Saint Alphonse-Marie de Liguori : IL FAUT MOURIR

cimetière1. IL faut mourir. Oh ! La terrible parole ! Il faut mourir; telle est la sentence déjà portée: « Il a été décrété que les hommes mourront une fois » (He 9, 27).

Vous êtes homme, vous devez mourir. Chacun de nous, dit saint Cyprien, naît la corde au cou, et chaque pas fait dans la vie, rapproche du gibet (S. Cyprien, Du bien de la Sagesse, n. 12; PL 4, 630; De la mortalité, n. 22; PL 4, 597), je veux dire de la maladie qui mettra fin à nos jour d’ici-bas. Insensé serait l’homme qui se flatterait de ne pas mourir. Un pauvre peut espérer devenir riche; un sujet, ambitionner de monter sur un trône; mais qui peut se promettre d’échapper à la mort? Les uns prolongent leurs jours jusqu’à la vieillesse, d’autres se voient arrêtés à l’entrée de la vie; mais tous aboutissent inévitablement à la tombe.

 Voilà donc mon sort, à moi aussi; un jour je mourrai, et j’entrerai dans l’éternité. Mais quelle éternité sera la mienne ? L’Éternité malheureuse ? Sauvez-moi, ô Jésus, mon Sauveur.

2. De tous ceux qui vivaient sur la terre, au commencement du siècle dernier, en est-il un seul qui vive encore? Les princes les plus puissants et les plus renommés ont disparu; à peine en conserve-t-on le souvenir et quelques ossements desséchés dans un mausolée de pierre!

 De grâce, ô mon Dieu, faites-moi comprendre de plus en plus la folie de ceux qui s’attachent aux biens de ce monde et qui, pour se les procurer, vous abandonnent, vous, le Bien infini ! Hélas ! Cet aveuglement fut le mien; combien je le regrette, et combien je vous remercie de m’avoir ouvert les yeux !

3. Avant cent ans révolus, mon cher lecteur, ni vous qui me lisez, ni moi qui écris ceci, ne serons plus sur cette terre; nous aurons l’un et l’autre fait notre entrée dans la maison de notre éternité. Pour vous comme pour moi, un jour, une heure, un moment viendra qui sera le dernier. Cette heure, ce moment, Dieu les a déjà fixés; comment pouvons-nous avoir à cœur autre chose que d’aimer ce Dieu, notre futur souverain Juge!

Hélas! Quelle sera ma mort ? Que deviendrai-je, ô Jésus, mon Juge, quand je comparaîtrai devant votre tribunal pour vous rendre compte de toute ma vie? De grâce, pardonnez-moi avant qu’arrive le moment décisif de mon bonheur ou de mon malheur éternel. Je me repens de vous avoir méprisé, ô mon souverain Bien. Jusqu’ici je ne vous ai pas aimé, mais maintenant je vous aime de toute mon âme. Donnez-moi la sainte persévérance.

 Ô Marie, Refuge des pécheurs, ayez pitié de moi.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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