Saint Alphonse-Marie de Liguori : LA MORT DE JÉSUS CHRIST

Jésus en croix1. Est-il possible de croire que le Créateur ait voulu mourir pour les hommes, ses créatures? La Foi nous l’enseigne. Il est nécessaire de le croire. Voici l’article de foi que nous impose le concile de Nicée :

« Je crois en un seul Seigneur Jésus Christ, le Fils unique de Dieu… Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel… Crucifié pour nous… il souffrit sa passion et fut mis au tombeau ».

S’il est vrai, ô Dieu, comme on n’en peut douter, que vous êtes mort par amour pour les hommes, pourra-t-on, parmi les hommes, en rencontrer un seul qui croie ce prodige d’amour et ne vous aime pas ? Hélas ! Combien grand le nombre des ingrats, et moi-même je suis l’un d’eux ! Non seulement je ne vous ai pas aimé; mais que de fois, pour me procurer de misérables jouissances, des plaisirs empoisonnés, n’ai-je pas sacrifié votre grâce et votre amour!

2. Ainsi donc, ô mon Seigneur et mon Dieu, vous êtes mort pour moi, je le savais, comment ai-je pu tant de fois vous méconnaître et vous tourner le dos? Mais ô mon Sauveur, vous êtes descendu du ciel sur la terre pour nous tirer de l’abîme: « Le fils de l’homme, disiez-vous, est venu sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10). Mon ingratitude ne peut donc me faire désespérer du pardon.

Oui, mon Jésus, j’espère que vous me pardonnerez toutes les injures que je vous ai faites, et que vous me les pardonnerez précisément à cause de votre mort endurée pour moi sur le Calvaire. Que ne puis-je mourir de douleur et d’amour, chaque fois que je me rappelle mes offenses contre vous et votre amour pour moi ! Dites-moi vous-même, Seigneur, ce que je dois faire à l’avenir pour réparer une si noire ingratitude. Faites-moi ressouvenir toujours de la mort amère que vous avez subie pour moi, afin que je vous aime et ne vous offense plus jamais.

3. Un Dieu est donc mort pour moi, et moi, je pourrais aimer autre chose que ce Dieu ? Non, ô mon Jésus, cela ne sera pas: vous êtes l’unique objet de mon amour, je le veux ; vous m’avez trop aimé. Vous ne pouvez rien faire de plus pour me contraindre à vous aimer. Par mes péchés, je vous ai mis dans l’obligation de me chasser loin de vous. Je vois cependant que vous ne m’avez pas encore abandonné, je vois que vous me regardez encore d’un œil bienveillant; je sens que vous continuez de m’appeler à votre amour. Je ne veux pas résister davantage. Je vous aime, ô mon souverain Bien; je vous aime, ô mon Dieu, digne d’un amour infini; je vous aime, ô mon Dieu, mort pour moi. Je vous aime; mais je vous aime trop peu, donnez-moi plus d’amour. Faites que j’abandonne tout, que j’oublie tout, pour n’avoir plus qu’une occupation: vous aimer, vous faire plaisir, ô mon Rédempteur, mon Amour, mon Tout!

Ô Marie, mon Espérance, recommandez-moi à votre Divin Fils.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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