Saint Alphonse-Marie de Liguori : DIEU MENACE POUR NE PAS PUNIR

Saint Alphonse1. Dieu, Bonté infinie, ne veut que notre bien; il veut même nous communiquer son propre bonheur. Nous punit-il ? C’est qu’il y est contraint par nos péchés. « Il fait alors, déclare le prophète Isaïe, une œuvre qui lui est contraire, une œuvre étrangère » (Es 28, 21). Nous pardonner, nous combler de bienfaits, nous rendre tous contents et heureux, voilà l’œuvre propre de Dieu.

Quoi ! Seigneur ! C’est cette Bonté infinie que les pécheurs offensent et méprisent ; c’est de cette bonté infinie qu’ils provoquent les châtiments ! Malheureux que je suis, je l’ai moi-même outragée!

2. Comprenons donc bien pourquoi Dieu nous menace de ses châtiments : ce n’est pas pour le plaisir qu’il éprouverait à nous frapper; loin de là; il nous menace précisément pour n’avoir pas à nous punir ; il menace parce qu’il veut exercer sa miséricorde. « Seigneur, s’écrie le Psalmiste, vous vous êtes irrité, et vous avez eu pitié de nous » (Ps 60/59, 3). Quoi donc ? Dieu s’irrite-t-il pour faire éclater sa miséricorde ? Assurément; il nous montre un visage irrité, pour que nous nous corrigions et qu’il puisse ainsi nous pardonner et nous sauver. Donc, s’il nous châtie en cette vie pour les péchés commis, ce châtiment même est un effet de sa miséricorde : il ne nous l’inflige que pour nous préserver de l’enfer éternel. Malheur au pécheur qui n’est pas puni maintenant !

Puisqu’il en est ainsi et que je vous ai tant offensé, ô mon Dieu, punissez-moi sans retard, afin que vous puissiez me pardonner dans l’éternité. J’ai mérité l’enfer, j’en suis certain, je le reconnais ; j’accepte donc tous les maux, pourvu que vous me rendiez votre grâce et que vous me préserviez de l’enfer, de cet intolérable enfer qui me séparerait de vous à jamais. Seigneur, donnez-moi lumière et force, pour surmonter toutes les difficultés et vous faire plaisir toujours.

3. « L’homme digne de reproche, qui, le cou raidi, méprise celui qui le reprend, sera frappé d’une mort soudaine et sans remède » (Pr 29, 1).

Tel est le châtiment suspendu sur la tête de l’homme assez insensé pour faire peu de cas des menaces divines, après avoir dédaigné les avertissements de Dieu, il sera surpris par la mort subite ; il n’aura pas le temps de se prémunir contre la ruine éternelle.

Ainsi finirent tant de malheureux, ô mon Jésus; moi-même, combien de fois n’ai-je pas mérité pareil sort ? Mais, ô mon bien-aimé Rédempteur, vous m’avez traité plus miséricordieusement que beaucoup de pécheurs, dont les fautes furent moins graves et qui gémissent maintenant en enfer, sans espoir de recouvrer jamais votre grâce. Je le vois, Seigneur, vous voulez me sauver; à mon tour, je veux me sauver. Pour vous faire plaisir, je quitte tout et je me tourne vers vous, qui êtes mon Dieu, mon unique Bien. Je crois en vous, j’espère en vous, je n’aime que vous, Bonté infinie ; je regrette souverainement de vous avoir, par le passé, tant outragée ; je préférerais avoir enduré tous les maux, plutôt que de vous avoir offensée. Ne permettez pas que je me sépare encore de vous. Faites-moi mourir plutôt que de me laisser retomber dans le péché. Mon Jésus crucifié, je me confie en vous.

 O Marie, Mère de Jésus, recommandez-moi à votre Fils.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori.

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