Saint Alphonse-Marie de Liguori : NÉANT DES BIENS DE CE MONDE

Saint Alphonse1. « Qu’est-ce que votre vie ? Une vapeur qui paraît un instant et s’évanouit ensuite » (Jc 4, 14).

Les vapeurs qui s’élèvent de la terre et baignent dans les rayons du soleil, présentent parfois un bel aspect; mais au moindre souffle du vent, tout se dissipe, tout s’évanouit. C’est l’image des grandeurs de ce monde. Tel seigneur est aujourd’hui redouté, flatté, entouré d’hommages par la foule : la mort le frappe-t-elle demain ? Dès demain, on n’aura plus pour lui que mépris et malédictions. Oui, la mort est la fin de tout ; honneurs, richesses, plaisirs.

Je vous en supplie, ô mon Dieu ! Faites-moi connaître quel bien immense vous êtes, afin que je vous aimer et rien que vous.

2. La mort dépouille l’homme de tout ce qu’il possède ; elle ne lui laisse rien. Voyez ce riche qu’on porte, après sa mort, hors de son palais : quel triste spectacle ! Il n’y rentrera pas. D’autres viendront prendre possession de tout ce qui lui appartenait, trésors et domaines. Les serviteurs l’accompagnent jusqu’à la tombe, et se hâtent de l’abandonner en pâture aux vers. Personne ne l’estime plus, plus un seul flatteur ! Hier, sur un signe de lui, tous obéissaient; aujourd’hui, on ne tient nul compte de ses ordres.

Que je suis malheureux d’avoir couru si longtemps après les vanités du monde et de vous avoir fui, ô Bien infini ! Désormais, vous serez mon Dieu, mon unique richesse, mon unique amour.

3. « Pourquoi s’enorgueillit ce qui est poussière et cendre ? » (Si 10, 9).

Ô homme, dit le Seigneur, ne vois-tu pas que, bientôt, tu ne seras que poussière et cendre? Cependant, vers quoi tournes-tu ton esprit et ton cœur ? Considère qu’avant peu la mort te dépouillera de tout et te bannira de ce monde; puis, il te faudra rendre compte de toute ta vie. Si tu te trouves alors en défaut, quel sera ton sort pendant l’éternité ?

Ah ! Mon Dieu, je vous remercie. Vous m’avertissez, parce que vous voulez me sauver. Vous m’ouvrez le sein de vos miséricordes. Vous avez promis le pardon au pécheur qui se repent; de tout mon cœur je me repens; pardonnez-moi donc. Vous avez promis d’aimer qui vous aime. Je vous aime plus que toute chose ; aimez-moi donc. Ne me haïssez plus comme je l’ai mérité.

Ô Marie, mon Avocate, votre protection est mon espérance.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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