Saint Alphonse-Marie de Liguori : LES BLESSURES DE JÉSUS CHRIST BLESSENT NOS CŒURS D’AMOUR

Jésus en croix1. Saint Bonaventure veut nous faire comprendre les merveilleux effets que produit habituellement la contemplation des plaies de Jésus Christ. Il s’écrie: « Les blessures dont mon Jésus est couvert, de la tête aux pieds, attendrissent les cœurs les plus durs, enflamment d’amour les âmes les plus glacées ». (S. Bonaventure, L’aiguillon de l’amour, P. 1, ch. 1, Vivès, tome 12, 635).

De fait, est-il possible de croire au mystère d’un Dieu, librement et de son plein gré souffleté, flagellé, couronné d’épines, mourant, enfin, sur la croix, par amour pour nous, sans lui rendre amour pour amour ? Cependant, quelle n’est pas à son égard notre ingratitude ? Comme l’on comprend que saint François ait parcouru la campagne en pleurant et en redisant: « L’amour n’est pas aimé ! L’amour n’est pas aimé ! » (A. de Torres, Gesù Bambino, rag. 8, Naples 1731, 100).

Mon Jésus, je suis, moi, l’un de ces ingrats. Depuis tant d’années que je vis ici-bas, je ne vous ai jamais aimé. Vais-je continuer, maintenant, de vous payer d’ingratitude ? Non, ô mon divin Rédempteur. Avant de mourir, je veux vous aimer, je veux me donner tout à vous; ayez pitié de moi; daignez m’accueillir et m’aider.

2. « Regardez, chante la sainte Église, en nous montrant Jésus Christ mort sur la croix, voyez comme tout en lui respire l’amour, inspire l’amour: sa tête inclinée, ses bras étendus, son côté percé ». (Breviaire Romain, le vendredi après le dimanche de la Passion, Office de la B. V. M. des Sept Douleurs. Matines: Répons 1). Ô hommes, considérez donc votre Dieu mort par amour pour vous : remarquez qu’il a les bras ouverts pour vous embrasser, la tête penchée pour vous donner le baiser de paix, le côté transpercé pour vous donner asile dans son cœur, si, toutefois, vous voulez l’aimer.

Oui, je veux vous aimer, ô Jésus, mon Trésor, mon Amour, mon Tout. Qui donc voudrais-je aimer, si je n’aime pas un Dieu mort par amour pour moi ?

3. « La charité du Christ nous presse » (2 Co 5, 14).
Vous êtes mort, ô mon divin Rédempteur, par amour pour les hommes. Pourquoi les hommes ne vous rendent-ils pas amour pour amour? Parce qu’ils passent leur vie sans penser à la mort que vous avez endurée pour les sauver. S’ils y pensaient, nul doute qu’ils ne pourraient vivre sans vous aimer. « Savoir que Jésus Christ, vrai Dieu, nous a aimés jusqu’à souffrir pour nous la mort, et la mort de la croix, cela, dit saint François de Sales, cela n’est-ce pas avoir nos cœurs sous le pressoir, les sentir presser de force, en sentir exprimer de l’amour par une contrainte d’autant plus forte, qu’elle est plus aimable ? » (S. François de Sales, Traité de l’amour de Dieu, liv. 7, ch. 8, AN tome 5, 33; RVP 687). C’est précisément de cette douce contrainte, exercée sur nos cœurs par l’amour de Jésus Christ, que saint Paul parle, quand il dit: « L’amour que Jésus Christ nous a témoigné, nous presse, nous force à l’aimer. »

Mon bien-aimé Seigneur, par le passé, je vous ai méprisé; maintenant je vous préfère à tout, je vous aime plus que ma vie. Ma douleur la plus vive est celle que j’éprouve au souvenir de tous les déplaisirs que je vous ai causés, ô mon Amour! De grâce, ô mon Jésus, pardonnez-moi; attirez à vous mon cœur tout entier, afin que, désormais, je ne désire que vous, ne cherche que vous, ne soupire qu’après vous.

 Ô Marie, ma Mère, prêtez-moi votre secours pour aimer Jésus.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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