Saint Alphonse-Marie de Liguori : FOLIE DE L’HOMME QUI VIT DANS LA DISGRÂCE DE DIEU

Saint Alphonse1. Les saints sur la terre méprisent les honneurs, les richesses, plaisirs des sens ; ils se complaisent dans la pauvreté, les mépris, la pénitence ; les pécheurs les considèrent et les traitent comme des insensés. Mais le grand jour du jugement final viendra ; leur langage, alors, sera tout autre : « Nous avons traité de folie la vie des saints : les insensés, c’était nous! » (Sg 5, 4).

Est-il, en effet, plus grande démence que de vivre sans Dieu? N’est-ce pas se condamner à traîner ici-bas une vie malheureuse, pour tomber dans une autre incomparablement plus malheureuse, en enfer ?

Non, mon Dieu, je ne veux pas attendre le jour du jugement, pour reconnaître ma folie; dès maintenant je la proclame: par mes offenses, ô mon souverain Bien, je me suis conduit envers vous comme un misérable insensé. « Mon Père, je ne mérite plus d’être appelé votre fils » (Lc 15, 21).

Je ne suis pas digne d’obtenir mon pardon; mais ce pardon, je l’espère par le Sang précieux que vous avez répandu sur moi. Mon Jésus, je me repens de vous avoir méprisé; je vous aime plus que toutes choses.

2. Pauvres pécheurs ! Les passions les aveuglent tellement qu’ils en perdent le simple bon sens.

Que dirait-on, en effet, d’un homme qui vendrait un royaume pour une obole ? Que dire, par conséquent, de l’homme qui, pour un plaisir, pour une fumée, pour un caprice, vend le ciel, vend la grâce de Dieu ? Tel est l’aveuglement des pécheurs: ils ne pensent qu’à la vie présente qui doit bientôt finir ; quant à celle qui ne finira jamais, ils agissent comme s’ils voulaient la passer en enfer.

Ah ! Mon Dieu, ne permettez pas que je reste aveugle plus longtemps: je n’ai que trop couru, dans le passé, après la satisfaction de mes mauvais penchants; je vous ai trop méprisé, vous le Bien infini. Maintenant je déteste toutes mes iniquités et je vous aime plus que toute chose.

3. Infortunés mondains ! Ils déploreront leur folie un jour; mais quand ? Hélas ! Quand il n’y aura plus de remède à leur malheur. « À quoi nous a servi l’orgueil ? gémiront-ils ? Que nous a rapporté la richesse avec la jactance ? Tout a passé comme une ombre » (Sg 5, 8-9). En effet, pareils à des ombres rapides, tous leurs plaisirs se seront évanouis; de leurs honneurs et de leurs richesses, ils ne retireront que des supplices et des pleurs éternels.

Mon Jésus, ayez pitié de moi. Je vous ai misérablement oublié; mais vous, vous ne m’avez pas oublié, je le vois. Je vous aime, ô mon Amour, de toute mon âme; plus que tout autre mal je déteste mes offenses. Pardonnez-moi, ô mon Dieu ; oubliez toutes les peines que je vous ai faites. Vous connaissez ma faiblesse: ne m’abandonnez donc pas. Donnez-moi la force de surmonter, pour vous faire plaisir, toute difficulté.

Ô Marie, Mère de Dieu, je place en vous toutes mes espérances.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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