Saint Alphonse-Marie de Liguori : LE FEU DE L’ENFER

feu1. Un abîme de feu, dans lequel les malheureux damnés subissent et subiront à jamais le plus cruel supplice: voilà sans doute possible ce qu’est l’enfer.

Sur la terre, déjà, il n’est pas de supplice plus terrible, plus douloureux que celui du feu. Bien plus puissant sera l’énergie du feu de l’enfer pour torturer ses victimes: Dieu l’a créé tout exprès pour être le bourreau (Mt 25, 41). Telle sera la sentence des réprouvés.

Pourquoi, dans la sentence de condamnation, cette mention spéciale du feu ? Parce que, de tous les supplices endurés par les sens du damné, le feu constitue le plus grand.

Ô mon Dieu, depuis combien d’années n’ai-je pas mérité de brûler dans ce feu! Vous m’avez attendu; pourquoi ? Pour me voir brûler, non pas de ce feu terrifiant, mais du feu si doux de votre amour. Oui, je vous aime, ô mon souverain Bien; je veux vous aimer éternellement.

2. En ce monde, le feu tourmente les corps à l’extérieur; il ne les pénètre pas. Dans l’enfer, le feu pénètre les damnés pour les tourmenter à l’intérieur comme à l’extérieur. « Vous les rendrez comme une fournaise ardente » (Ps 21/20, 10), dit à Dieu le prophète. Qu’arrivera-t-il donc à ces fournaises ardentes ? Leur cœur brûlera dans leur poitrine, leurs entrailles dans leur ventre, leur cerveau dans leur tête, leur sang dans leurs veines, tout brûlera, même la moelle de leurs os.

Ô pécheurs; que pensez-vous de ce feu ? Vous qui ne pouvez souffrir une étincelle échappée par hasard d’un foyer, vous qu’une chambre surchauffée incommode, vous, à qui un rayon de soleil donne la migraine, comment pourrez-vous supporter d’être plongés dans cet océan de feu, où vous souffrirez une continuelle mort, sans mourir jamais.

Ah ! Mon Rédempteur, qu’il ne soit pas perdu pour moi, le Sang que vous avez répandu par amour pour moi ! Donnez-moi la douleur de mes péchés; donnez-moi votre saint amour ?

3. « Qui de vous, interroge le prophète, sera capable de séjourner dans le feu dévorant ? » (Es 33, 14)

Comme une bête féroce dévore un chevreau, ainsi le feu de l’enfer dévore le damné; il le dévore sans cesse, mais sans jamais le faire mourir.

« Continue, s’écrie saint Pierre Damien, continue, pécheur; continue, voluptueux, à satisfaire ta chair. Le jour approche où toutes tes impuretés se changeront en une poix bouillante; elles ne serviront qu’à nourrir, à rendre plus vives et plus cruelles les flammes qui te tourmenteront pendant l’éternité ». (S. Pierre Damien, Le célibat des prêtres, ch. 3; PL 145, 385).

Ô  mon Dieu, que j’ai méprisé et que j’ai perdu, pardonnez-moi; ne permettez pas que je vous perde encore. Je suis affligé plus que de tout mal de vous avoir offensé. Recevez-moi dans votre grâce, maintenant que je vous promets de vous aimer et de n’aimer que vous.

Très sainte Marie, délivrez-moi de l’enfer.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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