Saint Alphonse-Marie de Liguori : IL FAUT PRÉPARER SES COMPTES, AVANT L’ÉCHÉANCE DU JOUR DES COMPTES

heure mort1. « Soyez prêts; car le Fils de l’homme, à l’heure que vous ne pensez pas, viendra vous juger » (Lc 12, 40).

Le temps de la mort n’est pas le temps favorable pour se préparer à bien mourir. Pour bien mourir et mourir en paix, il faut être prêt à mourir avant que la mort arrive.

À la mort, il n’est plus temps de déraciner les mauvaises habitudes, d’arracher du cœur les passions qui le dominent, d’éteindre l’affection aux biens de la terre. « La nuit vient pendant laquelle personne ne peut agir » (Jn 9, 4). À la mort, il fait nuit; on ne voit plus rien; aussi n’est-on plus capable de rien faire. Endurcissement du cœur, aveuglement et confusion de l’esprit, terreurs de la mort et du jugement, désirs de guérison, tout contribue à mettre ce moribond dans l’impossibilité de remédier au désordre d’une conscience chargée de péchés. Ce qui est fait, est fait. Si l’on arrive au lit de mort en état de grâce, on mourra dans la grâce de Dieu; mais si l’on se trouve alors en état de péché, c’est en état de péché qu’on mourra.

Ô Plaies sacrées de mon Rédempteur, je vous adore, je vous baise et j’espère en vous.

2. Jetons un regard attentif sur les saints : ils font de leur vie entière une préparation à la mort. Pénitences, oraisons, bonnes œuvres, n’ont pas d’autre but; pourtant, arrivés au moment suprême, ils croient avoir fait bien peu. Quelles ne sont pas alors leurs craintes !

Quand on avertit de sa fin prochaine le vénérable Jean d’Avila, il ne put, malgré la sainte vie qu’il avait menée depuis sa jeunesse, s’empêcher de dire: « Que n’ai-je encore un peu de temps pour me préparer à la mort! » (Louis de Grenade, Vie du Vénérable Jean d’Avila, ch. 7, dans Œuvres complètes, trad. Abbé Bareille, tome 18, Paris 1866, 643). Nous, que dirons-nous, quand on nous annoncera cette terrible nouvelle?

Non, mon Dieu ! Je ne veux pas mourir dans cet état d’anxiété et d’ingratitude où la mort me surprendrait, si j’expirais à l’instant. Je veux changer de vie; je veux pleurer.

Je veux pleurer toutes les offenses que je vous ai faites; je veux vous aimer de tout mon cœur. Seigneur, aidez-moi; faites qu’avant de mourir je fasse quelque chose pour vous, mon Dieu, qui êtes mort pour moi.

3. « Le temps est court » (1 Co 7, 29). Tel est l’avertissement que nous donne l’Apôtre: il est si court, le temps qui nous reste pour préparer nos comptes!

Aussi l’Esprit Saint nous dit-il: « Tout ce que peut faire ta main, hâte-toi de le faire » (Ecclésiaste 9, 10). Mon frère, ce que vous pouvez faire aujourd’hui, ne le remettez pas à demain; car le jour présent passe, demain vous apportera peut-être la mort qui viendra vous lier les mains et vous rendre incapable non seulement de faire aucun bien, mais de réparer le mal commis. Malheur à nous, si la mort nous trouve encore attachés au monde !

Mon bien-aimé Seigneur, que d’années j’ai passées loin de vous ! Comment avez-vous eu la patience de m’attendre si longtemps et de m’appeler si souvent à la pénitence? Je vous en remercie, ô mon Sauveur, j’espère vous en remercier éternellement dans le ciel: « Éternellement, je chanterai les miséricordes de Dieu » (Ps 89/88, 2). Par le passé, je ne vous ai pas aimé, je me suis peu soucié d’être aimé de vous; maintenant, je vous aime de tout mon cœur, je vous aime plus que toute chose, plus que moi-même; je n’ai pas d’autre désir que d’être aimé de vous. Quand je pense que j’ai méprisé votre amour, je voudrais mourir de douleur. Mon Jésus, donnez-moi la sainte persévérance.

Ô Marie, ma Mère, obtenez-moi d’être fidèle à Dieu.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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