Saint Alphonse-Marie de Liguori : LE SALUT ÉTERNEL

Saint Alphonse1. Une affaire dépasse en importance toutes les autres: c’est l’affaire de notre salut éternel; il y va de notre fortune ou de notre ruine éternelle. Impossible, en effet, d’échapper à l’une de ces deux alternatives : nous sauver ou nous perdre pour toujours, mériter une éternité de joies ou une éternité de supplices, vivre à jamais heureux ou malheureux.

Mon Dieu, qu’en sera-t-il de moi ? Me sauverai-je? Me perdrai-je? Il est possible que je me sauve, il est possible que je me perde. Mais si je puis me perdre, pourquoi ne pas prendre la résolution d’embrasser une vie qui assure la vie éternelle ?

Mon Jésus, vous êtes mort pour me sauver. Et moi, je me suis perdu tant de fois, en vous perdant vous, le Bien infini! Ne permettez pas que j’en vienne encore à me perdre.

2. Aux yeux des hommes, une grande affaire, c’est de gagner un procès, d’obtenir une place, d’acquérir un domaine; mais rien de ce qui finit tôt ou tard ne mérite le nom de grand. Tous les biens de ce monde doivent finir un jour pour nous : ou c’est nous qui les quitterons, ou ce sont eux qui nous quitteront. Il ne faut donc appeler grande que la seule affaire du salut, d’où dépend un bonheur, ou un malheur sans fin.

Ô Jésus, mon Sauveur, je vous en supplie, ne me rejetez pas de devant votre face, comme je ne le mérite que trop. Je suis un pécheur, c’est vrai; mais je regrette de tout mon cœur de vous avoir offensé, vous, Bonté infinie. Par le passé, je vous ai méprisé; mais maintenant, je vous aime plus que toute chose. À l’avenir, vous serez mon unique bien, mon unique amour. Ayez pitié d’un pécheur que le repentir ramène à vos pieds et qui veut vous aimer. Si je vous ai beaucoup outragé, je veux vous aimer beaucoup. Qu’en serait-il de moi, si vous m’aviez fait mourir, quand j’étais dans votre disgrâce? Seigneur, puisque vous avez eu tant de bonté pour moi, donnez-moi maintenant la force de me sanctifier.

3. Ranimons notre foi en ces vérités: il y a un enfer éternel, un paradis éternel; il faut que l’un ou l’autre devienne un jour notre partage.

Ah! Mon Dieu, comment ai-je pu, sachant que par mes péchés je me condamnais à une éternité de tourments, tant de fois pécher et perdre volontairement votre grâce? Sachant que vous êtes mon Dieu et mon Rédempteur, comment ai-je pu tant de fois vous tourner le dos pour un misérable plaisir? Seigneur, je suis affligé plus que de tout autre mal de vous avoir ainsi méprisé. Maintenant je vous aime par-dessus toute chose et j’aime mieux désormais tout perdre que de perdre votre amitié. Donnez-moi la force de vous être fidèle.

 Vous aussi, aidez-moi, ô Marie, mon Espérance.

Source : La voie du Salut – Saint Alphonse de Liguori

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