Saint Alphonse-Marie de Liguori : LA MORT EST UN PASSAGE À L’ÉTERNITÉ

Saint Alphonse1. Deux vérités de foi : mon âme est éternelle ; un jour, alors que j’y penserai le moins, je devrai quitter ce monde.

Il faut donc de toute nécessité m’assurer un bonheur qui ne finisse pas avec la vie présente, mais qui soit éternel comme je suis éternel. Quelle fortune plus brillante sur cette terre que celle d’Alexandre-le-Grand, de César-Auguste ? Elle a cessé depuis bien des siècles; depuis ces longs siècles, ils ont commencé une autre vie, malheureuse celle-là, qui n’aura point de fin.

Hélas ! Ô mon Dieu, que ne vous ai-je toujours aimé ! De tant d’années passées dans le péché, que me reste-t-il, sinon des peines et des remords de conscience ? Mais puisque vous me donnez le temps de remédier au mal commis, me voici, Seigneur, dites-moi ce que je dois faire, je ne veux rien omettre pour vous contenter. Je ne vivrai plus, c’est  ma résolution ferme, que pour pleurer les amertumes dont je vous ai abreuvé, pour vous aimer de toutes mes forces, vous, mon Dieu et tout mon bien.

 2. Supposez qu’on puisse en ce monde trouver le bonheur sans Dieu, et qu’en fait on goûte ici-bas de toutes les joies possibles. À quoi bon, s’il faut ensuite être malheureux toute l’éternité ?

Savoir à n’en pouvoir douter qu’on mourra, qu’après la mort commence pour chacun de nous une éternité de délices ou de tourments, que de la mort bonne ou mauvaise dépend un bonheur ou un malheur sans fin, savoir tout cela sans prendre tous les moyens de s’assurer une bonne mort, quelle folie.

Esprit Saint, éclairez-moi, donnez-moi la force de vivre désormais et toujours, jusqu’à la mort dans votre amitié. Bonté infinie, je reconnais le mal que j’ai fait en vous offensant, je le déteste ; je reconnais que vous seul méritez mon amour et je vous aime plus que toute chose.

3. En quoi se résument finalement toutes les prospérités d’ici-bas ? En un convoi funèbre, une tombe, la décomposition. L’ombre de la mort voile et obscurcit l’éclat des plus hautes dignités. Heureux, donc, celui-là seul qui sert Dieu sur la terre et s’assure, par ce service plein d’amour, l’éternelle béatitude !

Mon Jésus, je suis affligé plus que de tout autre mal d’avoir fait, par le passé, si peu de cas de votre amour. Maintenant je vous aime plus que toute chose; je n’ai plus qu’un désir: vous aimer. Désormais vous serez mon Amour, mon Tout; vous aimer, vous aimer sans cesse en cette vie et en l’autre, c’est l’unique fortune que j’ambitionne et que je vous demande. Par les mérites de votre Passion, accordez-moi la persévérance.

 Marie, Mère de Dieu, vous êtes mon Espérance.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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