Saint Alphonse-Marie de Liguori : TERREUR DES MORIBONDS À LA VUE DU JUGEMENT TOUT PROCHE

pécheur jugé1. « Je vais mourir bientôt, se dit le mourant épouvanté; bientôt je comparaîtrai devant le tribunal de Jésus Christ, mon Juge, pour lui rendre compte de toute ma vie. » Il est venu, le moment du grand passage : il faut passer de ce monde à l’autre, du temps à l’éternité.

Alors rien ne le torture autant que la claire vision de ses péchés.

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, pendant sa dernière maladie, pensait au jugement : elle tremblait. « Soyez sans crainte » lui dit le confesseur. « Mon Père, répondit-elle, que c’est terrible d’avoir à comparaître devant Jésus Christ, devenu mon Juge ! » (V. Puccini, Vita della ven. Suor M. Maddalena de’ Pazzi, P 1, c. 73; Florence 1611, 104). Ainsi parlait cette vierge, qui fut sainte dès l’enfance; que dira celui qui, tant de fois, a mérité l’enfer ?

2. Après de longues années de pénitence, l’abbé Agathon tremblait encore et s’écriait : « Au jour du jugement, qu’en sera-t-il de moi ? » (Vie des Pères, Paroles d’Anciens, Agathon, liv. 3, n. 161; PL 73, 793). Comment donc ne tremblerait-il pas, le chrétien qui s’est rendu coupable de nombreux péchés mortels et n’en a pas fait pénitence ? Bon gré mal gré, à l’approche de la mort, le souvenir des péchés, la rigueur des jugements de Dieu, l’incertitude de la sentence qui sera portée, produiront dans son âme une affreuse tempête de troubles et d’angoisses. Hâtons-nous donc d’embrasser les pieds de Jésus Christ; assurons-nous notre pardon avant l’échéance du redoutable jour des comptes.

Ah ! Mon Jésus, mon Rédempteur, mais aussi mon Juge, ayez pitié de moi, avant que soit arrivé le jour de votre justice. Voyez à vos pieds le traître qui, tant de fois, vous promit fidélité, et puis, vous tourna le dos. Non, mon Dieu, vous ne méritiez pas d’être traité comme je vous ai traité. Pardonnez-moi; je veux sincèrement changer de vie. Je me repens, ô Bien suprême, de vous avoir méprisé; ayez pitié de moi.

3. Alors, la grande affaire de notre salut éternel est sur le point de se décider : décision redoutable qui va nous proclamer sauvés ou damnés pour toujours, heureux ou malheureux à jamais.

Tout le monde sait, tout le monde le dit: « C’est la vérité. » Mais, si c’est la vérité, pourquoi tout le monde ne renonce-t-il pas à tout pour ne plus s’occuper que de se sanctifier et d’assurer son salut éternel ?

Mon Dieu, je vous remercie des lumières que vous me donnez. Mon Jésus, souvenez-vous que vous êtes mort pour me sauver. Faites-moi la grâce de vous trouver apaisé, quand je vous verrai pour la première fois. Par le passé, j’ai méprisé votre amitié, maintenant je la mets au-dessus de tous les biens. Je vous aime, ô Bonté infinie, et, parce que je vous aime, je suis affligé de vous avoir offensé. Par le passé, je vous ai délaissé ; maintenant, je vous désire et vous cherche; faites que je vous trouve, ô Dieu de mon âme !

Marie, ma Mère, recommandez-moi à Jésus.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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