Saint Alphonse-Marie de Liguori : L’AGNEAU DE DIEU, VICTIME VOLONTAIRE POUR NOUS OBTENIR LE PARDON

Saint Alphonse1. « Voici l’Agneau de Dieu : Ecce Agnus Dei » (Jn 1, 29).

C’est le nom donné par saint Jean-Baptiste à notre divin Sauveur. « Agneau de Dieu », il l’est : il offre à Dieu le sacrifice de son sang et de sa vie, pour nous obtenir le pardon et le salut éternel.

Voyez-le dans le prétoire de Pilate ; non seulement il se laisse dépouiller de tout, comme l’agneau de sa laine ; mais il laisse déchirer sa chair sacrée par les fouets et les épines. « Il sera comme un agneau devant celui qui le tond, avait prédit Isaïe ; il gardera le silence, il n’ouvrira pas même la bouche » (Es 53, 7). De fait, pas une parole ne sort de sa bouche, pas une plainte; car il s’est offert spontanément à solder par ses souffrances les supplices que nous avions mérités.

Que les anges, que toutes les créatures bénissent, ô mon Rédempteur, votre infinie miséricorde envers nous, l’immense amour que vous avez daigné témoigner aux hommes! Nous avons commis les fautes, et c’est vous qui les expiez!

2. Voyez-le, plus tard, sur la route du Calvaire. Il se laisse conduire par les bourreaux vers le lieu de son supplice, afin que, victime volontaire du grand holocauste, il accomplisse l’œuvre de notre Rédemption. « Moi, je suis comme un agneau familier, avait-il dit lui-même par la bouche du prophète, comme un agneau familier qu’on mène à la boucherie » (Jr 11, 19).

Dites-moi, ô mon Jésus, chargé de cette lourde croix, où portez-vous vos pas ? Où vous conduisent ces hommes qui vous ont déjà si cruellement tourmenté ? Vous me répondez : Ils me conduisent à la mort ; je les suis, le cœur comblé de joie, parce que je vais mourir pour te sauver et te faire comprendre l’infinité de mon amour.

Moi, Seigneur, comment vous ai-je prouvé l’amour que je vous devais ? Hélas ! Vous ne le savez que trop : par des injures et des outrages, par le mépris mille fois renouvelé de votre grâce et de votre amitié… Mais votre mort est mon espérance. Je me repens, ô mon Dieu, de vous avoir offensé; je me repens et je vous aime.

3. À la vue d’un agneau conduit à la boucherie, saint François d’Assise ne pouvait retenir ses larmes: « Comme cet agneau qui va tomber sous le couteau, disait-il, ainsi mon innocent Jésus fut un jour conduit à la mort pour mon salut » (S. Bonaventure, Legenda Major, ch. 8, n. 6, DV 636).

Mon Jésus, vous ne refusez pas d’immoler votre vie par amour pour moi ; et moi, j’oserais vous refuser tout mon cœur ? Car vous le réclamez tout entier : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur » (Mt 22, 37). Mon Jésus, je vous le donne tout entier : vous aimer et vous aimer de tout mon cœur, c’est mon unique désir. Vous m’avez aimé sans réserve; sans réserve aussi je veux vous aimer. Je suis affligé de vous avoir offensé, ô divin Agneau ; je me donne tout à vous. Acceptez-moi, mon Jésus ; faites par votre grâce, que je vous sois fidèle.

Ô Marie, Mère de mon Sauveur, faites par vos prières, que je sois tout à lui

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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