu, vous êtes-vous conduit envers moi. Par le chemin du péché multiplié, j’allais me précipiter en enfer : vous m’avez arrêté. Je vois clairement, mon bien-aimé Seigneur, l’amour que vous m’avez témoigné, j’espère aller au ciel « chanter à jamais vos miséricordes : Misericordias Domini in aeternum cantabo » (Ps 89/88, 2).

Oui, je le sais, ô mon Jésus, vous voulez me sauver. Mais j’ignore si vous m’avez pardonné. De grâce, donnez-moi une grande douleur de mes péchés, donnez-moi un grand amour pour vous ! Que ce soient là les signes de votre pardon accordé !

3. Mais, ô mon Sauveur, comment puis-je craindre que vous me refusiez votre pardon, puisque vous-même me l’offrez et que vous m’ouvrez les bras pour me presser sur votre cœur, si je reviens à vous ? Oui, je reviens à vous, pénétré de regret et vivement touché de voir qu’après tant d’offenses reçues de moi, vous m’aimez encore ! Que ne vous ai-je jamais contristé, ô mon souverain Bien ! De tout mon cœur, je me repens. Pardonnez-moi, ô mon Jésus; je ne veux plus vous causer le moindre déplaisir. Je ne me contente pas du pardon, daignez le remarquer; je veux en outre que vous me donniez un grand amour pour vous. Trop souvent, jusqu’ici, j’ai mérité de brûler dans le feu de l’enfer, je veux désormais brûler du feu de votre amour. Je vous aime, mon Amour ; je vous aime, ma Vie, mon Trésor, mon Tout !

Ô Marie, ma Protectrice, faites que je sois fidèle à Dieu jusqu’à la mort.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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