Saint Alphonse-Marie de Liguori : IL FAUT RÉFORMER NOTRE VIE AVANT L’HEURE DE LA MORT

Saint Alphonse1. Personne qui ne désire mourir saintement ! Mais est-il possible de mourir saintement, après une vie passée dans le désordre jusqu’à la mort ? de mourir dans l’amitié de Dieu, quand on a continuellement vécu dans l’inimitié de Dieu ?

Les saints, pour s’assurer une bonne mort, abandonnèrent richesses, plaisirs, espérances mondaines; ils embrassèrent volontairement une vie pauvre et mortifiée. Ils s’ensevelirent vivants dans des déserts, dans des couvents, pour ne pas courir le danger d’être ensevelis, après leur mort, dans l’enfer.

Depuis combien d’années, Seigneur, mon Dieu, n’ai-je pas mérité d’être enseveli dans l’enfer, sans espoir de pardon, dans l’impuissance de vous aimer jamais ? Mais vous m’avez attendu pour me pardonner. De tout mon cœur, je me repens de vous avoir offensé, ô mon Bien suprême! Ayez pitié de moi; ne permettez plus que je vous outrage encore.

 2. « Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas » (Jn 7, 34).

C’est la menace que Dieu fait aux pécheurs: « Malheureux, quand vous verrez venir la mort, vous me chercherez, mais sans me trouver. »

Pourquoi les pécheurs, à cette heure terrible, cherchent-t-ils Dieu, mais en vain ? Parce qu’ils le cherchent, non par amour, mais par crainte, par la seule crainte de l’enfer; ils le cherchent donc sans quitter l’affection au péché. Voilà le motif par lequel les pécheurs ne trouvent pas Dieu.

Non, mon Dieu, je ne veux pas attendre le moment de la mort pour vous chercher. Dès maintenant je vous cherche et vous désire. Quelle tristesse j’éprouve d’avoir autrefois, par la poursuite de mes propres satisfactions, causé tant de déplaisirs à votre infinie bonté ! Mais vous m’interdisez le désespoir; au contraire, vous commandez la joie au cœur qui vous cherche. « Que la joie inonde, avez-vous dit, le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur » (Ps 105/104, 3).

Oui, Seigneur, je vous cherche et vous aime plus que moi-même.

 3. Malheur à celui qui se trouve en face de la mort sans avoir employé une bonne partie de sa vie à pleurer ses péchés !

Sans doute, même alors il peut se convertir; je ne le nie pas; mais les ténèbres de l’esprit, l’endurcissement du cœur, les mauvaises habitudes profondément enracinées, les passions régnant en maîtresses, rendent la conversion moralement impossible. Il faudrait une grâce extraordinaire ; mais Dieu serait-il par hasard, tenu de l’accorder à celui qui l’a payé d’ingratitude jusqu’à son dernier jour ?

Ô ciel ! À quelle extrémité se réduisent les pécheurs, quand il s’agit de parer à leur ruine éternelle !

Non, mon Dieu, je ne veux pas attendre le moment de la mort pour me repentir de vous avoir offensé; dès maintenant je vous aime de tout mon cœur. Ne permettez pas que je vous tourne le dos encore une fois; faites-moi plutôt mourir.

Ô Marie, ma Mère, obtenez-moi la sainte persévérance

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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