Saint Alphonse-Marie de Liguori : LE NOMBRE DES PÉCHÉS

péché1. De même que le Seigneur a fixé pour chacun la mesure des talents, des biens temporels et des années de vie qu’il veut lui accorder, ainsi a-t-il déterminé pour chacun le nombre de péchés qu’il consent à lui pardonner. Ce nombre une fois atteint, c’est le châtiment impitoyable ; il n’y a plus de pardon. Tel est l’enseignement de saint Basile, de saint Jérôme, de saint Ambroise, de saint Augustin et de beaucoup d’autres.

« Tant que le pécheur, dit saint Augustin, n’a pas comblé la mesure fixée par Dieu, Dieu le supporte; mais, une fois la mesure comble, il n’y a plus de pardon pour lui ». (S. Augustin, La vie chrétienne, ch. 4; PL 40, 1035).

Mon Dieu, je vois que, dans le passé, j’ai par trop exaspéré votre patience; mais je vois aussi que vous ne m’avez pas encore abandonné, puisque j’ai la douleur de vous avoir offensé et que cette douleur est un signe que vous m’aimez encore. Seigneur, je ne veux pas vous offenser davantage. Ayez pitié de moi, ne me délaissez pas.

2. « Le Seigneur, pour punir les nations, attend avec patience qu’elles aient comblé la mesure de leurs iniquités: c’est alors l’heure du jugement » (2 Mac 6, 14).

Ainsi pour le pécheur: Dieu prend patience et attend jusqu’au jour où la mesure de ses péchés sera comble. Alors il n’attend plus, il châtie impitoyablement.

Ah ! Seigneur, attendez, ne m’abandonnez pas encore; car j’espère, avec votre secours, ne plus provoquer votre indignation. Je me repens, ô Bonté infinie, de vous avoir offensée; je vous promets de ne plus vous trahir. Maintenant je préfère votre amitié à tous les biens du monde.

3. Nous péchons et nous ne prenons pas garde au poids toujours croissant de nos iniquités. Ah ! Tremblons: craignons que notre sort ne soit finalement celui du roi Balthazar: « Tu as été pesé dans la balance, lui fut-il dit, et tu as été trouvé trop léger » (Dn 5, 27).

Qu’importe, suggère le démon, dix ou bien onze péchés ?

N’écoutez pas ce menteur; il vous trompe. Un péché de plus augmente le poids et fait d’autant plus pencher la balance de la divine Justice. Elle finira par se trouver en bas : vous serez passibles de l’enfer. Mon cher frère, si vous ne vivez pas dans la crainte qu’un nouveau péché mortel, s’ajoutant à ceux que vous avez déjà commis, ne vous ferme le sein de la divine miséricorde ; si cette pensée ne vous fait pas trembler, vous vous damnerez facilement.

Mon Dieu, vous m’avez trop longtemps supporté; non, je ne veux plus abuser de votre bonté. Soyez béni de m’avoir attendu jusqu’à ce jour. Il suffit que je vous aie perdu, hélas ! Tant de fois ! Je ne veux plus vous perdre à l’avenir. Puisque vous ne m’avez pas encore abandonné, faites vous-même que je vous trouve. Je vous aime, mon Jésus ; de tout mon cœur je me repens de vous avoir tourné le dos. Non, je ne veux plus vous perdre; aidez-moi de votre grâce.

Vous aussi, ô Marie, ma Reine et ma Mère, aidez-moi; priez pour moi.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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